Archives du mot-clé insomnies

Une vie sans vacances

Ou plutôt, une vie sans avoir besoin de prendre des vacances, voilà ce que j’aimerais.

Parce que ça voudrait dire que j’aurais trouvé un équilibre qui me satisfait, un lieu de vie qui me convient, un travail qui ne me prend pas trop de temps et qui me permet de vivre décemment, un rythme qui me permet de souffler quand j’en ressens le besoin, sans jamais ressentir cette urgence que j’ai bien connue à devoir partir au loin pour décompresser, oublier, fuir ? Une vie sous pression qui ne nous laisse pas le temps d’être, de rêver, de se promener, d’évoluer à notre rythme.

J’ai connu des années de vie parisienne intenses et très mondaines, je me rappelle que chaque demi-journée de congé était une fête, un long week-end l’occasion de partir au loin. Je ne pouvais supporter de rester plus de 3 mois sans sortir de la ville, j’avais rapidement l’impression d’étouffer, alors même que ma vie me plaisait comme ça. Tout le monde regardait fébrilement les jours fériés de l’année à venir, comptait les jours jusqu’aux vacances d’été, avait l’impression de faire une faute en prenant un week-end prolongé. C’était la norme. On se sentait sous pression et le café coulait à flot. Mais l’anxiété et le stress aussi, les nuits d’insomnie, les médicaments anxiolytiques échangés entre collègues, les gueules de bois au travail… Tout ça était normal.

cropped-20170421_155415.jpg

Jusqu’à ce que je rencontre lors de mes voyages des personnes qui avaient décidé de quitter cette vie infernale (à leurs yeux) pour prendre leur temps, des étudiants en année de césure, des jeunes diplômés qui avaient décidé de s’accorder un an avant de « s’installer », des personnes en plein questionnement existentiel suite à un burn-out, entre deux boulots ou en pleine reconversion, mais aussi des voyageurs au mode de vie alternatif (6 mois en Asie, 6 mois dans leur pays)…

Et puis l’idée a fait son chemin. Soudain, ma vie ne me plaisait plus comme elle l’était, mon travail avait perdu tout sens à mes yeux, une rupture amoureuse a tout précipité et puis, alors que je séjournais brièvement dans son ashram, j’ai entendu cette parole d’Amma : « Si l’on souhaite vraiment vivre selon les principes spirituels dans sa vie quotidienne, il faudrait vivre un an au moins auprès du maître. » (L’a-t-elle vraiment prononcée ?) Ni une, ni deux, rentrée à Paris, j’ai posé ma démission et 3 mois après je me retrouvais en Inde, sans billet de retour.

Ça fait plus de 10 ans maintenant, et ma vie s’est complètement transformée. Les choses ne se sont pas faites si facilement, mais aujourd’hui j’ai l’impression que je me rapproche de cet idéal et c’est la décision de tout quitter pour suivre cet appel qui a tout changé.

Comment je gère mes angoisses nocturnes

Si vous me suivez depuis quelque temps, vous savez que j’ai un système « nerveux pas très bien accroché » et que j’angoisse pas mal. Nouveau phénomène apparu il y a quelque temps : je n’ai plus d’angoisses pendant le jour, elles se manifestent à présent parfois la nuit : je m’endors assez facilement et puis vers 1h30-2h, je sens mon corps parcouru par l’angoisse et je ne peux plus fermer l’œil.

J’ai établi une petite liste d’outils auxquels j’ai recours dans ces cas-là qui m’aident pas mal ; parfois je n’en utilise qu’un ou deux, parfois j’essaie le tout et je reste quand même éveillée pendant plusieurs heures, mais c’est assez rare.

En premier recours, j’écoute un mp3 d’auto-hypnose pour favoriser le sommeil. J’ai deux ou trois enregistrements de sophrologie/méditation de pleine conscience qu’on m’a passés et qui fonctionnent plutôt bien chez moi, mais après quelques mois d’utilisation, on finit souvent par trop les connaître et dans mon expérience, ça ne fonctionne plus.

Je suis donc allée sur Youtube et c’est là que j’ai découvert les enregistrements d’auto-hypnose de l’anglais Michael Sealey. Au début son phrasé fait un peu bizarre, on a vaguement l’impression sur certaines phrases que c’est un robot qui nous parle, mais je le trouve très efficace. Dès les premières minutes, je sens que mon souffle « descend » dans mon abdomen, me dégageant la tête qui est chez moi toujours prise dans ces moments-là. Ses enregistrements me détendent et m’apportent réconfort et sentiment de sécurité et il y en a tellement que je ne pense pas pouvoir me lasser d’ici peu. A mon avis, vu le nombre de vues qu’il a totalisé, il a sauvé de l’insomnie des milliers de personnes!

Je n’ai parfois malgré tout pas vraiment envie d’écouter une voix et j’expérimente depuis peu avec des musiques au choix angéliques/célestes/cristallines. Celle que j’écoute en ce moment s’appelle, comme beaucoup d’autres, « Angel of love » et quand je l’écoute j’ai vraiment l’impression d’entendre un chœur d’anges dans les cieux qui chantent depuis la source d’amour inconditionnel qui est, selon les maîtres spirituels, notre vraie nature. Oui, rien que ça. Cette musique me transporte dans un autre monde.

Skimmia

Je ne sais plus exactement le lien exact de cette musique sur Youtube, mais de toute façon ça vaut le coup d’en écouter plusieurs du même type pour trouver celle qui nous fera planer, ou rire, c’est selon. Ce genre de musique est créé sur une certaine fréquence hertzienne, 432 hz, qui harmonise le chakra du cœur et qui est très guérissante. Je sais que chez moi qui suis très sensible à la musique, comme beaucoup, cette écoute est vraiment bénéfique, surtout si je pratique en même temps des affirmations de gratitude pour l’abondance dans laquelle je vis (après tout, j’ai un toit au-dessus de ma tête, un mari, un travail, la santé, etc. ce qui n’est pas le lot de tous les êtres humains à l’heure actuelle).

Outre les enregistrements d’auto-hypnose et la musique angélique, j’ai également recours aux huiles essentielles, comme je l’ai mentionné dans mon article ici. Une goutte d’HE d’encens, de lavande ou de camomille sur la plante des pieds, voire au niveau du plexus solaire avec une petite séance d’EFT ou un massage du cuir chevelu avec quelques profondes respirations, ça fonctionne aussi.

En dernier recours, et je sais que c’est la technique sans doute la plus utilisée, je me lève complètement, vais chercher un yaourt (nature, car le sucre est un stimulant) dans le frigo et m’installe dans le canapé du salon avec un livre très lénifiant. L’idée c’est de faire descendre l’énergie stockée dans le haut du corps, vers le bas, de se rafraîchir l’esprit et de calmer le mental. Il y a plus glam’, mais ça aide parfois, même si c’est la solution que j’aime le moins.

Et vous quelles sont vos techniques en attendant de trouver l’équilibre émotionnel et psychique qui nous assurera de bonnes nuits tous les soirs ?? N’hésitez pas à partager dans ce monde d’insomniaques…

Crise d’angoisse (1)

Lundi dernier suite à un deuil dans la famille et à un gros choc émotionnel, j’ai senti mon corps entier entrer en surrégime : cœur qui bat trop vite et trop fort, suées, douleurs irradiantes dans la poitrine, sensation d’oppression au niveau du plexus solaire, tête cotonneuse avec impossibilité de se concentrer, sommeil interrompu, sensation de mort imminente, surtout en pleine nuit entre 3 et 5 heures du matin, et ce, pendant plusieurs jours.

 J’ai connu bien des moments de stress au cours des deux dernières décennies mais je dois dire que là, je me suis affolée, l’inquiétude était si forte que le lendemain je suis allée dans une pharmacie-herboristerie afin de leur demander conseil. Après récitation des symptômes, elle m’a dit « mais vous êtes en train de faire une crise d’angoisse !! ».

 Aussi fou que cela puisse paraître, je n’y avait même pas pensé. J’ai toujours su que j’avais un niveau de tolérance au stress bien inférieur à la plupart de mon entourage et mes connaissances : un oral m’empêche de dormir pendant des semaines avant, un vol en avion me met dans tous mes états et pourtant j’adore voyager, passer un coup de fil ou même en recevoir fait s’accélérer mon rythme cardiaque… pour ne citer que quelques exemples, mais je n’avais jamais pensé que j’étais en réalité sujette aux crises d’angoisse.

 Quand je repense à certains épisodes du passé, c’est pourtant bien de cela qu’il s’agissait. Je suis ressortie de la pharmacie avec des compléments alimentaires censer protéger le corps des attaques de l’adrénaline pompée en excès dans ses organes, mais ceux-ci ne m’ont pas aidée à maîtriser l’angoisse.

 Au cours de cette semaine, j’ai pourtant essayé toutes les méthodes qui généralement parviennent à me calmer en quelques heures : bains chauds avec bicarbonate et huile de lavande, yoga, marches dans la nature, vélo élyptique, bonne séance de lecture, abrutissage télévisuel devant un énième épisode de Maison à vendre ou Recherche maison ou appartement (je ne sais pas pourquoi, je ne m’en lasse jamais), massages, EFT (« Emotional freedom technique » qui est très très efficace pour peu qu’on sache bien s’y prendre*), longues conversations visant à déconstruire les émotions, chants dévotionels, méditation… Rien à faire.

 Cette fois, j’avais dépassé une limite et mon corps en surchauffe ne pouvait plus rien supporter. L’impression d’oppression dans la poitrine et les douleurs associées (qui donnent l’impression qu’on est en train d’avoir une attaque cardiaque doublée d’un début de cancer du sein) ont été présentes à divers degrés toute la semaine et mon esprit en alerte constante m’a rendu insupportable la moindre contrainte ou le moindre projet. Le corps entraînant le mental et le mental entraînant le corps dans une ronde infernale, j’ai été incapable de gérer la situation moi-même.

 Heureusement que dès la semaine dernière j’avais pris rendez-vous avec un acupuncteur que j’ai donc vu hier matin. Je ne sais pas si vous êtes déjà allés en voir un, mais c’est pour moi une des solutions naturelles les plus radicales pour stopper une crise d’angoisse. Je suis arrivée à pied, essoufflée après 10 minutes de marche comme si je venais de gravir une montagne, la poitrine dans un étau, de beaux cernes violets sous les yeux, la tête prête à exploser ; je suis sortie de la séance le pas léger, la poitrine presque totalement libérée, capable même de courir après le bus qui menaçait de me passer sous le nez. Le sommeil est revenu, la clarté mentale également, la crise est passée.

 Plus d’infos sur l’EFT, cette technique gratuite et facile à apprendre qui fonctionne très bien en cas d’émotions intenses, de stress post-traumatique, etc :

http://www.eftuniverse.com/ (site de base avec plein de langues disponibles)

http://www.technique-eft.com/

http://www.guerir-eft.com/

http://www.eftunivers.com/

le yoga ayurvédique

Hier soir, j’ai été tester un cours de yoga près de chez moi. Une belle salle, un vrai studio de yoga avec tous les « props » qu’on peut imaginer (bolsters, chaises, briques, sangles, cordes aux murs, etc.) pour pouvoir entrer dans toutes les poses souhaitées. Je n’aurais pas crû trouver un endroit si bien équipé dans ma petite ville. La prof était très compétente, sa voix douce et posée, ses explications nettes et précises… mais c’était du yoga Iyengar.

Alors, loin de moi de critiquer cette forme de yoga que j’ai découverte il y a quelques années en Inde en suivant les cours d’une américaine qui avait étudié plus de 20 ans avec « Guruji » à Poona. A l’époque, ce fut une révélation. J’avais pratiqué du yoga Kundalini dans la tradition de Yogi Bhajan, du yoga Shivananda au centre parisien, tâter de quelques autres traditions sans noms à l’occasion de mes recherches de cours au début de mois de septembre de chaque année, mais je n’avais jamais rien trouvé qui me parle vraiment. J’ai tout de suite aimé la précision des poses, l’importance donnée à l’alignement dans chacune d’elle, la structure et l’importance d’engager le corps complètement dans chaque pose, de la plante des pieds au bout des doigts. Je n’avais jamais trop apprécié de voir des profs accepter tout et n’importe quoi en cours, sous prétexte qu’il fallait juste « sentir » les choses. On peut se faire mal en faisant du yoga ! On peut faire de façon incorrecte Trikonasana (le triangle) pendant 20 ans et finir avec une prothèse de la hanche. J’ai donc trouvé que tout cela était très juste et je me suis mise aux cours avec ardeur.

Quelle n’a pas été ma déconvenue quand une année plus tard, je me suis retrouvée à vivre dans un climat de désert d’altitude et que d’un seul coup, mon corps disait non. J’étais desséchée, raide, j’avais beaucoup de tension partout dans les muscles et ma pratique quotidienne du yoga ne m’aidait en rien. Plus ça allait, plus j’étais mal. Parallèlement, je suivais des cours de « yoga ayurvédique », un yoga tout en souplesse qui s’adapte parfaitement à la constitution de chacun.

Si nous avons trop d’air (et donc de sécheresse dans le corps), il faut rajouter de la terre et de l’eau dans nos poses ; si nous avons trop de feu, il convient également de rajouter de d’eau pour refroidir un peu des choses et leur apporter plus de souplesse. C’est en suivant ces cours que je me suis rendu compte à quel point le yoga Iyengar était très chauffant : on passe son temps à relever le menton, relever le sternum, lever les yeux vers le ciel, etc. La façon d’entrer dans les poses est également un peu raide. On reçoit énormément d’instructions concernant la façon de positionner le corps mais finalement peu de préparation pour assouplir les tissus avant les postures. Soudain, ce qui m’avait soutenu sous les tropiques du Sud de l’Inde me rigidifiait et ne me convenait plus du tout. J’avais souvent des maux de tête ; l’énergie, au lieu de se redistribuer harmonieusement dans le corps, montait trop et me causait des insomnies.

Dans le yoga ayurvédique, on place beaucoup d’importance sur cette préparation. Les poses sont organisées en séquences qui permettent au corps de se préparer à y rester ; il y a beaucoup de « mouvements de vagues », de micromouvements qui permettent de déloger les cristallisations, les tensions, les nœuds dans corps. J’ai découvert un type de yoga rempli de compassion qui part vraiment de la personne pour aller vers la pose et non de la pose pour aller vers la personne. Dans le même temps, l’alignement et les enseignements du yoga Iyengar ne sont pas oubliés, mais ils servent de base solide, de fondement stable aux poses. C’est une merveilleuse école pour apprendre à mieux connaître son corps, à mieux se connaître soi.