Shabbat digital

Pendant les vacances l’été dernier, nous avons passé une semaine au fin fond d’une vallée d’Ariège où la 4G ne passait quasiment pas. Il y avait juste un moment le matin (correspondant peut-être à une ouverture dans la couche nuageuse?) qui m’a permis avec beaucoup de patience de répondre à quelques messages et commentaires sur ce blog. Les appels eux non plus ne passaient pas souvent. Certains auraient pu paniquer dans cette situation ; de mon côté, cette petite pause m’a fait le plus grand bien.

Sans accès à FB ni IG, les deux réseaux sur lesquels je passe le plus de temps, je me suis vite rendu compte que j’avais l’esprit plus clair et concentré ; j’ai vraiment eu l’impression d’être beaucoup moins parasitée par les histoires des uns et des autres, par les nouvelles du monde, par les injonctions multiples et souvent contradictoires qui découlent des intérêts personnels des uns et des autres. J’avais déjà écrit un petit billet en lien avec ce sujet ici. Ma tendance à être facilement impactée par les images, les récits, les infos m’est apparue très clairement.

Les réseaux sociaux me donnent de plus en plus l’impression d’être un espace touffu et cacophonique où tout le monde essaie de crier plus fort que les autres pour être entendu/vu/lu/liké. Je ressens comme une débauche d’énergie de la part de toutes les personnes qui se servent de cette plateforme à des fins professionnelles. Je ne les critique pas du tout, c’est vraiment un outil génial, mais rien que de voir toutes ces stories/swipe up/photos/vidéos etc, ça me donne le tournis (on dirait que j’ai plus de 80 ans, je sais).

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Dans tous les cas, c’est vraiment ce que je ressens quand j’ouvre Instagram. Pourtant je ne suis pas abonnée à plein de comptes (beaucoup sont ceux d’ami.e.s qui l’utilisent occasionnellement pour poster des photos perso, comme moi – si vous voulez aller voir, mon compte, c’est atmaprana) mais comme ceux-ci sont assez divers, je me retrouve à recevoir des pubs et des liens sponsorisés pour tout et n’importe quoi et je me suis même fait avoir une fois en achetant une gourde en verre avec un cristal de roche dedans (oui, j’ai un peu honte de l’avouer, mais c’est le cas. Bien évidemment, comme je suis gênée de la trimballer avec moi – je ne vis pas à Venice Beach – ça fait plusieurs semaines qu’elle trône dans un coin de la cuisine, d’où je peux quand même admirer son cristal magnifique).

En même temps, c’est grâce à Instagram que j’ai découvert des comptes géniaux comme the.holistic.psychologist (que je trouve personnellement d’une très grande aide) ou wisdomofanxiety, que je me tiens au courant des actions de Greenpeace ou de l’organisation humanitaire d’Amma, Embracing the world et de ses diverses branches (embracingtheworld.official), que je reste au fait des mouvements vegans (moi qui mange du poisson), avec ophélie.veron, antastesia ou encore natasha.echosverts, que j’explore le minimalisme extrême de healyourliving, que je suis des autrices que j’adore comme Dani Shapiro (daniwriter) ou Elizabeth Gilbert (elizabeth.gilbert.writer). J’aime aussi suivre des bloggeuses que je suivais déjà avant d’avoir accès à internet sur mon téléphone (depuis 1 an 1/2 seulement) comme Anne-Solange Tardy dont j’adore la sensibilité et la plume… Et puis évidemment, je suis abonnées aux comptes d’Amma et d’autres grandes figures spirituelles comme Thich Nhat Hahn, Jetsunma tenzin Palmo, Mooji, Anandamayi Ma, Paramahansa Yogananda, le Dalai Lama…

En fait, je suis des comptes qui permettent de découvrir de nouvelles perspectives, qui m’inspirent, qui me font rire (astrotruc!), qui provoquent ma pensée. Je suis finalement peu de comptes liés à mes centres d’intérêts centraux que sont le yoga, l’ayurveda, la méditation… Malgré tout je ressens de plus en plus le besoin de me déconnecter et j’ai de moins en moins tendance à aller sur les réseaux le week-end. Voire, j’ai envie, comme le fait et suggère de le faire Sheryl Paul (auteure de The Wisdom of Anxiety, livre merveilleux pour ceux et celles qui comme moi souffrent d’anxiété), d’établir un Shabbat digital, le samedi. Histoire de ne pas passer la moitié du week-end à nager dans les histoires de autres, à penser à ce qu’il leur arrive (je sais c’est bête, non?). Comme je n’arrive pas à cloisonner, et que j’ai envie d’avoir mon espace mental le plus libre possible, et même si je suis loin d’être un accro à mon téléphone (j’oublie même parfois de le rallumer le matin), je pense que je vais en faire une nouvelle habitude. Le calme mental est si difficile à obtenir, et chaque jour nous nous exposons à tellement d’infos et d’images ! C’est décidé, je me déconnecte au moins un jour par semaine. Et vous, est-ce que vous faites ça, quel est votre rapport aux réseaux sociaux ?

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