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Shavasana de luxe

L’autre jour, sur un coup de tête (de gondole), j’ai acheté un coussinet pour les yeux. La première fois que j’en ai utilisé un c’était il y a plus d’une décennie. Nous étions à la fin de notre séance de yoga, tout juste installé.e.s dans la posture souvent tant attendue de Shavasana quand la prof est venue déposer sur notre visage une sorte de coussin rectangulaire un peu lourd qui nous bloquait la lumière. Apparemment ça devait nous aider à nous relaxer encore plus profondément. Sur le moment j’ai été surprise par la lourdeur du coussin et je n’ai pas trop aimé l’expérience. Il faut dire qu’on ne m’avait pas demandé mon avis et que je ne savais pas d’où sortait cet objet…

Bref, pendant des années, je suis restée étendue en Shavasana à la fin de ma séance de yoga sans rien me mettre sur les yeux. J’avais eu une mauvaise expérience relative aux yeux il y a des années quand une personne avait essayé de me démaquiller en m’appuyant sur les globes oculaires. J’en avait gardé comme un petit traumatisme, aggravé par la lecture des risques potentiels entraînés par un excès de pression sur les yeux.

Jusqu’à tout récemment donc. Après une bonne séance au milieu de l’après-midi, j’attrape le nouveau venu et me le met sur les yeux. Tout de suite, réaction d’inquiétude. Je trouve encore que celui-ci est trop lourd. Peut-être est-ce dû à ma physionomie? Ou est-ce que c’est normal et souhaitable? J’ai lu depuis qu’il existe un réflexe oculo-cardiaque, également appelé réflexe Aschner-Dagnini qui est connu depuis plus d’un siècle et qui d’une certaine façon valide le fait de se placer un masque un peu lourd sur les yeux : la pression sur les globes oculaires entraîne un ralentissement de la fréquence cardiaque et donc une détente naturelle. Il est important que cette pression soit légère et donc que le coussin ne soit pas trop lourd.

Comme je n’étais pas trop sûre de moi niveau pression, j’ai décidé après quelques instants de le mettre sur le front, au plus près des sourcils et ça m’a fait un effet incroyable. Je ne sais pas si c’était le doux parfum de lavande ou justement le poids de l’objet, mais j’ai ressenti un relâchement profond, comme si une vague de relaxation partait du 3e œil vers toutes les parties de mon corps. Comme des ondes de lumière blanche qui se sont rapidement diffusées… C’est ainsi que, même si ce n’est pas recommandé car ce n’est pas le but de cette posture, je me suis endormie immédiatement d’un doux sommeil restauratif. Il est connu que les massages craniaux ou même juste l’imposition des mains sur le front entraînent la production d’ocytocine dans le corps et donc sa relaxation. C’est souvent ce que font les mères avec leur enfant malade. C’est un geste naturel qui a de nombreux bénéfices.

J’ai vu que ce qu’on appelle “coussinet pour les yeux”, “sac à yeux” (mon appellation préférée), “coussin de relaxation pour les yeux” ou “masque de relaxation oculaire” peut être en soie ou en coton, et rempli de graines de lin, de divers noyaux ou même de petites pierres semi-précieuses polies. A chacun.e de choisir en fonction de son intuition et… de sa bourse car bien entendu, il est tout à fait possible de s’en confectionner un maison

Bonne relaxation !

Juste un petit mot d’attention en plus: on lit parfois qu’il est possible de faire chauffer ces coussinets pour renforcer la détente oculaire. Ce n’est vraiment pas conseillé! Les yeux sont le siège d’Alochaka Pitta, le principe du feu (avec un peu d’eau) en ayurveda et ceux-ci sont justement souvent surchauffés à la suite de longues heures passées sur nos écrans. Mieux vaut ne pas rajouter de chaleur à l’excès de chaleur. Il est possible en revanche de refroidir le coussinet pour plus de détente sans problème… ou de se pschitter un peu d’eau florale de bleuet sur les paupières (c’est très efficace contre la fatigue oculaire!).

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Rester assis en soi

Je ne sais pas si c’est l’âge ou quoi, mais de plus en plus, j’ai besoin d’une pause. Pas d’une pause clope, café ou télé. Non, juste une pause sans rien faire, le temps de sentir la vie circuler en moi, le temps de sentir battre mon cœur, l’inspir et l’expir, la densité du corps et en même temps sa lumière.

Vaguement allongée sur le canapé, recouverte d’un châle en laine pour me garder au chaud, je prends maintenant régulièrement le temps de ne rien faire pendant 10-20 minutes, dans le silence. Sans être véritablement de la méditation, c’est un temps de reconnexion, d’assise en soi-même qui permet de se reconnecter à soi en dehors des obligations sociales, familiales, professionnelles, qui permet de mieux se connaître, de se recentrer, sans aucun but véritable, sans productivité.

Claudia Welch, dont j’ai beaucoup parlé par ici et par sur ce blog nous disait qu’elle voyait, en consultation et lors des stages qu’elle anime, un nombre incalculable de femmes qui étaient incapables de s’arrêter, de se retrouver avec elles-mêmes, en elles-mêmes, même pour quelques instants. Comme si elles étaient constamment sous l’œil d’une caméra qui les filmait et qui enregistrait toutes leurs actions.

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Incapables de s’asseoir un instant sans prendre le tel, un livre, la tablette ou une revue. Comme si on devait constamment rendre des comptes (… à qui?), être productif (… dans quel but?) Tout cela traduit malheureusement à mes yeux une incapacité à rester en soi-même, avec soi-même, à être à l’aise avec qui l’on est. L’attention constamment captée par les objets des sens, on passe ainsi à côté de soi tout en ayant eu l’impression de remplir sa vie.

C’est l’un des spectres de l’horreur personnels, cette idée qu’il est possible de passer à côté de soi, de son incarnation, de cette « précieuse vie humaine » comme disent les bouddhistes et les hindous. On voit tellement de personnes distraites, qui oublient leurs affaires partout, qui se cognent aux objets, qui renversent leur tasse trois fois par jour (j’exagère à peine), qui constamment passent du coq à l’âne… Prenons-nous assez le temps de rester assis en nous-mêmes, de ralentir pour sentir la vie en nous, le palpitement de nos cellules et la joie dans nos cœurs ? Si nous ne nourrissons pas en nous cette capacité, comment ferons-nous le jour où nous serons malade, affaibli.e, très âgé.e ?

Je sais malgré tout que les difficultés rencontrées par beaucoup sont dues au fait qu’elles ne sont pas en amitié avec elles-mêmes, avec leur histoire de vie, leur part d’ombre, que les possibles traumas subits dans le passé n’ont pas été purifiés. C’est pourquoi il me semble si important de commencer un travail sur soi-même. C’est finalement ce qui nous est demandé dans cette vie, de surmonter les difficultés, d’avancer, pour pouvoir être bien avec soi-même pour être bien avec les autres… avant d’approfondir encore pour pouvoir enfin aller à la rencontre du Soi… mais c’est là une toute autre histoire.

Hobbies minimalistes/slow-life

Alors que l’époque érige en sources d’inspirations des activités toujours plus chères, extravagantes, lointaines, génératrices de sensations fortes, un courant de simplicité et de sobriété émerge doucement dans le même temps. Il n’est pas trop relayé par les médias conventionnels (financés par de grandes groupes qui ont besoin de vendre leurs produits), mais la vague zéro déchet, minimalisme, yoga, végé/véganisme, etc. semble être en train de devenir de plus en plus puissante.

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Pour ma part, c’est celle-ci qui m’inspire et je me rends compte que mon mode de vie s’inscrit de plus en plus dans cette dynamique. Voici une petite liste pêle-mêle de hobbies slow-life que j’affectionne tout particulièrement :

– jardinage : dans son salon avec ses plantes vertes, sur son rebord de fenêtre ou balcon, dans son jardin ou celui d’un autre (de nombreuses communes ont mis en place des partenariat entre personnes qui ne peuvent plus s’occuper de leur jardin et jardiniers en mal de terre à gratter), sur une petite parcelle prêtée par la mairie… voire au pied des arbres dans les espaces publics. Le jardinage est une activité très peu coûteuse et qui apporte un nombre incalculable de bénéfices en termes de réduction du stress, bien-être spirituel, satisfaction personnelle, impact écologique (vive la permaculture et autres méthodes alternatives!). Jamais je n’aurais pensé que notre petit jardin de ville nous donnerait autant de joie. A voir le nombre d’abeilles qui y butinent, d’escargots qui s’y régalent et d’oiseaux qui s’y réfugient, il sert de havre de paix pour beaucoup de petites créatures…

– lecture : à mes yeux, la lecture est un luxe inouï. Elle offre découverte, dépaysement, apprentissage, sérénité, émerveillement à très peux de frais… Quand je vois la profusion offerte par nos maisons d’éditions, librairies, médiathèques et autres bibliothèques associatives, je me dis que nous avons beaucoup de chance dans notre pays. A chacun de mes déplacements, je prends presque plus de temps à choisir quels livres je vais emporter qu’à faire tout le reste de ma valise. La plupart du temps je ne les ouvrirai même pas, tellement occupée à crapahuter, mais c’est plus fort que moi. J’ai horreur de la sensation de n’avoir rien à lire sous la main.

– dessin/peinture : depuis quelques temps j’ai repris mes pinceaux délaissés depuis trop longtemps et à la faveur d’une belle boite de crayons de couleurs reçue en cadeau, la magie du mandala s’est emparée de moi. Dès que j’ai une belle plage de 2 ou 3 heures libre (surtout l’hiver), je m’y mets et le voyage coloré commence…

– marche/vélo : aujourd’hui certaines associations proposent des vélos d’occasion à très bas prix ; la marche est gratuite et on n’a pas besoin d’équipement. Depuis que j’ai vu des indiens grimper dans l’Himalaya vers la source du Gange pieds nus ou chaussés de socques en bois, je me dis que ces histoires de vêtements techniques, chaussures adaptées, tout cet appareillage dont je vois parfois les sportifs harnachés, sont plutôt l’effet d’un marketing habile que d’une véritable nécessité. A nous les randos à 15 minutes de la maison !

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– prendre des photos et s’amuser à les bidouiller avec des filtres : aujourd’hui nous sommes nombreux à avoir un smartphone. Il y a près un peu plus d’un an, j’ai récupéré un ancien téléphone de mon père qui est véritable geek à 75 ans. Auparavant, je n’avais pas pas de connexion internet sur mon portable et je dois dire que celle-ci m’a ouvert de nouvelles perspectives instagramées (même si j’aurais beaucoup à dire sur ce réseau) pour les photos que je m’amuse à prendre depuis des années. Pour les filtres j’utilise des applis gratuites comme Snapseed.

– musique/chant : je suis une mauvaise musicienne mais j’aime chanter. Après le coût initial de l’achat de l’instrument (qui peut souvent être trouvé d’occasion), la pratique vocale et/ou d’un instrument est gratuite et fait tellement de bien ! Pour ma part, je m’escrime seule plusieurs fois par semaine depuis des années sur mon harmonium. J’arrive à présent à m’accompagner au chant et j’adore chanter des chants dévotionnels indiens (et oui!). Leurs vibrations sanskrites sont vraiment bienfaisantes… C’est à chaque fois un moment tellement régénérant.

– yoga : j’ai eu la chance de pouvoir prendre des cours à droits à gauche pendant pas mal de temps, mais je ne suis plus régulièrement aucun cours depuis une dizaine d’année. Aujourd’hui, avec toutes les vidéos qui circulent sur internet, les yoga challenges en tout genre et autres comptes IG, il est facile de s’initier à cette pratique seul chez soi et gratuitement. Attention tout de même à commencer doucement et à bien écouter son corps. La posture émerge du corps, elle ne doit pas être imposée au corps par la volonté. Au fil de ma pratique, j’ai bien acquis quelques accessoires, mais on n’a vraiment besoin de rien pour en faire. A la limite le tapis du salon ou la descente de lit est suffisante ! La encore, voici une pratique bien réconfortante qui permet de se déstresser, de quitter les tourments du mental pour revenir dans son corps et de se délester au passage de nombre de scories émotionnelles.

Rien de bien extravagant en somme mais toutes ces activités quasiment gratuites et tellement nourrissantes, chacune à leur manière, sont pour moi ce qui me permet de cultiver un sentiment de gratitude pour une vie riche et pleinement vécue. Je serais heureuse que vous partagiez ici ce qui vous nourrit au quotidien à peu de frais.

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Coup de mou et exigence spirituelle

Hier soir j’ai encore une fois été victime des tours de passe-passe de mon mental et j’ai replongé dans une anxiété profonde. Ça ne m’étais pas arrivé depuis des mois et je me disais innocemment depuis quelques semaines que « j’avais franchi un cap », que je m’étais « enfin libérée de certaines problématiques »… Que nenni.

Nuit d’insomnie avec réveils multiples et variés dont un vers 3h en sursaut (heure bien connue des insomniaques) et un autre en sueur. Douleur au milieu de la poitrine qui ne s’est estompée que dans la matinée, dont je sens qu’elle pourrait resurgir à tout instant. Je garde la tête lourde et l’esprit un peu brouillé.

Contrairement à ce qui s’est passé lors d’autres épisodes du même type, je suis malgré tout parvenue cette fois à ne pas m’identifier complètement avec mon mental. Je savais qu’il me jouait des tours, qu’il était parti en toupie tout seul à partir d’une courte petite phrase lue dans un message envoyé par un proche.

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Ce qui se passait dans mon esprit était en contradiction totale avec ma situation réelle : en bonne santé et au chaud sous la couette à côté de mon mari, un frigo et un compte en banque garni, protégée par une maison dans un pays en paix.

C’est bien le principe de l’anxiété : c’est une déconnexion totale du réel. L’imagination n’est plus maîtrisée, on se fait des films. Je me répétais « reste dans le moment présent, reste dans le moment présent… tu es en sécurité, tout va bien, etc. » Malheureusement, ça ne m’a pas beaucoup aidée. Je n’avais aucun contrôle sur mes pensées, la douleur dans la poitrine commençait à m’angoisser elle aussi, tous les projets sympas des prochaines semaines semblaient lourds de mauvais présages et au lieu de ressentir de l’enthousiasme en y pensant, je ne pouvais m’empêcher de vouloir tout annuler.

En plus de cette situation déjà pas terrible en soi, je voyais bien qu’une partie de moi même jugeait celle qui paniquait. « Ma pauvre, comment tu peux encore en être là ? » Après toutes ces années de recherche personnelle, de méditation, de séjours en ashrams et de retraites en silence, de yoga et d’ayurveda ? C’était vraiment comme dans les petites scénettes jouées par Isabelle Padovani (allez sur sa chaîne sur YT, c’est une personne géniale !) quand elle montre comment les différentes parties de nous-mêmes peuvent parfois se juger et se taper dessus au lieu de s’écouter. Je trouve cette idée d’écouter et de respecter ces différentes parties de nous-mêmes fondamentale.

J’ai remarqué chez moi et chez d’autres personnes qui sont « sur la voie spirituelle » qu’on a tendance parfois à se juger très durement en cas de « (re)chute » supposée, de coup de mou, de moments de dépression. On est pas à la hauteur de notre idéal spirituel (et fantasmé).

Comme hier soir, il m’arrive de presque plus souffrir du fait que j’en sois « encore là » que de l’anxiété elle-même. A une situation difficile, due à des failles intérieures (comme nous en avons tou.te.s) non encore complètement guéries, je surajoute mon implacable exigence de « disciple ». Une attitude qui me semblerait plus mature et plus juste serait celle qui consisterait à vraiment accueillir et écouter cette partie de moi qui a peur, qui s’engouffre dans le tunnel de l’angoisse, et d’essayer d’entendre ce qu’elle a à me dire, ce qu’elle peut me révéler de mes fonctionnements. C’est une attitude qui à mes yeux rejoint celle de l’écoute de l’enfant intérieur telle qu’exposée par Thích Nhất Hạnh avec sa douceur habituelle. Cette attitude présuppose l’acceptation de là où en en est, présuppose la compassion envers soi-même. C’est Arnaud Desjardins qui le dit souvent dans les Chemins de la sagesse que je suis en train de relire : accepter d’être là où nous sommes et commencer par là. Ce n’est qu’à cette condition que nous pouvons aller à la racine de notre fonctionnement et le voir vraiment. En le voyant vraiment pour ce qu’il est, s’en libérer. La prochaine fois peut-être 😉 ?

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– histoires de crises d’angoisse : ici et
– des remèdes, qui fonctionnent quand ils veulent bien ici
– et le stress ??