Joies et misères du Bokashi

A la maison, il n’y a finalement que moi qui mange des légumes et des fruits frais. En dehors des tomates en saison et de la salade/mâche/jeunes pousses d’épinards le reste de l’année, mon mari ne s’y intéresse pas du tout. Résultat, je suis la seule à générer des déchets organiques et même si la quantité n’est pas énorme (et ce, d’autant plus qu’achetant tout bio, je ne pèle pas beaucoup de légumes), ça m’a longtemps beaucoup ennuyé de les jeter à la poubelle.

Étant donné la taille et la configuration de notre jardin, il était pour nous impossible d’installer un compost conventionnel ou même « sauvage » dans un coin.

J’ai bien pensé à la solution du lombricomposteur, mais l’idée d’avoir un tas de vers grouillant quelque part dans le sellier ne nous attirait guère. Bref, après pas mal de recherches sur internet, je suis tombée sur le système du Bokashi (qui signifierait en japonais, « matière organique fermentée ») et c’est cet article du blog Le Jardin d’Emilie qui m’a convaincue. C’est un système de lacto-fermentation (oui, je sais…) des déchets organiques dans un seau, généralement en plastique, à l’aide de micro-organismes efficaces (« EM » autrement appelés son de Bokashi) que l’on saupoudre à chaque fois qu’on y dépose des déchets.

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Après plusieurs mois d’utilisation, j’ai décidé de faire un petit bilan des avantages et inconvénients de cette méthode :

Les avantages

– l’avantage principal à mes yeux, c’est que ça ne prend pas de place, ça ne dégage pas d’odeur (tant qu’on ne l’ouvre pas;-) !, j’y reviendrai)

– on peut tout y mettre ; même si je ne mange pas de viande ni de poisson à la maison, je trouve que c’est quand même un avantage

– on n’a pas tellement besoin de s’en occuper : il suffit de mettre ses déchets régulièrement, de bien les tasser et de saupoudrer un peu de son de Bokashi avant de refermer le bac

– au bas du seau, il y a un bec qui permet de récolter le « thé de compost » (nom poétique qui cache une réalité parfois moins glam’). Une fois bien dilué dans un arrosoir, il permet de nourrir les plantes du jardin ou de la maison

– et bien sûr, ça permet à terme de produire du compost pour ses plantes, mais ce n’est pas si simple. En effet, ce n’est pas parce qu’on a remplit son seau Bokashi complètement et qu’on a attendu les deux semaines réglementaires qu’on a produit du compost.

Non, et c’est ainsi que j’en viens aux inconvénients…

Les inconvénients

– contrairement à ce que l’on pourrait croire, une fois le Bokashi rempli et laissé à fermenter tranquillement pendant au moins 2 semaines (ce qui implique pour les familles d’avoir finalement deux seaux car il se remplit vite), on ne se retrouve pas avec du compost.

En effet, une fois qu’on ouvre la bête, on se rend compte que les déchets alimentaires n’ont presque pas changé d’apparence. On pourrait penser qu’il ne s’est rien passé. Que nenni, c’est que la lacto-fermentation transforme les structures moléculaires internes des déchets, mais non leur apparence. On se retrouve donc avec un tas très moche et un peu gluant qui nous rappelle les repas pris pendant les dernières semaines, ou mois, c’est selon.

Bref, à ce stade le contenu du seau est très acide et si l’on peut dès à présent l’enfouir dans un coin de jardin, il faut prendre garde à ne pas l’enterrer près des racines des plantes. C’est parfois compliqué, et c’est le cas dans notre petit jardin un peu touffu.

Autre solution, et celle que j’emploie : j’installe une petite « fabrique à terre ». Dans une vieille poubelle je mets 10 cm de terre de jardin/terreau (ce que j’ai sous la main), je dépose ensuite le contenu du seau dessus, et je recouvre le tout d’encore 10 cm de terre. Un peu de résidu de tonte ou de feuilles séchées par dessus, le tout partiellement recouvert d’un sous-pot quelconque pour que la pluie ne l’inonde pas et en quelques semaines (oui, ce n’est donc pas un processus instantané; comme tout ce qui est naturel), j’ai une terre très riche que je peux répandre où je veux ou mettre dans des jardinières pour la plantation. J’ai vu qu’il existait aussi des « sacs à compost », achetables dans le commerce, qui possèdent une trappe dans leur partie basse. C’est le même principe.

– Outre le côté relativement fastidieux du processus, c’est quand même parfois l’odeur qui se dégage du seau qui est gênante. Entre nous, mon mari l’appelle le « Bokaschiotte » (!) Je sais bien que normalement ça ne sent pas grand-chose, mais avec certaines températures hautes extrêmes, ou si on attend comme moi parfois trop longtemps pour mettre ses déchets dans le Bokashi (je les stocke dans une petite boite sur mon plan de travail), et bien parfois, ça pue et c’est chiant. Une bonne partie des pubs pour Bokashi, notamment américaines, laissent entendre que ça ne sent tellement rien qu’on peut le garder dans sa cuisine, mais ce n’est pas l’expérience que j’en ai. Du tout*.

– autre point négatif, il faut donc acheter un seau (en plastique qui plus est) qui n’est vraiment pas donné : entre 45 et 80 euros d’après ce que j’ai vu et aussi un sachet de son environ deux fois par an. Ce n’est donc clairement pas la solution la plus écolo ni la plus économique (même si l’on peut toujours transformer une vieille poubelle en mettant un grillage au fond et un robinet).

Bilan des courses : au vu de la masse modeste de déchets organiques que je produits, j’ai honnêtement parfois l’impression que c’est beaucoup de travail pour finalement pas grand-chose, mais j’ai quand même la satisfaction de créer de la bonne terre avec nos déchets organiques, d’enrichir le sol et de de pas jeter de l’eau à la poubelle. Pour moi c’est vraiment important de fertiliser la terre de notre jardin car je sais que les oiseaux et les plantes ont besoin que les insectes prospèrent.

Le compostage me tenait vraiment à cœur et cette solution semble être celle au final qui nous convient le mieux étant donné notre consommation de produits frais et la configuration de notre jardin. Mais, bon, je reconnais que ce n’est pas idéal et j’aimerais beaucoup avoir un plus grand jardin où je puisse installer un « vrai composteur » à l’ancienne.

Et vous, connaissiez-vous ce type de compostage ? Qu’en pensez-vous ?

Pour aller plus loin:

Home

Valorisez vos déchets grâce au bokashi

Le compostage Bokashi, c’est quoi et comment ça fonctionne ?

* En même temps, après plus d’un an d’utilisation, je me rends compte que la seule fois où le contenu du Bokashi a vraiment pué, c’est quand nous avons eu des températures allant jusqu’à 39 degrés l’été dernier (du jamais vu dans notre région). On peut quand même parler d’une situation exceptionnelle (tout au moins je l’espère ) et les problèmes d’odeurs ne sont finalement pas la norme.

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