Ecoanxiété

Hier soir avant le dîner, pour me « détendre » je suis allée sur FB. Sur ce réseau, j’ai pas mal d’ami.e.s engagés dans l’écologie et la protection de l’environnement qui postent régulièrement sur cette thématique. Certains travaillent d’ailleurs à plein temps dans ce domaine. C’est louable parce qu’ils.elles cherchent à partager des informations qui nous concernent tous.

Malheureusement, comme beaucoup, je souffre d’écoanxiété (j’ai découvert ce terme sur le blog Alice et Shiva un jour où j’ai tapé « effondrement » dans la barre de recherche du lecteur WP). Depuis des années déjà, j’essaie d’améliorer mon terrain naturellement anxieux (voir Crise d’angoisse (1) et Comment je gère mes angoisses nocturnes), mais quand je lis et surtout que je vois des images sur la perte de biodiversité, les montagnes de déchets, la disparition des grands animaux sauvages, le manque d’eau, la fonte prématurée de la banquise et du permafrost, l’acidification des océans…, j’en passe, et surtout la déforestation, ça me brise le cœur et je sens l’anxiété monter (très rapidement).

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Même si je ne peux pas dire que je suis impactée directement par le changement climatique dans ma vie quotidienne, je sais pour avoir pas mal voyagé et être pas mal informée quels ravages sont en cours dans le monde. J’ai beau me dire que les gros animaux sont sans doute en train de se réincarner en êtres humains (mon idée perso sur la question), qu’une prise de conscience globale est en cours et qu’elle est assortie de nombreuses initiatives positives dans plein d’endroits dans le monde, la course à l’argent, la surpopulation, l’accroissement effréné de la consommation d’objets technologiques et autres, de viande, de produits et de bois exotiques, de voitures et de vols en avion me désespère un peu plus chaque jour.

J’ai toujours eu une sensibilité très forte aux questions écologiques. J’ai l’impression d’avoir toujours connu le tri sélectif, même petite dans les années 1980, et je me rappelle que je vivais dans l’angoisse du stress hydrique quand les étés étaient trop chauds, alors même qu’il pleut naturellement pas mal dans ma région. En attendant que l’eau chaude arrive à l’étage de la maison, je remplissais des bouteilles d’eau que je vidais ensuite dans le jardin (aujourd’hui, c’est les fonds de bouilloire que je ne jette jamais et que je conserve dans des bouteilles qui arrosent ensuite les plantes). Je collectionnais aussi avec passion les images d’animaux dans mes cahiers WWF. Plus tard, en 6e quand j’ai commencé l’allemand, je me rappelle que nous étudions pas mal de textes sur « l’umweltverschmuzung » (la pollution environnementale) qui me touchaient beaucoup. Je ne sais plus si c’était dû au fait que l’Allemagne était un pays précurseur dans ce domaine ou si c’était lié à la sensibilité de nos profs.

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Bref, l’écologie et moi, c’est une veille histoire, même si je suis très loin d’être parfaite en ce domaine et que j’admire beaucoup ceux et celles qui parviennent à se convertir au véganisme, au zéro déchet, aux toilettes sèches et au tawashi, etc. Dans mon expérience, il est souvent difficile de mettre en place des actions à la maison quand tous les membres du foyer n’ont pas le même niveau de conviction.

Autant j’ai l’impression d’avoir vraiment fait des progrès par rapport à mes histoires de stress et d’anxiété générale, autant quand il est question d’écologie, c’est épidermique. Peut-être que tout s’est reporté sur cette question ? Honnêtement je ne sais pas comment faire. Je suis constamment partagée entre mon désir d’être informée et mon anxiété à ce sujet. Rien que de voir une photo d’une parcelle d’arbres abattus (au Brésil, à Madagascar ou en France) m’attriste profondément. J’en suis au point où je me demande comment les gens font pour avoir des enfants dans le monde actuel. Ne voient-ils pas les catastrophes à venir ? J’imagine que le désir d’enfant est tellement fort que ça balaie toutes les autres considérations, mais comment vouloir des enfants dans le monde actuel ? Comment faire pour garder un peu d’équanimité face à tant de destruction ? Arrêter de s’informer ? Se détacher complètement des réseaux sociaux ? Alice et Shiva avait justement publié un billet sur Comment vaincre l’écoanxiété, mais de mon côté, ça ne marche pas vraiment. Je crois que j’ai tout simplement trop peur de la violence et de la mort. J’ai l’impression que l’être humain n’est pas encore assez évolué faire passer la solidarité et la coopération avant la compétition et l’appât du gain…

6 commentaires

  1. Je suis moi-même effondrée en voyant tout ce malheur environnant. J’en suis arrivée à réduire mes contacts sur Twitter à des professionnels type Greenpeace etc, car derrière l’information, la vérité dévoilée, il y a une Action, une volonté de justice, un « sauvetage ». Chez les « particuliers », il s’agit juste d’effondrement, donc, forcément anxiogène et mortifère. Ainsi, on se renseigne sans tomber dans le « pathos », car beaucoup de particuliers, d’intimes que je connais, vont par exemple diffuser une vidéo immonde concernant le gavage d’oies, et manger du foie gras en décembre. Je ne leur en veux plus de tout çà, je sais qu’il s’agit d’un voile d’ignorance et d’un conditionnement qui m’a aveuglée tout autant, mais c’est une anxiété inutile pour moi. Je suis partisane du « Sois le changement que tu veux voir en ce monde » autant faire se peut, et continuer à s’améliorer jour après jour. Je n’ai plus de voiture individuelle depuis 10 ans, suis végane depuis 6 ans, achète mes habits sur Vinted, en seconde main donc et évite les supermarchés au profit des biocoop. Bon, je suis loin d’être parfaite, mais désormais, j’ai une posture d’analyse dans mes choix de consommation. En résumé, l’éloignement des réseaux sociaux est primordial, cela ne fera pas de nous des ignorants 🙂

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    1. Merci pour cette réflexion. Oui, toutes ces vidéos et ces images de déforestation (et autres) postées à tord et à travers sont difficiles à supporter. On se sent souvent démuni car on ne peut pas faire grand-chose à notre niveau dans bien des cas et ça ajoute un sentiment d’impuissance à la colère… Bravo à toi pour les choix courageux que tu fais au quotidien!

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  2. Hello et merci pour ton article parce qu’il soulève des questions importantes… Je n’avais jamais pensé à l’éventuelle incarnation des grands animaux en êtres humains ! Pour ce qui est de l’anxiété, je crois qu’il faut que chacun apprenne à doser le flux d’information, trouve l’équilibre entre la conscience juste et le déni, la fuite et l’action intérieure. Je suis de plus en plus persuadée que les réponses sont à l’intérieure de nous et que nous devons avant tout faire un voyage intérieur… Nous sommes tous ensemble dans le même bateau et pour l’instant je crois que personne n’a de recette magique.
    Je t’embrasse !

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    1. Oui, tu as raison. Chacun doit trouver un équilibre. De mon côté je vois bien que lorsque je suis bien ancrée dans mes pratiques spirituelles, je suis moins dans la peur et donc je ressens moins d’anxiété. Je rajoute donc moins de négativité à l’ambiance générale aussi!

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  3. Que je te comprends même si je ne fais ps de crise d’angoisse. J’évite de trop y penser parce qu’alors j’ai la boule à la gorge. Je prie pour que les enfants aient une belle Terre … Je prie pour qu’on cesse de ne regarder que son nombril qu’on soit TOUS respectueux et qu’on cesse cesse frénétique sur consommation. Shanti shanti shanti

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