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Un itinéraire avec Amma – livre-témoignage

Après des mois d’écriture où je me suis sentie portée par la grâce et des semaines de montagnes russes émotionnelles liées aux questions de mise en page, IBSN, dépôt légal, corrections, etc. dont on doit s’occuper soi-même quand on choisit l’auto-édition – et ce sera sans doute l’objet d’un article prochain -, le livre dont j’avais fait une mention rapide par ici est à présent disponible en ligne:

https://www.thebookedition.com/fr/un-itineraire-avec-amma-p-381021.html

Celles et ceux qui ont déjà rencontré Amma (Shri Mata Amritanandamayi Devi) y retrouveront plein de moments bénis, que ce soit en France ou en Inde, dans son ashram d’Amritapuri dans le Kérala ou lors des tours de l’Inde, les autres découvriront peut-être plein de choses sur le chemin spirituel tel qu’il peut être vécu aujourd’hui, quand on est occidentale et qu’on vit « dans le monde ».

Tous les bénéfices sont reversés à ETW, l’association caritative internationale d’Amma, qui œuvre dans le monde entier.


Shavasana de luxe

L’autre jour, sur un coup de tête (de gondole), j’ai acheté un coussinet pour les yeux. La première fois que j’en ai utilisé un c’était il y a plus d’une décennie. Nous étions à la fin de notre séance de yoga, tout juste installé.e.s dans la posture souvent tant attendue de Shavasana quand la prof est venue déposer sur notre visage une sorte de coussin rectangulaire un peu lourd qui nous bloquait la lumière. Apparemment ça devait nous aider à nous relaxer encore plus profondément. Sur le moment j’ai été surprise par la lourdeur du coussin et je n’ai pas trop aimé l’expérience. Il faut dire qu’on ne m’avait pas demandé mon avis et que je ne savais pas d’où sortait cet objet…

Bref, pendant des années, je suis restée étendue en Shavasana à la fin de ma séance de yoga sans rien me mettre sur les yeux. J’avais eu une mauvaise expérience relative aux yeux il y a des années quand une personne avait essayé de me démaquiller en m’appuyant sur les globes oculaires. J’en avait gardé comme un petit traumatisme, aggravé par la lecture des risques potentiels entraînés par un excès de pression sur les yeux.

Jusqu’à tout récemment donc. Après une bonne séance au milieu de l’après-midi, j’attrape le nouveau venu et me le met sur les yeux. Tout de suite, réaction d’inquiétude. Je trouve encore que celui-ci est trop lourd. Peut-être est-ce dû à ma physionomie? Ou est-ce que c’est normal et souhaitable? J’ai lu depuis qu’il existe un réflexe oculo-cardiaque, également appelé réflexe Aschner-Dagnini qui est connu depuis plus d’un siècle et qui d’une certaine façon valide le fait de se placer un masque un peu lourd sur les yeux : la pression sur les globes oculaires entraîne un ralentissement de la fréquence cardiaque et donc une détente naturelle. Il est important que cette pression soit légère et donc que le coussin ne soit pas trop lourd.

Comme je n’étais pas trop sûre de moi niveau pression, j’ai décidé après quelques instants de le mettre sur le front, au plus près des sourcils et ça m’a fait un effet incroyable. Je ne sais pas si c’était le doux parfum de lavande ou justement le poids de l’objet, mais j’ai ressenti un relâchement profond, comme si une vague de relaxation partait du 3e œil vers toutes les parties de mon corps. Comme des ondes de lumière blanche qui se sont rapidement diffusées… C’est ainsi que, même si ce n’est pas recommandé car ce n’est pas le but de cette posture, je me suis endormie immédiatement d’un doux sommeil restauratif. Il est connu que les massages craniaux ou même juste l’imposition des mains sur le front entraînent la production d’ocytocine dans le corps et donc sa relaxation. C’est souvent ce que font les mères avec leur enfant malade. C’est un geste naturel qui a de nombreux bénéfices.

J’ai vu que ce qu’on appelle “coussinet pour les yeux”, “sac à yeux” (mon appellation préférée), “coussin de relaxation pour les yeux” ou “masque de relaxation oculaire” peut être en soie ou en coton, et rempli de graines de lin, de divers noyaux ou même de petites pierres semi-précieuses polies. A chacun.e de choisir en fonction de son intuition et… de sa bourse car bien entendu, il est tout à fait possible de s’en confectionner un maison

Bonne relaxation !

Juste un petit mot d’attention en plus: on lit parfois qu’il est possible de faire chauffer ces coussinets pour renforcer la détente oculaire. Ce n’est vraiment pas conseillé! Les yeux sont le siège d’Alochaka Pitta, le principe du feu (avec un peu d’eau) en ayurveda et ceux-ci sont justement souvent surchauffés à la suite de longues heures passées sur nos écrans. Mieux vaut ne pas rajouter de chaleur à l’excès de chaleur. Il est possible en revanche de refroidir le coussinet pour plus de détente sans problème… ou de se pschitter un peu d’eau florale de bleuet sur les paupières (c’est très efficace contre la fatigue oculaire!).

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Elémental – nourrir en soi les 5 éléments

L’ayurvéda considère que tout dans l’univers est formé des 5 éléments (pancha maha bhuta). Ces 5 éléments sont la terre (Prthivi), l’eau (Apas), le feu (Agni), l’air (Vayu) et l’éther (Akash). Chacun de ces 5 éléments est doté de qualités que l’on appelle gunas (sec, dur, piquant, fluide, subtil, etc. elles sont au nombre de 20). Les 3 doshas qui forment notre constitution sont des combinaisons de ces 5 éléments : Vata (air+éther), Pitta (feu+eau) et Kapha (eau+terre).

De quelles façons pouvons-nous nourrir ces 5 éléments en nous et contribuer ainsi à leur équilibre et à notre bien-être ? A mes yeux, c’est finalement assez simple si l’on a la chance de vivre proche de la nature.

Nourrir en soi la terre, qui est notre base, notre structure, ce qui nous donne notre assise, ça peut passer par le jardinage, la poterie, les pieds nus dans l’herbe ou dans le sable dès que le temps le permet. Quoi de plus agréable qu’une balade sur la plage, que le contact de la roche chauffée par le soleil ?

L’eau, qui est liée à la langue et au goût, est quant à elle nourrie en prenant des bains de mer ou de baignoire additionnée de gros sel, en buvant de l’eau de bonne qualité, si possible dynamisée ou solarisée, en nageant, en se promenant au bord des lacs et des étangs, en navigant sur la mer, les rivières ou les fleuves, mais aussi en mangeant des fruits bien juteux.dav

Le feu, lié aux yeux et à la vue, peut être nourri par les épices que nous ajoutons à notre cuisine, par une soirée devant une bonne flambée dans la cheminée, par une bougie allumée à la tombée du jour. Un bain de soleil de durée raisonnable dynamisera aussi notre feu intérieur. On sait à quel point la couleur dorée du feu nous réchauffe le cœur et le corps.

On nourrit l’air, lié à la peau et au toucher, en nous en nous exposant au vent du large, à la brise du soir, en nous entourant de fibres naturelles, en ouvrant grand nos fenêtres au petit matin. On pourra également pratiquer différents pranayama doucement et avec beaucoup de mesure. Vayu est très mobile ; un rien le dérange ! Amma dit que les déséquilibres causés par une pratique inadaptée du pranayama ne peuvent être guéris.

L’éther, quasi-insaisissable, en lien avec l’ouïe et l’expression, est lui nourri par le prana (l’énergie vitale qui sous-tend notre monde) absorbé lors d’une promenade en forêt, en montagne, au bord de la mer, mais aussi par la méditation, la dévotion, les chants spirituels, les récitations de mantras, l’écoute du son intérieur ou même tout simplement par le chant des oiseaux. C’est l’élément de la spiritualité. C’est le premier des éléments et le plus subtil.

Tous ces éléments sont purificateurs. On peut tout à fait prendre un bain de vent comme on prend un bain d’eau. Un traitement (très) traditionnel de l’ayurvéda consiste à « enterrer » le patient dans le sol pour nourrir son élément terre et contrebalancer un excès d’air (anxiété, stress, douleurs arthritiques…). Ce traitement traditionnel est également pratiqué sous des formes différentes dans les pays du Maghreb ou au Japon.

En fonction de notre constitution et de nos déséquilibres du moment, on prendra évidemment soin à notre pas s’exposer à un vent trop fort si l’on est Vata car cela pourra entraîner des maux de tête, des névralgies, des étourdissements. De même si notre Pitta est trop élevé, on fera attention à ne pas rester trop longtemps au soleil, à s’approcher trop près du feu ou du piment 😉 ! Quant à Kapha, ne le noyons pas dans un excès d’eau. Gardons à l’esprit la règle principale de l’ayurvéda : les opposés se contre-balancent, les semblables s’additionnent.

La nature pourvoit à tous nos besoins et le contact avec la nature est un des piliers de la bonne santé physique, mentale et spirituelle. Ses rythmes cosmiques harmonisent notre respiration, nos cellules et nos organes. L’être humain fait partie de la nature et leurs échanges sont continuels. Être dans la nature, apprendre à mieux la connaître nous donne un précieux sentiment intérieur de sécurité et de connexion.

Malheureusement, nos vies modernes citadines nous coupent de cette nature si précieuse et nous devons faire des efforts pour aller à son contact. C’est l’une des innombrables raisons pour lesquelles nous nous devons de la protéger et de promouvoir son développement dans nos villes. Vivre coupé de la nature, c’est vivre coupé de notre nature profonde. Essayer de vivre au rythme des cycles de la nature, en s’exposant aux éléments, c’est nourrir notre vitalité. Pour 2020, je vous souhaite à toutes et à tous de bons bains élémentaux !

Retraites

Quand je travaillais dans l’édition à Paris il y 15 ans (!), une collègue-copine m’avait dit qu’elle et son copain passaient obligatoirement une journée chez eux dans le week-end. Pas de sortie, pas de visites, un minimum d’interaction avec le monde. c’était pour eux un besoin vital dans le tourbillon qu’est la vie dans la capitale (ils ont depuis bougé dans une autre ville plus calme !)…

A l’époque, ça m’avait étonné de sa part. Vivre à Paris et rester enfermé chez soi une journée entière quand le week-end n’en compte que deux et qu’il y a tellement de choses à voir/faire/découvrir !! Sauf que maintenant, c’est à moi qu’il arrive de rester des journées entières à la maison le week-end. Certes, la présence d’un jardin est un atout, mais c’est surtout le besoin d’intériorisation qui se fait ressentir.

Le week-end, j’ai de plus en plus besoin d’un « reset », d’une pause pour me retrouver. Travaillant dans une administration en open-space toute la semaine, donc dans le bruit, la clim, les conversations de bureau et… l’énergie des autres, j’ai vraiment besoin de ces moments de ressourcement. Je termine d’ailleurs généralement le week-end en pleine forme après ma séance de yoga du dimanche en fin d’aprèm à laquelle je ne déroge quasiment jamais. Elle me permet de clore le week-end en douceur.

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Mon mari étant (très) casanier, ces journées sont pour nous comme des mini-retraites pendant lesquelles nous aimons chacun de notre côté vaquer à des activités qui nous ressourcent avant de nous retrouver aux repas pour partager nos découvertes. J’ai l’impression que c’est un très grand luxe dans le monde actuel (et surtout pour les femmes!) que de pouvoir ainsi rentrer en soi-même un jour par semaine, rester en silence si on le souhaite, lire, dessiner, bref faire certains des hobbies minimalistes dont je parlais ici.

En règle générale, les pauses et les retraites sont de plus en plus importantes pour moi. En début d’année, j’ai pris l’habitude de partir quelque temps pour faire une retraite plus formelle, dans un ashram, parfois en silence. Ça pause une intention pour l’année à venir et le mois de janvier est la période idéale pour la méditation et le silence : la nature est au repos, tout est calme, c’est une période naturelle de latence et d’intériorisation. Au quotidien, la méditation que je pratique le matin face à mon autel est aussi une mini-retraite quotidienne. Il est rare que je la manque. Même quand j’ai passé une nuit de m…, je sais que la méditation, même écourtée, m’aidera à me recentrer et même à me revitaliser un peu avant d’entamer ma journée.

Pour moi qui suis une grande sensible, sans ces moments de retour vers soi, il me serait vraiment difficile de faire face aux multiples sollicitations de ma vie professionnelle, personnelle et associative. Dans le monde actuel qui est à mes yeux très anxiogène, ce retour à soi me permet de me recentrer, de puiser force et courage, de mieux me connaître et de rester en contact avec ce qui se passe à l’intérieur. Tellement de monde aujourd’hui semble ne vivre qu’à la surface de soi-même, sans jamais prendre le temps (avoir le courage ?) de regarder ce qui se passe dans leur cœur. C’est pourtant à mes yeux un des ingrédients d’une vie pleinement vécue, vous ne trouvez pas ??