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Rester en bonne santé pendant son voyage en Inde

J’ai l’impression que le voyage en Inde est à la mode en ce moment. A mon avis, c’est tant mieux, ce pays a tellement à nous offrir si l’on parvient à dépasser les premières impressions qui peuvent parfois, chez certaines personnes, provoquer un sentiment de rejet. Qu’on y reste une semaine ou 6 mois, voici quelques conseils issus de ma propre expérience, pour rester en bonne santé pendant son voyage (tout en gardant à l’esprit qu’on ne peut pas tout maîtriser…) :

Boissons :

– Si vous n’avez pas grandi dans un pays chaud, il convient d’être particulièrement attentif à l’eau qu’on boit. Ne boire que de l’eau en bouteille, c’est le principe de base. Attention donc aux verres d’eau servis dans les restaurants (même dans les restaurants un peu « chics »), aux glaces (surtout celles vendues dans la rue), aux glaçons, aux jus de fruits, etc. Je recommanderais également d’utiliser de l’eau en bouteille au moment de se brosser les dents. En effet, on ne sait jamais trop d’où vient l’eau qui s’écoule du robinet : elle est parfois stockée sur les toits des bâtiments dans des containers en plastique ou dans des citernes souterraines dont le niveau d’hygiène est sans doute rarement contrôlé… Acheter ses bouteilles dans des endroits propres où elles se sont pas exposées au soleil toute la journée. Si on est en rade au milieu de la pampa, se rabattre sur les sodas (ça a peut-être changé maintenant, mais il y a 10-15 ans, à la campagne dans certaines régions, il était plus facile de trouver des sodas que des bouteilles d’eau…)

– La plupart des eaux en bouteilles ne sont pas des eaux minérales, mais des eaux osmosées. C’est un processus industriel qui rend l’eau propre à la consommation, mais cette eau ne contient pas de minéraux. Du coup, on boit des litres sans avoir l’impression de pouvoir étancher sa soif ; pire, elle nous déminéralise à terme (quand on part pour 3 semaines, ce n’est pas la peine de s’en soucier outre mesure, mais quand on reste 6 mois, ça vaut le coup de faire attention). Afin que cette eau qu’on boit nous hydrate véritablement, on peut ajouter à l’eau d’une bouteille le jus d’1/2 petit citron (« lime », « nimbu »), une pincée de sel et un tout petit peu de jaggery (si l’on en trouve ; c’est du sucre non raffiné). On fabrique ainsi une boisson qui étanchera vraiment notre soif. Pour plus de simplicité et si on ne reste pas longtemps, on peut aussi acheter des sachets d’ »Electral » en pharmacie et verser un peu de cette poudre dans sa bouteille. Ce sont des sels de réhydratation (indispensables en cas de diarrhée) que l’on peut utiliser à petite dose de façon ponctuelle lors d’un cours séjour. Attention, à haute dose, cette poudre peut endommager les reins.

– Pour ceux qui viennent de pays froids, les premiers jours en Inde, surtout dans le Sud, peuvent être difficiles à supporter. Le corps doit s’habituer à la chaleur et il n’est pas rare de faire de l’œdème au niveau des pieds et des chevilles. D’après mon expérience, ce qui est souverain dans ce cas, outre le fait de surélever les pieds au maximum (ce qui n’est pas évident si on enchaîne les visites), c’est de boire au moins une noix de coco fraîche par jour. L’eau de coco est isotonique et hydrate en profondeur. Ça permet de rééquilibrer les minéraux dans le corps. Attention en revanche à prendre la paille soi-même ; elle est souvent dans un sachet suspendu près du tas de noix de coco.

tamilnadu

Alimentation :

– C’est une bonne idée de devenir végétarien quand on voyage en Inde. En effet, même si on ne peut rien garantir, les divers problèmes intestinaux qu’on peut attraper sont généralement moins graves quand il n’y a pas de viande impliquée. C’est pratique, les restaurants végétariens sont très clairement indiqués en façade (« Pure Veg »/« Pure Vegetarian ») et généralement ils ne cuisinent pas les œufs non plus. Une platée de légumes et lentilles avariées aura sans doute moins de conséquences que de la viande avariée.

– Le choix des endroits où se restaurer : c’est la question fondamentale. Autant dans des pays comme la Thaïlande, on n’a pas trop de questions à se poser, autant en Inde, ça vaut le coup de faire attention. Pour règle générale, je me suis fixée d’aller manger là où mangent les Indiens, c’est-à-dire dans des restaurants de gamme moyenne, qui n’ont pas une carte trop étendue et qui ont l’air d’avoir un bon turn-over. C’est le plus important. En effet, dans beaucoup d’endroits, les coupures d’électricité sont encore fréquentes et les règles élémentaires d’hygiènes peu respectées. Du coup, on n’est pas à l’abri de consommer un lassi qui est resté au frigo 48 heures et qui a subi 3 coupures d’électricité. Je parle d’expérience, à chaque fois que j’ai vraiment été malade, c’était dans des restos un peu chics qui utilisaient frigos et congélateurs.

Niveau hygiène, il y a de grandes différences d’un coin à un autre. Le pire, je pense, c’est Bénarès juste avant ou pendant la mousson (quand on passe son temps à glisser sur les bouses de vaches parmi les mouches) ; en gros tout le monde est malade et c’est vraiment un endroit qu’il convient d’éviter. Dans le sud, où il y a moins de vaches en liberté dans les rues, donc moins de bouses, donc moins de mouches (autant dire les choses telles qu’elles sont!), c’est moins problématique mais il faut quand même faire attention.

Autres

– Déshydratation : si on est en Inde pendant la saison chaude (ce qui est un peu tout le temps, notamment dans le Kérala), il faut faire attention à bien s’hydrater et à se protéger du soleil aux heures les plus chaudes. Principes de bases certes, mais sous ces climats une déshydratation est vraiment vite arrivée.

– « Dust infection » (c’est-à-dire les infections de la gorge dues au mélange de poussière et de pollution qu’on trouve beaucoup malheureusement dans les villes). Si l’on sait qu’on va sans doute passer du temps à voyager en bus ou en train sans climatisation, ça vaut peut-être le coup d’apporter avec soi un masque anti-pollution/poussière. Les infections dues à la poussière/pollution sont très pénibles et peuvent vraiment fatiguer. Il m’est arrivé de « cracher mes poumons » avant de devoir avoir recours aux antibiotiques (et ceux distribués en Inde par les médecins allopathiques sont très costaux).

– Penser à se laver les mains dès que c’est possible, le plus souvent possible. Avoir sur soi un gel hydroalcoolique ou un tube de savon liquide (on ne sait jamais quand on va devoir utiliser les toilettes publiques !…) et éviter, autant que possible de se toucher la bouche/le visage/les yeux (les yeux !!) si l’on ne vient pas de se laver les mains. De même, oublier les savons très doux bio qu’on utilise à la maison et opter pour un bon savon antibactérien local pour se savonner entièrement tous les jours. J’ai trop vu de personnes avec des problèmes de peau (boutons, infections, voire pire) pour passer outre.

Si j’ai oublié quelque chose n’hésitez pas à le rajouter dans les commentaires. Bon voyage et profitez bien de ce pays unique !

 

Inde du Sud

Écoles peuplées de singes, moments d’éternité au bord de la rivière ou en regardant le coucher de soleil, temples peints de rayures blanches et rouges, poubelles en forme de lapins ou de pingouins (mais qui a eu cette idée ???), bruit du vent dans les palmes des cocotiers et quiétude des backwaters… Du Kerala au Tamil Nadu, quelques souvenirs de l’ambiance de l’Inde du Sud.

Rencontres inattendues

En voyage, j’adore tomber nez à nez (si je puis dire…!) avec des animaux.

Évidemment, je ne parle pas des bêtes sauvages mais de ces animaux souvent à moitié domestiqués que l’on rencontre en Inde au détour d’une ruelle (ou que l’on croise sur une nationale!!), de ces bandes de singes qui font un raffut de dingue sous les fenêtres et qui viennent nous piquer les bananes ou les mangues que l’on vient tout juste de rapporter du marché, de ces chats qui vous lorgnent d’un air goguenard du haut d’un balcon dans les villages d’Europe, de ces paons bien trop heureux de se faire prendre en photo pour la 523e fois de la journée tellement ils sont fiers de leurs belles couleurs, de ces chameaux qui ont toujours un faux air de Lucky Luke…

Autour du même thème: c’est par ici!

Voyager seule en Inde

Il y a quelques mois j’ai eu l’occasion d’animer un atelier autour du thème « voyager seule en Inde ». C’était à l’occasion d’un forum d’échanges sur le voyage en Inde à destination de ceux qui partaient et de ceux qui revenaient. Vu que c’est la bonne saison pour partir, je me suis dit que j’allais proposer ici quelques conseils à celles qui souhaitent partir dans ce pays fascinant mais épuisant.

Quand on décide de partir seule, je trouve qu’il a quand même quelques trucs à savoir (enfin, que j’aurais bien aimé savoir avant de partir pour 6 mois quand j’avais 25 ans) :

Habillement :

  • Première chose : habillez-vous à l’indienne avec un punjabi/shalwar kameez, c’est-à-dire un ensemble pantalon bouffant, tunique et châle (dupatta). Le châle est très important : il sert à se couvrir la poitrine, mais il peut également servir à se couvrir les cheveux, se protéger du soleil, de la poussière, du froid, de la pluie, etc… En Inde, on n’est correctement habillée que si l’on porte les trois pièces. Ne surtout pas se promener avec un bas de salwar kameez et T-shirt ou jupon de sari et T-shirt : c’est quasiment comme si on se baladait en sous-vêtements chez nous !
  • Il est préférable de les choisir en coton. Dans les villes, on trouve facilement des ensembles de tissus coordonnés à faire couper à sa taille chez le tailleur du coin. Quand on s’habille comme ça, les gens pensent souvent qu’on vit en Inde ou tout au moins qu’on y réside pendant quelque temps, pour des études par exemple. Le fait de porter ces vêtements montre qu’on respecte le pays et ses traditions : les gens seront en général plus respectueux de nous en retour. À part dans les endroits très touristiques type Goa ou à Mumbai, il est très mal vu de se promener avec les épaules nues et les jambes nues. Quand vous choisirez la coupe de votre punjabi, ne pas hésiter à le demander long : les chevilles ne doivent pas être montrées.
  • Si malgré les vêtements indiens, vous continuez à attirer trop d’attention à votre goût (exemple : si vous êtes comme moi blonde aux yeux bleus), n’hésitez pas à vous parer des marques de la femme mariée : bracelets aux deux poignets dans le Nord, collier noir et or dans le Sud, voire marque de kumkum rouge au niveau de la raie des cheveux. Essayer également de s’attacher les cheveux « assez bas » (style queue de cheval basse ou natte pour celles qui ont les cheveux longs). J’ai aussi connu certaines occidentales qui n’ont pas hésité à se teindre les cheveux en noir : je n’ai pas essayé, mais il paraît que ça ne fonctionne pas trop mal.

Logement :

  • Choisir un endroit pour dormir qui est assez sécurisé (porte et fenêtres qui ferment correctement s’il n’y a pas de barreaux) et qui est proche d’un endroit où manger le soir. L’Inde est l’un de ces pays où il est mal vu pour une femme seule de se promener après la tombée de la nuit, c’est-à-dire assez tôt, vers 19 heures. C’est pourquoi il vaut mieux, si l’on n’est pas accompagnée, aller dîner tôt et rentrer tôt (prévoir quelques livres dans son sac). Par ailleurs, il y a souvent des coupures de courant dans certaines villes, qui rendent les rues encore moins sûres la nuit.
  • Ne pas monter dans un taxi ou un rickshaw où se trouvent deux hommes. De même, si le conducteur de taxi ou de rickshaw décide de s’arrêter pour prendre un cousin/ami/frère, demander à descendre.

Dans la rue :

  • Dans la rue, ne pas regarder les hommes dans les yeux. Cela peut être perçu comme une invitation. Ne pas croiser les jambes quand on est assise : seules les femmes de « petite vertu » font cela en Inde. En somme, il convient de faire comme les femmes indiennes qui en général ignorent les hommes. Le truc c’est que lorsque l’on voyage seule, on est beaucoup plus souvent confrontée à des hommes qu’aux femmes qui, dans les villes, travaillent rarement en dehors de la maison. Seule solution : se fier à son instinct et à son intuition. Au moindre malaise, partir. Il y a bien sûr des situations qui donnent l’occasion de belles rencontres et il est très intéressant de voir à quel point on peut devenir le réceptacle de nombreuses confidences quand on reste quelque temps en un seul lieu. La pression sociale est telle dans beaucoup d’endroits que les gens n’ont pas l’occasion de se confier, de peur que leurs dires soient rapidement répétés.
  • Il arrivera sans doute que des hommes (surtout jeunes) vous tendent la main à l’occidentale. À vous de voir si vous y répondez mais il faut savoir que ce n’est pas une marque de respect, au contraire : mieux vaut juste les ignorer ou saluer avec les deux mains jointes, sans contact physique. Les hommes et les femmes, même en couple, ne se touchent pas et ne manifestent pas leur affection en public. Certains demanderont à vous prendre en photo, voire mettrons leur bras autour de vos épaules sans rien vous demander : généralement, je refuse fermement sauf si c’est une famille et que c’est bon enfant (cela arrive souvent sur les sites touristiques ; il n’y aura pas de bras autour de l’épaule dans ce cas-là).
  • Pour les fumeuses, essayer de ne pas fumer dans la rue : c’est très très mal perçu ; les femmes indiennes ne fument pas dans leur très grande majorité.
  • Évitez les grands rassemblements : j’ai eu mes pires expériences pendant la fête de Holi : tout le monde était soul et sous l’emprise de la drogue… du coup, maintenant si je me trouve en Inde à cette période, je ne sors pas.

Dans les trains :

  • Acheter une chaîne pour les longs voyages  : j’avais bien vu que les Indiens attachaient leurs bagages sous les banquettes pendant les longs trajets en train mais au début, j’étais un peu récalcitrante, jusqu’à ce que quelqu’un me dise que c’était préférable. On peut trouver des chaînes dans les gares : pratique quand on a besoin d’aller aux toilettes.
  • Si on décide de faire Delhi-Trivendrum en train (comme je l’ai fait plusieurs fois ; il me semble que ça dure trois jours) ou tout autre très long voyage du Nord au Sud ou dans l’autre sens, c’est pas mal d’avoir un récipient en plastique type bouteille d’eau coupée en deux ou petit broc de plastique, pour pouvoir se laver dans les toilettes. Si on a des tongs en plastique, ce n’est pas difficile de se laver en se versant l’eau sur la tête et ça rend le voyage plus agréable. C’est un des secrets de Indiens qui sortent toujours pimpants de leurs longs trajets.
  • Essayer de se procurer une couchette en haut, une de celles qui ne se replient pas : du coup on peut en profiter pendant toute la durée du voyage pour se reposer ou lire, mais la nuit, c’est aussi plus sûr : j’ai entendu toutes sortes d’histoires de femmes qu’on est venu importuner en pleine nuit.
  • En général dans les trains, j’ai toujours trouvé que le plus simple était au départ de garder une attitude un peu réservée. Souvent vos co-voyageurs seront très intrigués par votre présence et c’est toujours mieux de les laisser s’habituer avant d’entamer la conversation et pourquoi pas, de partager un repas. Notez qu’il est préférable de n’accepter de la nourriture que s’il s’agit d’une famille qui l’a préparée pour elle-même.
  • Dans les trains de banlieue (j’ai testé à Mumbai), ne pas hésiter à prendre le compartiment des femmes. Ils sont bondés mais au moins il n’y aura pas de problème de mains baladeuses et ces compartiments pour femmes sont assez sympathiques. De même, dans beaucoup de gares, il existe une salle d’attente réservée aux femmes, ce qui est plus sûr si on a envie de s’assoupir un peu en attendant le train ou si c’est la nuit. Certaines de ces salles d’attente disposent également de douches et de toilettes.

Tout ceci peut paraître un peu lourd au premier abord mais c’est quand même bien de savoir quelques trucs en dehors des habituels conseils aux voyageurs sur le fait de ne pas de servir de sa main gauche ou de ne pas pointer ses pieds vers autrui ou vers un symbole religieux. Ça dépend des personnes, mais le voyage en Inde peut être très éprouvant quand on est jeune et seule : fiez-vous à votre instinct et n’hésitez pas à faire un bout de voyage avec une autre personne si vous rencontrez quelqu’un de sympa. Sachez pour finir que si vous êtes épuisée et que vous ne savez plus où aller, vous pouvez toujours vous réfugier dans un ashram. Vous y retrouverez des forces et y découvrirez les vrais trésors que l’Inde a à nous offrir, qui proviennent de sa tradition spirituelle. Si vous avez d’autres pistes qui peuvent aider nos voyageuses, n’hésitez pas !