Culottes menstruelles: les inconvénients

Après une énième poubelle remplie de protections périodiques (bio) à vider, je me suis dit il y a quelques mois que j’allais essayer les culottes menstruelles dont les mérites sont vantés depuis quelque temps un peu partout sur les blogs et les réseaux sociaux. J’en avais découvert l’existence il y a quelques années déjà sur le blog Échos verts qui regorge de bonnes idées écologiques et véganes.

Depuis quelque temps, le schéma de mes règles a changé. C’est intéressant de constater comment notre cycle n’est jamais tout à fait identique, ni jamais tout à fait différent du précédent et comment il se transforme au fil des années. Mon flux est devenu très abondant le 2e jour pendant lequel j’ai l’impression de perdre environ 90 % du sang du cycle. C’est un jour de grande fatigue et je suis contente quand il tombe pendant un week-end quand je peux un peu plus facilement respecter mon rythme. Le flux est donc nettement plus réduit pendant le premier, 3e et 4e jour.

Vu le prix d’une seule culotte (environ 30 €), je ne voulais pas me tromper et j’ai passé pas mal de temps à lire des comparatifs, notamment celui du Chaudron pastel qui est très exhaustif. J’ai d’abord acheté un pack de 3 culottes Fempo et après un essai concluant pendant un cycle, j’ai acheté 2 Réjeanne et une autre Fempo. Me voilà 6 culottes et 3 cycles plus tard pour vous raconter ce qu’on ne dit pas habituellement sur ces culottes :

– même les culottes « flux abondants » ont leurs limites (et celles-ci peuvent arrivent plus tôt qu’on ne le pense) : pendant mes dernières règles, j’ai dû changer de culotte 2 fois pendant la journée de gros flux (pourtant passée à la maison, avec accès facile aux toilettes). Rien que pour cette journée et la nuit suivante, il m’aura donc fallu 4 culottes. Et comme à la première utilisation, ma culotte Réjeanne m’a déçue…

J’avais choisi le modèle Callie (shorty) pourtant indiqué pour flux abondants : les deux fois où je l’ai mise (une fois la nuit, une fois pendant le jour), elle a rapidement débordé. J’ai contacté la marque pour leur signaler. Après quelques échanges sympathiques mais peu fructueux, pour moi il s’agit d’un problème de conception. Si le sang atteint les coutures latérales à l’entre-jambe, il se propage au-delà de la partie imperméabilisée par capillarité : en gros, on ne manquerait pas de tacher un pantalon un peu serré. Je n’ai pas du tout eu ce problème avec la Fempo, moins jolie mais plus « robuste » à mes yeux.

Réjeanne m’a également parlé du fait que chez certaines femmes le sang sort par à-coups qui dépassent la capacité du tissu à absorber le sang et m’a orientée vers des « pétales interlabiaux » pour parer à ce problème. Si je suis allée regarder de quoi il s’agissait (c’est incroyable le nombre de modèles proposés sur Etsy), je n’ai même pas pris la peine d’essayer de comprendre précisément comment ça s’utilisait. Pour moi, les culottes menstruelles doivent être synonymes de liberté et non de contraintes supplémentaires ;

– il faut beaucoup d’eau pour les laver : désolée de rentrer dans ces détails, mais avant de pouvoir les laver à la main ou à la machine (et pour éviter que le reste du linge ne prenne une teinte bizarre), il faut les faire tremper dans de l’eau froide pour faire dégorger le sang. Bref, si l’on vit seule ce n’est pas un problème, mais ça peut vite devenir un peu gênant si l’on partage sa salle de bain avec d’autres personnes (je pense aux colocations mixtes) ;

– elles ont un temps de séchage très long : afin d’être absorbantes, des « tissus techniques » sont cousus ensemble en plusieurs couches et il est conseillé de les laver avec des lessives particulières (exit savon noir et lessives trop agressives), à 30°C maximum et de les laisser sécher à l’air libre, sans les exposer à la chaleur. Interdit donc de les mettre à sécher sur un radiateur, dans le sèche-linge ou de tenter d’accélérer le séchage avec son sèche-cheveux. L’été j’imagine qu’en quelques heures, l’affaire est bouclée, mais l’hiver, dans un climat humide, il faut bien compter 24 heures (voire plus) pour que la culotte soit entièrement sèche et être prête à soit réutilisée, soit rangée. N’avoir qu’une ou deux culottes menstruelles si l’on souhaite se passer d’autres types de protections n’est donc pas vraiment possible. Pour être à l’aise le cycle entier et ne pas passer son temps à vérifier l’état d’avancement du séchage de ses culottes, il faut bien en prévoir 5 ou 6 (et c’est donc quand même un budget) ;

– l’été on doit avoir très chaud avec et il est généralement pas recommandé d’avoir trop chaud aux « parties intimes ». Si l’on en croit les conseils de France Guillain, avec ses fameuses poches Yokool qui remettent au goût du jour les bains dérivatifs, c’est même le contraire qui est à rechercher. Certaines marques font des modèles en plumetis sur les côtés et je pense qu’à la saison chaude, elles doivent être plus agréables à porter ;

– certaines femmes vantent l’absence de sensation d’humidité : je l’ai pourtant bien sentie. Même si les marques insistent sur le côté ultra absorbant des tissus utilisés, il faut se rendre à l’évidence : en cas de flux abondant, cette sensation d’humidité arrive vite. D’ailleurs, si je dois être à l’extérieur toute la journée, au lieu de changer de culotte en cours de journée (sans doute assez pratique l’été si l’on porte robe ou jupe, mais l’hiver…) je mets une protection périodique sur la culotte le matin et je l’enlève dans la journée. Je me demande aussi si c’est très sain de garder une culotte gorgée de sang pendant plusieurs heures d’affilée… mais c’est un autre débat.

En conclusion, si l’on vit seule, dans un climat chaud et sec, que l’on peut disposer de son temps comme on le souhaite (avec un accès facile à des toilettes et de l’eau en abondance) et qu’on a pas un flux très abondant, les culottes menstruelles me semblent effectivement une solution idéale pendant les règles : elles sont à la fois pratiques, écologiques et économiques (à moyen terme).

De mon côté, je ne vais pas les abandonner (c’est quand même très pratique pour les jours de flux léger et pour la nuit), mais pour le jour où mon flux est très abondant, je vais sans doute repasser aux protections bio jetables. Si je dois laver 4 culottes et donc utiliser des litres et des litres d’eau ces jours-là (je ne me vois pas lancer une machine pour elles seules ou me prendre la tête à programmer le lavage du linge en fonction de mon cycle), passer mon temps à vérifier si elles ne sont pas sur le point de déborder, et donc m’inquiéter de taches éventuelles, je trouve en effet que le ratio écologie/prise de tête n’est pas avantageux.

Et vous, les avez-vous testées ? Quelle expérience en avez-vous ? Toujours contente de vous lire.

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