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Mandalas

Comme je l’avais partagé dans un récent billet, cette année je peux dire avec une profonde joie que je me suis enfin reconnectée à ma créativité. Ça a commencé doucement par des photos bidouillées via Picasa puis Snapseed (visibles sur ce site ou sur Instagram @ atmaprana), puis j’ai recommencé à peindre timidement. Mais c’est quand j’ai reçu une magnifique boite de crayons de couleurs professionnels en avril dernier qu’un pas de plus à été franchi.

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Autant j’aime beaucoup la peinture, autant j’ai du mal à trouver le temps et l’espace pour m’y adonner. L’idéal lorsque l’on fait de la peinture, c’est d’avoir un endroit dédié de façon à ne pas avoir besoin de tout ressortir à chaque fois : les pots avec de l’eau, les pinceaux, le support, les chiffons et autres palettes, ça prend beaucoup de place !

J’ai trouvé en mes beaux crayons de couleur un medium qui me plaît énormément par la liberté qu’il offre. Les crayons se transportent facilement, ils ne tâchent pas, ne prennent pas de place et leurs teintes sont magnifiques (même si parfois je ne trouve pas exactement celle que j’ai en tête !). Bref, c’est l’idéal pour moi aujourd’hui.

C’est grâce à mes crayons de couleurs que je me suis mise à dessiner des mandalas. Rien de prémédité dans ma pratique. Dès que j’ai 2 heures devant moi, souvent le dimanche après-midi, je sors mes boites et une feuille de Canson 224 g. Attablée dans la cuisine, des chants dévotionnels indiens en fonds sonore, je trace un cercle de base avec le compas et un autre plus petit au milieu pour créer une dynamique. Généralement, voilà toute la structure que je me fixe. Très peu pour moi les savants calculs géométriques, les lignes précises, les angles parfaits. Alors évidemment, quand on fait tout à main levée, il y a des imperfections, mais je trouve que ça permet à « l’œuvre » de mieux vibrer. Parfois quand c’est trop parfait, je trouve que ça perd de son âme et qu’on a l’impression de se retrouver face à un dessin fait à l’ordinateur. C’est l’une des raisons pour lesquelles je n’ai jamais réussi à terminer un recueil de mandalas à colorier ; je trouve le résultat final trop artificiel, sans parler du fait que le coloriage seul m’ennuie. Ce que j’aime c’est aussi le dessin.

La circularité du mandala m’inspire beaucoup. Quand je regarde un mandala, j’ai l’impression d’entrapercevoir une autre dimension par un œil de bœuf, de plonger visuellement dans un univers parallèle (sans doute mon imagination débordante!). Et puis, il y a pour celui ou celle qui le crée cette nécessité de répéter chaque geste tout autour du cercle. Ce trait, ce point, cette fleur répétée parfois plusieurs dizaines de fois en essayant de maintenir une certaine régularité, qui est nécessaire pour que le mandala prenne forme, demande de l’attention. C’est dans cette attention au détail déployée parfois pendant plusieurs heures d’affilée qui permet au mental de s’apaiser en se recentrant. En effet, dans la pratique du mandala, comme dans la pratique de la plupart des arts, la concentration est essentielle. Concentré sur la couleur à choisir, la forme du trait, le motif, il est difficile de se perdre à nouveau dans le flot ininterrompu de ses pensées habituelles. C’est bien cette rupture avec les habitudes du mental, que l’on recherche également bien sûr dans la méditation, certains sports extrêmes comme l’escalade, les pratiques corporelles telles que le yoga ou le Tai chi, qui permet à la pratique du mandala de nous « déstresser ». Les art-thérapeutes l’ont bien compris !

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J’essaie de toujours faire un mandala d’une traite et j’adore voir la façon dont il évolue et émerge. Je débute avec une couleur, un motif, une idée de camaïeu et ensuite je laisse l’inspiration faire.

Même si je n’ai aucune idée préconçue, je suis souvent étonnée du résultat final. Le mandala est véritablement l’expression visible de l’énergie que je porte en moi au moment où je le réalise ; c’est pourquoi il est inconcevable pour moi d’en créer un sur plusieurs jours ou plusieurs semaines. J’ai dans mes pochettes des mandalas inachevés, car le temps m’a manqué. Tant pis. Je ne me sens pas de les reprendre.

Les mandalas ne nécessitent que peu de technique et celle-ci peut s’acquérir facilement au fil des créations. Ils semblent être pour moi l’une des formes artistiques les plus abordables pour qui souhaite se reconnecter à sa créativité.

Stress et voie spirituelle

Je crois que ce que je trouve le plus difficile à supporter quand je traverse les phases de stress intense que je connais parfois, c’est vraiment le sentiment de séparation avec soi-même et les autres.

Quand je suis stressée, j’ai le cœur qui bat plus vite, je transpire plus facilement, je suis rapidement impatiente et le sommeil devient juste ridicule. Soit je m’endors facilement et après quelques minutes, je me réveille, car je suis envahie par une vague de stress. C’est comme si je sentais le cortisol et l’adrénaline que mes pauvres glandes surrénales injectent dans mon organisme, envahir mon corps. C’est très désagréable. Mon cœur se met à battre encore plus vite, cela me réveille complètement et généralement je ne peux me rendormir au mieux que des heures après, très tard dans la nuit. Ou alors c’est l’opposé, de fatigue, je m’endors et reste endormie quelques heures puis vers 3 ou 4 heures, c’est le réveil en sursaut et les idées qui tournoient dans ma tête que je sens presque prête à exploser.

Quand il faut se lever, c’est l’horreur : l’impression d’avoir passé la nuit dans un avion. Des cernes sous les yeux qui sont gonflés, le teint rougi par l’excès d’hormones de stress (qui sont des inflammatoires notoires), l’impression d’avoir une masse lourde et embrouillée à la place du cerveau. Les idées sont confuses, l’attention en berne, le désintérêt généralisé et la patience à zéro. Comme j’ai la plupart du temps retardé mon réveil, je ne peux pas faire mes pratiques spirituelles habituelles (que j’essaie de faire le soir en rentrant, pour « rattraper », mais évidemment ce n’est pas pareil, avec la fatigue de la journée, etc.) Ce n’est pas pour rien que la tradition suggère qu’elles soient faites le matin, le plus tôt possible, avant que nous ne soyons pris dans le tourbillon des activités de la journée et d’en avoir accumulé la fatigue.

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Sur la voie spirituelle, la détente et la décontraction sont des éléments clés. En effet, comment parvenir à méditer (c’est-à-dire en réalité le plus souvent, juste parvenir à un minimum de concentration) quand on a les idées qui tourbillonnent à en devenir obsessionnelles, quand on pique du nez dès qu’on ferme les paupières, quand on a le corps endolori par excès de tensions et d’acides, etc. C’est la raison pour laquelle de nombreuses traditions insistent sur ce point. C’est comme un préalable. Je ne sais pas si vous avez déjà essayé de méditer quand vous êtes vraiment stressé, mais c’est pour moi complètement impossible. La tension nerveuse empêche le corps de rester immobile et l’esprit est trop embrumé pour se concentrer sur quoi que ce soit. Du coup, au stress vient s’ajouter un sentiment d’échec par rapport à la pratique, qu’il devient impossible de continuer.

En fait, quand je suis dans cet état-là, c’est comme si j’étais en mode survie. Les journées au travail (qui pourtant me plaît), me semblent interminables, je n’attends qu’une chose, c’est de pouvoir rentrer à la maison et m’allonger un peu, histoire d’essayer de passer une soirée à peu près correcte avant une autre nuit a priori difficile. La semaine se traîne en longueur et comme je ne suis pas très productive le soir après le travail, je me retrouve avec plein de corvées une fois le week-end arrivé.

Bref, lorsque je suis en période de stress intense, je perds le contact avec moi-même et en le perdant je deviens moins attentive aux autres. Je me retrouve arcboutée sur moi-même dans une attitude mentale tellement négative qu’il me devient bien impossible de manifester compassion et/ou patience envers autrui. Le pire c’est que je suis sûre que, le stress chronique atteignant partout dans le monde des proportions épidémiques, nous sommes nombreux à passer par ce genre de phases et donc à passer à côté de nous-même et des autres à cause du stress.

C’est la raison pour laquelle il paraît fondamental d’apprendre à faire le tri dans ses priorités pour limiter autant que possible ce stress qui nous rend malades au niveau individuel et au niveau global. Quand on a la sensation d’être en mode survie, il est impossible de mettre l’autre avant nous, ce qui est pourtant prôné par toutes les grandes traditions spirituelles, il devient impossible de manifester spontanément de la bienveillance, de la « loving kindness » comme disent les bouddhistes. Le lien avec soi et donc avec l’autre est perdu. On peine à puiser dans le réservoir d’amour universel qui pourtant sous-tend toute chose. À mon sens, c’est l’une des raisons de la violence croissante de nos sociétés. Comment rester en contact avec l’autre de manière positive quand nous sommes nous-mêmes pris dans la négativité et que nous sommes à bout de nerfs ?

Autour du même thème,

Crise d’angoisse (1) et (2), L’importance de la relaxation et Stress et hatha yoga