Se blesser en yoga? (1)

Il y a quelques mois, j’ai commencé à vouloir « approfondir » ma pratique de yoga. Je ne sais pas si c’est l’influence d’Instagram auquel je me suis abonnée assez récemment (je ne suis abonnée à aucun compte de yoga, mais on ne peut s’empêcher d’aller y jeter un coup d’œil quand même, hein !…) ou juste l’envie de réveiller un peu ma pratique yogique que je percevais comme étant un peu routinière, mais soudain, j’ai eu envie d’aller plus profond dans les poses, de les garder plus longtemps, d’essayer d’autres asanas.

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Et puis j’ai commencé à avoir des douleurs vraiment intenses dans le cou, les épaules et le haut du dos. J’ai mis tout ça sur le compte de mon travail sur écran en open-space (et la tension inévitable générée par ces conditions de travail), etc. jusqu’à ce que me vienne l’intuition que c’était peut-être dû à mes expérimentations. Je m’étirais plus longtemps, plus profondément, je m’écoutais finalement moins qu’avant. Je faisais également des étirements dans la journée, au niveau des épaules, des bras… J’avais l’impression que plus je m’étirais, plus c’était bénéfique et que c’est ce qu’il fallait faire. Jusqu’à ce que je commence à faire des recherches sur les blessures qui peuvent résulter d’une pratique du yoga inadaptée (on a l’impression que c’est encore un peu tabou en France alors que le débat est clairement ouvert aux États-Unis depuis quelques années déjà), jusqu’à ce que je tombe sur le travail de Michaelle Edwards et son site YogAlign.

Pour être honnête, par manque de temps, je ne l’ai pas vraiment exploré en détails, j’ai plutôt tout de suite acheté son livre que je suis en train de parcourir. Ce qui m’a convaincue, c’est que je suis tombée sur certaines références à son travail, sur certaines des réponses qu’elle apportait dans des forums qui ont tout de suite résonné en moi.

En gros, et je n’en suis qu’au début de l’exploration de ces nouvelles données (désolée si ce que j’écris est évident, mais il m’a fallu un long chemin pour en arriver là 😉 !), si on est comme moi hyperlaxe de certaines articulations, il convient non pas de s’étirer encore plus, mais au contraire de stabiliser l’articulation de façon favoriser un bon fonctionnement de celle-ci.

Si on s’étire trop, si on descend trop profondément dans certaines postures comme les fentes avant, on risque de finalement juste peser sur les ligaments et l’articulation n’est plus tenue, ce qui conduit à moins de cohésion squelettale. J’ai arrêté de bloquer mes genoux en extension, de vouloir à tout prix poser mon talon au sol si ça se faisait pas naturellement, de vouloir faire des rotations de mes épaules en Adho Mukha svanasana par exemple. Assez rapidement, mes douleurs ont disparu, même cette tendinite chronique à l’épaule qui m’ennuyait depuis pas mal de temps.

Je reviens, à nouveau, à des asanas de base, que je pratique en fonction du type de corps que j’ai. Pour moi, le yoga c’est plus que jamais cultiver la conscience du corps dans le moment et ne pas chercher à lui imposer un asana « de l’extérieur ». Toujours observer ce qui se passe en soi à chaque posture, garder le contact avec la respiration. Après tout, Patanjali parle bien de « Sthira Sukham Asanam », c’est-à-dire d’une posture stable et confortable, pas de la nécessité de s’étirer dans tous les sens, au risque de perdre sa cohésion corporelle et de faire apparaître des douleurs !

4 réflexions au sujet de « Se blesser en yoga? (1) »

  1. aporteedescoeurs

    Merci. C’est très intéressant. N’étant pas hyperlaxe je découvre ce qui peut arriver aux autres. Dans ma pratique je suis très attentive à la douleur, aux réactions de mon corps mais parfois triste que je ne peux pas aller plus loin. Finalement le respect des ses limites est juste. J’aimerais trouver la petite voie qui permet de se glisser plus loin en douceur. Peut être bientôt…

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    1. atmaprana Auteur de l’article

      Merci pour ton commentaire! J’ai l’impression qu’on cherche trop souvent à aller toujours plus loin, mais est-ce le but du yoga? Pour moi dont le mental virevolte assez facilement, j’ai de plus en plus l’impression qu’il s’agit plus de rester ancrée dans mon corps, de rester attentive et dans la présence, plutôt que de réaliser des postures…

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  2. Le blog yoga de CaroCaro

    Ton article est très intéressant et j’irais voir le site. Je suis hyperlaxe comme toi sur toutes mes articulations. Je me suis blessée et je le fais encore. J’explore er je détermine mes limites. J’essaie de travailler sur les muscles antagonistes pour protéger et stabiliser. Je respire énormément dans ces parties et je cherche surtout l’extension de la colonne vertébrale. Certaines postures ne sont pas pour moi. Et alors je m’éclate dans bien d’autres et surtout j’ai trouvé mon chemin dans l’absence de pose. J’aimerais réussir certains trucs. J’y travaille . Mais je suis hyper attentive à ce que me raconte mon corps er j’essaie de le muscler aux bons endroits et de travailler la flexibilité à d’autres. Mais en me respectant. Et je me trouve super !!! 🕉🕉🙏 hâte de lire la suite de ton exploration

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    1. atmaprana Auteur de l’article

      Merci pour ton commentaire! Oui il semble que la seule référence qu’on devrait avoir, une fois qu’on connait les postures de façon théorique, c’est son propre ressenti corporel dans l’instant. En même temps, dans mon cas, j’avais vraiment l’impression d’être sur le bon chemin en m’étirant au max. Sur le moment ça me faisait du bien, mais avec le temps, j’ai bien vu les effets délétères… comme quoi des bases solides en anatomie sont nécessaires également. Quand j’en ai parlé à un ami qui fait du judo, tout ça ne l’a pas du tout surpris!

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