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Posts Tagged ‘spiritualité’

« Une chenille abîmée ne peut pas devenir un beau papillon », nous disent les maîtres spirituels.

Sur le chemin spirituel de la tradition que je suis, il s’agit de détruire l’ego afin que notre vraie nature de pure existence-conscience-béatitude (satchidananda) soit révélée, mais avant de détruire l’ego il semble bien que nous devions d’abord avoir un ego bien construit et sain.

En effet, comment survivre aux rigueurs de la voie spirituelle si nous sommes constamment assaillis par le souvenir de traumas anciens, si nous vivons constamment cachés derrière les systèmes de défense que nous avons érigés au fil des années? Comment rester ouvert aux enseignements et au changement quand on reste malgré nous arqueboutés dans notre souffrance?

La voie spirituelle requiert un esprit d’ouverture qui recherche et accepte la transformation de soi-même; pour qu’elle porte ses fruits, il est nécessaire de rester poreux tout en conservant son discernement. C’est une école du détachement.

Il arrive souvent que nos expériences de vie nous laissent cadenassés en nous-même. Nous ne pouvons pas nous déployer comme un grand arbre qui puise dans l’énergie de la voie pour se déployer ensuite et donner ombre, fruits et bois aux autres. Nous restons recroquevillés en nous-même, nous regardant de l’extérieur, le mental perturbé par des jugements négatifs, du dégoût ou du dépit envers nous-mêmes et donc envers les autres.

Bien sûr, cette attitude peut ne s’exercer que pour certains aspects de notre personnalité, mais il arrive que nous croisions des personnes qui soient tellement en souffrance qu’on ne voit pas comment elles pourraient parvenir à s’ouvrir d’elles-mêmes.

C’est là qu’il est important, je trouve, de prendre ses responsabilités et de se mettre en quête d’une personne qui pourra nous aider. Bien sûr, il faut d’abord avoir pris conscience de nos blocages et surtout être arrivé au point où on se dit : « Ce n’est plus possible, je ne peux continuer comme ça! » Cette phase est essentielle pour qu’un vrai travail puisse débuter.

Il ne suffit généralement pas que l’incitation vienne de l’extérieur, il faut que ça vienne de nous-même. Les autres peuvent nous aider, nous accompagner, nous inspirer, mais ultimement, c’est à nous de faire le travail et nous sommes, tous, seuls sur le chemin vers l’éveil même s’il est important de prendre conscience que nous sommes tous soutenus par les maîtres, bien que ce soit de façon subtile pour la très grande majorité d’entre nous.

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J’ai une conscience de plus en plus aiguë de l’impermanence. Tout est en constant changement/mouvement/flux. Un jour on se sent en forme dès le matin, le lendemain on n’arrive pas à émerger; un jour on est en très bonne santé, le lendemain le dermato nous apprend qu’on a un cancer de la peau (je me permets de prendre cet exemple, car c’est ce qui m’est arrivé plus tôt cette année, au visage); un jour le pays est en paix, le lendemain il pleure ses morts; un jour notre vie est paisible, le lendemain notre compagnon nous annonce qu’il nous quitte… Cette impermanence est la seule « constante » qui existe.

Cette idée est chère aux bouddhistes et aux hindouistes et nous incite à cultiver le détachement, par rapport aux événements mais également par rapport à nos propres pensées. Notre mental est comparé dans la tradition indienne à un jeune singe qui constamment saute d’arbre en arbre – certains ajoutent qu’il est même saoul!. Les maîtres spirituels nous le disent à leur tour: si notre mental pouvait se voir attribuer des « miles », il serait au top du statut des frequent flyers!

En un instant, on peut passer d’un souvenir de notre enfance à une rêverie sur le futur, de New Delhi à Albuquerque, d’une angoisse soudaine par rapport à un coup de fil pro délicat à un sentiment de légèreté en pensant au vaste univers dans lequel est suspendue notre petite Terre…

Comment, dans ces conditions, réussir à maintenir notre équilibre, notre centre? Pour certains personnes, il s’agira de penser à sa famille, d’autres se concentrent sur leur travail, d’autres encore se donnent à fond dans un sport ou une association caritative. De mon côté, ce qui m’apporte équilibre et force, c’est la spiritualité. C’est quelque chose qui ne pourra jamais m’être enlevé par les circonstances extérieures. C’est un aspect de ma vie qui est le plus souvent inconnu des personnes que je côtoie dans ma vie quotidienne, mais qui m’apporte une stabilité qui est apparemment de plus en plus visible.

Il a quelques années j’avais des périodes où je me sentais déconnectée de ma spiritualité et ces moments étaient toujours difficiles. Aujourd’hui, grâce à mes pratiques spirituelles quotidiennes, des réunions mensuelles qui se déroulent à la maison où nous méditons en groupe, des lectures, des séjours réguliers dans des centres spirituels, je parviens à maintenir ouvert ce canal qui me nourrit, me soutient et me fait avancer.

Mes grands-parents polonais catholiques, qui étaient très pratiquants tout en étant dans l’ouverture et l’accueil de l’autre, sont aujourd’hui pour moi des exemples et je regrette de n’avoir pas pu plus échanger avec eux quand ils étaient encore en vie. Je me suis embarquée sur un autre chemin, mais nous aurions eu sans doute beaucoup à échanger. Une médium m’a dit un jour qu’elle voyait à mes côtés une figure grand-maternelle. Je n’ai aucun doute que ce soit ma grand-mère qui m’accompagne encore aujourd’hui…

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Toujours isolée dans la même ville mais revenant d’un week-end passé en Allemagne auprès d’Amma, je tombe sur la phrase suivante :

« Vivre au milieu de gens qui n’ont aucun intérêt pour la spiritualité est une des souffrances les plus vives pour un être spirituel. » Causeries à l’ashram, tome 3, Swami Paramatmananda.

C’est bizarre, j’ai lu beaucoup de livres sur les enseignements d’Amma, mais je ne me rappelai pas avoir lu cette phrase. Quelle souffrance d’aspirer à connaître le soi, à se libérer et d’être entouré de personnes qui ne vivent ne connaissent rien de la spiritualité. Pour eux, aucune notion du soi, du karma, du samsara, de maya, du karma yoga, du bhakti yoga, aucune connaissance des grands saints de ce monde (Amma, Ma Anandamayi, Yogananda, Saint François d’Assise… pour ne citer qu’eux), aucune idée qu’il est même possible de se libérer des illusions dans lesquelles nous sommes enfermés depuis la naissance, que c’est même, et tous les grands maîtres l’ont dit, le but ultime de la vie humaine. Les aspirations et les cadres de références que nous avons sont tellement décalés de ceux de la majeure partie de personnes que nous côtoyons que nous nous sentons seuls et pouvons parfois nous retrouver totalement déconnectés de notre chemin, ce qui entraîne une grande souffrance.

Alors que nous sommes constamment en recherche autour de ces questions, que nous avons une pratique spirituelle, que nous nous efforçons chaque jour de nous améliorer, nous nous trouvons isolés dans le monde. Quels sont les héros en France ? les footballeurs (bien que la dérive de leur comportement ces dernières années entame un peu leur aura), les stars des jeux de télé-réalité, certaines acteurs et autres « artistes » torturés qui ne nous donnent à voir que leur négativité et leur souffrance. Les personnes gentilles, généreuses, ouvertes et vertueuses sont totalement absentes de ce tableau. Pire, elles sont souvent raillées.

Nous vivons dans une société sans vrais modèles positifs. Ca peut paraître moralisateur comme discours, mais je remarque de plus en plus le vide existentiel dans lequel sont plongées de nombreuses personnes dans cette société matérialiste parce que, justement, il leur manque des références spirituelles. C’est surtout très apparent au moment d’aborder la vieillesse quand les questionnements existentiels surgissent, une fois le tourbillon de la vie active passé : qu’ai-je fait de ma vie ? qu’est-ce que j’ai appris ? qu’y a-t-il après la mort ? comment accepter l’affaiblissement du corps ? ce sont des vraies questions auxquelles on ne peut répondre véritablement que par le prisme spirituel. En fait, je ne sais même pas comment on peut vivre si l’on ne croit en rien : comment comprendre ce qui nous arrive ? quel sens donner à la souffrance que nous ressentons souvent ? comment rester enthousiaste quand la vie paraît parfois si insatisfaisante alors que nous avons « tout » ? plus largement, quel est le sens de l’existence humaine sur Terre, dans la voie lactée…

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Ayant emménagé dans une maison il n’y a pas longtemps, je passe un temps fou à lire des blogs de déco, regarder des émissions de déco, lire des magazines de déco ; tout ça au lieu de faire plus de yoga comme j’en avais eu l’intention. Mais chaque chose en son temps.

C’est notre première maison et j’ai envie qu’elle soit belle, non pas pour en mettre plein la vue aux amis et visiteurs mais parce que je trouve qu’il est vraiment important de s’entourer de beauté.

L’ayurveda accorde une très grande importance au fait qu’il soit nécessaire de choisir ce qu’on absorbe par les sens. Il est évident que 80% du temps, on ne choisit pas : les bruits de la rue, la pollution, la vue d’actes d’incivilité ou de violence sont notre lot quotidien. Mais on peut essayer d’agir sur les 20% restant.

 

L’endroit où l’on vit, même si on l’a choisi par défaut, doit être le plus agréable possible. Il y a quelques années, tout çà n’avait aucune importance pour moi, mon lit était un matelas au sol, ma table une boite en carton avec un top de réfrigérateur dessus, je n’avais pas de rideaux et mes habits pendaient à une tringle noire dans un coin de la pièce. Je pensais que ce lieu serait transitoire. J’y suis resté 4 ans et demi et ce n’est qu’au bout de 4 années que j’ai décidé d’acheter des rideaux. C’est bête à dire mais ils m’ont fait changer de perspective sur les choses. Pourtant c’était de pauvres rideaux de rien du tout achetés quelques euros, mais ils rendaient le studio tellement plus agréable et chaleureux !

La beauté est bien entendu subjective et elle peut prendre des formes bien différentes selon les goûts personnels de chacun. Pour moi, la beauté d’un lieu passe par son dépouillement ou alors pas son côté « horizons lointains » (murs en tadelakt, enduits, couleurs chaudes, plantes, objets venus d’ailleurs, beaux tissus…)

En fait, je veux être « élevée » quand je rentre à la maison ; je souhaite que la vibration de la maison soit positive et me soutienne quand je la regagne. L’énergie ambiante du monde est tellement lourde : il y a partout tant de violence, tant de bassesse, tant de dépression. J’aspire à y échapper et à me recréer un univers qui m’inspire. Dans la pièce que je réserve à la méditation et au yoga (oui, c’est un luxe), il n’y a que des objets choisis pour leur vibration : pierres qui viennent des sources du Gange, photos de maîtres spirituels, représentations de la vierge provenant de ma grand-mère, plantes, livres de spiritualité, etc. Tout a une vibration et j’ai choisi de n’introduire dans cette pièce que des objets qui vibrent à une fréquence élevée. Les textes disent tous qu’il est important de méditer au même endroit chaque jour, que l’énergie accumulée par la pratique régulière en transformera l’énergie, créant ainsi une atmosphère propice à la méditation. C’est donc un cercle vertueux qui se met en place : la maison devient un mini-ashram dans la ville qui nous rappelle à chaque fois que nous en franchissons le seuil aux choses essentielles, à la spiritualité.

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