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Un itinéraire avec Amma – livre-témoignage

Après des mois d’écriture où je me suis sentie portée par la grâce et des semaines de montagnes russes émotionnelles liées aux questions de mise en page, IBSN, dépôt légal, corrections, etc. dont on doit s’occuper soi-même quand on choisit l’auto-édition – et ce sera sans doute l’objet d’un article prochain -, le livre dont j’avais fait une mention rapide par ici est à présent disponible en ligne:

https://www.thebookedition.com/fr/un-itineraire-avec-amma-p-381021.html

Celles et ceux qui ont déjà rencontré Amma (Shri Mata Amritanandamayi Devi) y retrouveront plein de moments bénis, que ce soit en France ou en Inde, dans son ashram d’Amritapuri dans le Kérala ou lors des tours de l’Inde, les autres découvriront peut-être plein de choses sur le chemin spirituel tel qu’il peut être vécu aujourd’hui, quand on est occidentale et qu’on vit « dans le monde ».

Tous les bénéfices sont reversés à ETW, l’association caritative internationale d’Amma, qui œuvre dans le monde entier.


Partir en tour en Inde avec Amma

Je reviens comblée de mon pèlerinage annuel auprès d’Amma que je viens de voir à Châlons et à Toulon. Depuis 16 ans, pas une année sans que je passe du temps à ses côtés, en France, ailleurs en Europe ou en Inde.

En début d’année, j’ai eu la chance de pouvoir la suivre lors de son tour du Sud de l’Inde. Ce n’était pas mon premier tour et je me suis dit qu’un petit article sur ce qu’il fallait emporter avec soi au niveau matériel pourrait être utile pour ceux et celles qui veulent tenter l’expérience.

– vêtements : pendant le tour, et surtout si on a du seva (service désintéressé) sur la scène près d’Amma, nous ne portons que des vêtements blancs. Des exceptions peuvent être faites lors des voyages en car ou si notre seva est salissant (je pense au légendaire seva recyclage !). Nous pouvons alors porter des T-shirts amples et des pantalons flottants ou des jupes. L’idée générale est celle de modestie. Nous voyageons avec Amma ; pour les Indiens, nous sommes donc des chercheurs spirituels sérieux et il ne s’agit pas de s’afficher avec des hauts transparents, des shorts ou des jupes courtes, de fines bretelles. Personnellement, il m’est déjà arrivé qu’un villageois se baisse pour toucher mes pieds. Nous devons donc présenter une image respectable.

Quatre sets de vêtements blancs (haut de punjabi, bas et châle ou sari, jupon et choli) sont généralement suffisants. Un service de blanchisserie est organisé pour ceux qui voyagent avec Amma et entre le dépôt des vêtements à laver et leur récupération, il ne se passe généralement pas plus de 2 ou 3 jours. Un pull/polaire, des chaussettes voire bonnet pour les trajets de nuit en car sont à prévoir sur les tours du Nord où il peut faire froid.

– ustensiles divers : une tasse en plastique ou en métal pour le chaï qui est servit partout, une gourde pour l’eau, un couteau pour les fruits, une cuillère et un tiffin. C’est une boite ronde en métal avec couvercle qui permet de transporter sa nourriture et qui peut se diviser en deux parties si nécessaire : plat principal d’un côté et dessert/sucrerie de l’autre. Un « petit magasin » est organisé à chaque arrêt où il est possible de se procurer des fruits secs, des fruits frais, des snacks et parfois quelques objets de base.

Ne pas oublier de prendre avec soi un petit boc en plastique (on peut en acheter partout en Inde) qui servira bien pour prendre les douches (la plupart du temps, au seau, dans les toilettes), mettre ses affaires de bain (savon, brosse à dents, dentifrice, shampooing) voire laver ses sous-vêtements, lesquels ne sont pas pris en charge par le service de blanchisserie.

– literie : le nerf de la guerre à mon avis : Prévoir un bon matelas auto-gonflant (et s’assurer avant le départ qu’il reste bien gonflé une fois rempli d’air !), une natte sur lequel le placer, un petit oreiller, un drap du dessous et un « sac à viande » en coton. Si le tour se déroule dans le sud de l’Inde, un châle est généralement suffisant pour se couvrir pendant la nuit, si c’est au Nord (surtout s’il se déroule avant le mois de mars), prévoir un sac de couchage. Et puis bien sûr apporter une moustiquaire.

Chennai

Lors de mes premiers tours il y a plus de 10 ans, tout le monde en avant une à l’ancienne, qu’il fallait suspendre à une corde à linge aux barreaux des fenêtres ou entre deux chaises. À présent, la mode est aux tentes moustiquaires, et si on peut se débrouiller avec l’ancien système, j’avoue que j’aurais préféré en avoir une cette année. Comme ça, pas de panique si l’on se retrouve à devoir dormir au milieu d’un grand hall sans possibilité d’accrocher de corde (à prévoir donc avec des pinces à linge si on choisit cette option).

– hygiène : nous dormons la plupart du temps dans des écoles ou des halls de mariage. Parfois les douches sont nombreuses et propres, parfois elles sont peu nombreuses et un peu sales. Les voyages d’un programme à l’autre se font en car, et la poussière, la pollution et la chaleur ont vite fait de nous salir. En Inde, je dis adieu aux savons tous doux, j’achète du bon savon local antibactérien dont je me savonne abondamment lors de la douche quotidienne.

– autres : bouchons d’oreille (indispensable !!!), masque pour les yeux pour la nuit (pas de volets aux fenêtres la plupart du temps), tongs en plastique pour la douche (si nos chaussures habituelles sont faites d’une autre matière), lingettes biodégradables, carnet et stylo pour déposer sur le papier ses pensées/ses expériences/les moments forts auprès d’Amma (c’est peut-être une vision personnelle, mais pour moi ce sont les meilleurs souvenirs de ces pèlerinages que l’on puisse garder, après ceux gravés dans notre cœur), produits d’hygiène intime pour les femmes, éventail (il peut faire très chaud ; surtout lors des programmes d’Amma qui se déroulent dans ses ashrams : ils commencent vers 11 h, soit aux heures les plus chaudes de la journée), masque chirurgical pour mettre sur le nez dans les embouteillages afin d’éviter de respirer trop de particules fines qui finissent souvent par nous infecter la gorge (malheureusement le niveau de pollution en 10 ans a clairement bondi), compléments alimentaires si l’on reste longtemps en Inde (voir mon article Rester en bonne santé pendant son voyage en Inde). Des médecins voyagent avec nous et ont beaucoup de médicaments à leur disposition. Prendre de quoi suivre son traitement si on en a un.

L’idée est de voyager léger. Qui a envie de traîner un sac énorme sur 2 ou 3 étages en pleine nuit, après 15 heures de car dans la chaleur ??

Rejoindre le tour le cœur ouvert et confiant, se laisser porter et se fondre dans la grâce d’Amma… Je peux vous assurer que ces quelques semaines de tour en sa divine compagnie resteront gravés à tout jamais dans votre mémoire et dans vos cellules.

Si vous avez des questions, n’hésitez pas!

Vieillesse et spiritualité

Ma mère m’a eue quand elle avait 38 ans, ce qui, il y a quasiment 36 ans, était tard. Du coup, elle est à présent une vieille femme, bipolaire qui plus est, depuis maintenant plus de 20 ans. 20 ans de hauts et de bas, de tentatives de suicides et de phases d’exaltation pendant lesquelles elle ne parle que de voyages, de déménagements tout en faisant des achats exorbitants et en agressant les gens, surtout dans les commerces. Je sais que je ne suis pas la seule à avoir une mère bipolaire, mais ça n’empêche pas que c’est presque de plus en plus difficile à vivre, car elle voit ses vieux jours approcher, qu’elle est seule, qu’elle ne sera pas grand-mère et qu’elle n’a qu’une fille. Ma mère est du style à lire Télérama, à aller au cinéma, au théâtre, à fumer et à insister pour avoir son petit porto tous les jours. En gros, tout mon contraire. C’est pour elle très difficile de se sentir si différente d’une fille qui ne jure que par le bio, l’Inde, la spiritualité, le yoga, etc. Tout ça lui est tellement étranger qu’il est impossible pour nous d’avoir une conversation de cœur à cœur. Elle ne me comprend pas, alors que je connais son mode de vie, ce fut le mien, et c’est celui de beaucoup de personnes. Ce qui me touche le plus, c’est que je la vois avancer en âge sans jamais, semble-t-il, se poser de questions, ces fameuses questions existentielles qui nous font souvent sourire quand nous sommes jeunes : pourquoi sommes-nous ici ? Qu’est-ce que la mort ? Quel est le sens de la vie ?
Elle souffre tellement dans ses phases négatives que son mental est comme anesthésié et quand elle est en phase maniaque, elle se croit la maîtresse du monde, tout le monde est trop lent, trop chiant à son goût. Jamais elle ne semble se poser de questions de cet ordre et pourtant elles sont fondamentales. La seule certitude en ce bas monde est que notre corps physique va mourir et qu’avant cela, nous allons être confrontés à la vieillesse (enfin, pour la majorité d’entre nous). Pourquoi refuser d’aborder ces sujets maintenant qu’il est encore temps d’adopter une perspective plus sereine. Pourquoi faire l’autruche un jour et paniquer le lendemain face à ce constat ? Je vois ma mère qui est stressée et angoissée dans sa vieillesse. Elle est comme beaucoup qui on rejeté la spiritualité avec la religion il y a des décennies, pour trouver quoi à la place ? L’angoisse existentielle que nous avons tous. Aucun repère, aucun cadre de référence universel dans lequel replacer son expérience personnelle. Quel désespoir ! C’est vraiment attristant de la voir dans cet état de détresse psychologique et émotionnelle, qui est malheureusement partagé par beaucoup de personnes âgées en Occident.
Pour moi qui a eu la chance de rencontrer Amma lors d’un voyage en Inde quand j’avais 25 ans, je sais que mes vieux jours seront un temps d’intériorité de plus en plus intense. C’est un temps qui représente pour moi une occasion unique de se tourner enfin vers l’essentiel. On a moins de désirs mondains, on a plus de temps (parfois beaucoup plus d’ailleurs et presque trop) et si on a gardé assez de santé mentale et physique, je ne vois pas ce qu’il reste à faire si ce n’est en profiter pour enfin se consacrer à notre vie spirituelle, quelle que soit la voie que nous choisissions.
C’est d’ailleurs ce qui est envisagé dans les troisième et quatrième étapes de la vie selon la tradition de l’Inde ancienne : après le brahmacharya (période uniquement consacrée à l’étude sous la direction d’un maître) vient le gârhasthya (vie de famille, qui se termine quand les enfants sont mariés) puis le vânaprastha (c’est la troisième étape, qui correspond souvent chez nous à la soixantaine, consacrée aux pratiques spirituelles) et enfin, la dernière le sannyâsa, qui correspond au renoncement total, possiblement accompagné de la dissolution des liens du mariage, les deux ex-époux poursuivant leur cheminement spirituel à leur guise.
Alors évidemment, on est bien loin du modèle occidental qui prône la jeunesse à tout prix, la consommation, la sur-activité à tous les âges de la vie sans jamais réserver un instant à l’exploration intérieure qui est pourtant gage des plus belles découvertes, mais il me semble important de ne pas sous-estimer cette période de la vieillesse qui peut être l’occasion d’un véritable lâcher-prise et offrir de merveilleuses découvertes intérieures.

Représentations de la Mère Divine…

Je viens tout juste de terminer de lire la biographie d’Amma écrite par Judith Cornell en 1999-2000 que j’ai commencée hier soir. Je l’ai lue une première fois il y a quelques années, quelque temps après avoir rencontré Amma. C’est un livre extraordinaire.

Plus les années passent, plus ma compréhension de ce que représente Amma s’approfondit, mais il reste pour moi impossible de dire que je sais qui elle est ; elle reste d’ailleurs un mystère même pour ses plus anciens disciples. Tout ce que je peux dire c’est qu’Amma est pour moi (et pour beaucoup d’autres) l’incarnation de la Mère Divine.

J’ai eu envie de partager ici quelques photos de représentations de la Mère Divine que j’ai prises ces dernières années…

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