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J’avoue que j’ai un petit faible pour toutes les émissions populaires liées à la décoration, à l’immobilier, à l’architecture. Depuis quelque temps, je ne rate pas un épisode de « Maison à vendre », « Recherche maison ou appartement », « Ma maison est la plus originale »… C’est mon petit plaisir télévisuel secret.
L’autre jour, je regardais un épisode de « Ma maison est la plus originale » dans le Grand Ouest. Je n’ai pas été étonnée quand c’est la longère bretonne vitrée qui a été retenue, mais la maison dont je me souviens vraiment et celle pour laquelle j’ai vraiment eu un coup de coeur, c’est la kerterre du Finistère.
Petite maison ronde à mi-chemin entre l’igloo et la maison des Hobbits, fabriquée en glaise, c’est vraiment elle finalement qui me fait envie.
Contrairement à sa propriétaire qui l’a construite de ses mains en utilisant la glaise de la marre d’à côté et de la paille, je ne pourrais pas y vivre à l’année (j’ai une phobie incurable des araignées et je pense que l’hiver pluvieux breton me rendrait misérable sans un peu plus de confort), mais je ne serais pas contre y passer quelque temps au cœur de l’été. Plusieurs fois en Inde, il m’a été donné de dormir dans des maisons sans eau ni électricité, avec juste un lit sur le sol en terre battue et une moustiquaire. La « douche » se prenait au seau avec l’eau de la rivière. Alors évidemment, je n’ai pas connu ça pendant les pluies diluviennes de la mousson ou dans le froid de l’hiver, mais ce que j’aime, c’est l’impression d’être entourée par la terre, d’être protégée de l’extérieur tout en étant entourée des éléments naturels. Pas d’isolation artificielle, de fenêtres PVC, de réseau électrique et Wifi, de moquettes ou de papier vinyle sur les murs, rien que de la terre, de la pierre, de la paille, du bois et du verre.
Le sol de la kerterre de l’émission était recouvert d’herbes sèches. Des cristaux avaient été posés ici ou là, le couchage sommaire était à même le sol, les vêtements rangés derrière des tentures, un poil à bois et un petit réchaud pour la cuisine, voilà tout ce que cette maison contenait. La porte d’entrée était orientée plein est pour recueillir les rayons du soleil levant et leur prana, un skylight avait été installé dans le toit pour recevoir les rayons de midi.
En fait, c’est vraiment d’un retour à une vie simple dont je rêve avec ces kerterres. Une vie au contact des éléments, dépouillée de l’inutile ; une vie remplie de méditation, de lectures, de chants, de rencontres, de jardinage, loin des bruits et de la pollution de la ville. En bonne occidentale que je suis, j’en rêve, mais malheureusement je m’en sais incapable pour plus d’une ou deux semaines…
J’ai trouvé le site de la personne qui a construit cette kerterre et qui est intervenue dans l’émission :
vacancesaulogis.wordpress.com
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Ma mère m’a eue quand elle avait 38 ans, ce qui, il y a quasiment 36 ans, était tard. Du coup, elle est à présent une vieille femme, bipolaire qui plus est, depuis maintenant plus de 20 ans. 20 ans de hauts et de bas, de tentatives de suicides et de phases d’exaltation pendant lesquelles elle ne parle que de voyages, de déménagements tout en faisant des achats exorbitants et en agressant les gens, surtout dans les commerces. Je sais que je ne suis pas la seule à avoir une mère bipolaire, mais ça n’empêche pas que c’est presque de plus en plus difficile à vivre, car elle voit ses vieux jours approcher, qu’elle est seule, qu’elle ne sera pas grand-mère et qu’elle n’a qu’une fille. Ma mère est du style à lire Télérama, à aller au cinéma, au théâtre, à fumer et à insister pour avoir son petit porto tous les jours. En gros, tout mon contraire. C’est pour elle très difficile de se sentir si différente d’une fille qui ne jure que par le bio, l’Inde, la spiritualité, le yoga, etc. Tout ça lui est tellement étranger qu’il est impossible pour nous d’avoir une conversation de cœur à cœur. Elle ne me comprend pas, alors que je connais son mode de vie, ce fut le mien, et c’est celui de beaucoup de personnes. Ce qui me touche le plus, c’est que je la vois avancer en âge sans jamais, semble-t-il, se poser de questions, ces fameuses questions existentielles qui nous font souvent sourire quand nous sommes jeunes : pourquoi sommes-nous ici ? Qu’est-ce que la mort ? Quel est le sens de la vie ?
Elle souffre tellement dans ses phases négatives que son mental est comme anesthésié et quand elle est en phase maniaque, elle se croit la maîtresse du monde, tout le monde est trop lent, trop chiant à son goût. Jamais elle ne semble se poser de questions de cet ordre et pourtant elles sont fondamentales. La seule certitude en ce bas monde est que notre corps physique va mourir et qu’avant cela, nous allons être confrontés à la vieillesse (enfin, pour la majorité d’entre nous). Pourquoi refuser d’aborder ces sujets maintenant qu’il est encore temps d’adopter une perspective plus sereine. Pourquoi faire l’autruche un jour et paniquer le lendemain face à ce constat ? Je vois ma mère qui est stressée et angoissée dans sa vieillesse. Elle est comme beaucoup qui on rejeté la spiritualité avec la religion il y a des décennies, pour trouver quoi à la place ? L’angoisse existentielle que nous avons tous. Aucun repère, aucun cadre de référence universel dans lequel replacer son expérience personnelle. Quel désespoir ! C’est vraiment attristant de la voir dans cet état de détresse psychologique et émotionnelle, qui est malheureusement partagé par beaucoup de personnes âgées en Occident.
Pour moi qui a eu la chance de rencontrer Amma lors d’un voyage en Inde quand j’avais 25 ans, je sais que mes vieux jours seront un temps d’intériorité de plus en plus intense. C’est un temps qui représente pour moi une occasion unique de se tourner enfin vers l’essentiel. On a moins de désirs mondains, on a plus de temps (parfois beaucoup plus d’ailleurs et presque trop) et si on a gardé assez de santé mentale et physique, je ne vois pas ce qu’il reste à faire si ce n’est en profiter pour enfin se consacrer à notre vie spirituelle, quelle que soit la voie que nous choisissions.
C’est d’ailleurs ce qui est envisagé dans les troisième et quatrième étapes de la vie selon la tradition de l’Inde ancienne : après le brahmacharya (période uniquement consacrée à l’étude sous la direction d’un maître) vient le gârhasthya (vie de famille, qui se termine quand les enfants sont mariés) puis le vânaprastha (c’est la troisième étape, qui correspond souvent chez nous à la soixantaine, consacrée aux pratiques spirituelles) et enfin, la dernière le sannyâsa, qui correspond au renoncement total, possiblement accompagné de la dissolution des liens du mariage, les deux ex-époux poursuivant leur cheminement spirituel à leur guise.
Alors évidemment, on est bien loin du modèle occidental qui prône la jeunesse à tout prix, la consommation, la sur-activité à tous les âges de la vie sans jamais réserver un instant à l’exploration intérieure qui est pourtant gage des plus belles découvertes, mais il me semble important de ne pas sous-estimer cette période de la vieillesse qui peut être l’occasion d’un véritable lâcher-prise et offrir de merveilleuses découvertes intérieures.
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Ce n’est pas mon habitude de parler de l’actualité sur ce blog, mais là, impossible de ne pas partager mon sentiment…
Alors ça y est, l’Allemagne a décidé « a dit oui » à l’exploitation du gaz de schiste « sous conditions ». J’ai jamais trop bien compris ce que ça voulait dire, « sous conditions » : soit on le fait, soit on ne le fait pas.
Quand on sait les ravages du ce mode d’extraction fait aux États-Unis où il existe des milliers de puits : pollution des nappes phréatiques (on se souvient du documentaire Gas Land dans lequel l’eau du robinet prenait feu à l’approche d’un briquet), consommation importante d’eau, utilisation massive de produits polluants dont on ne sait que faire par la suite, mini-tremblements de terre qui peuvent être ressentis par les riverains et la nature environnante, augmentation des cancers aux abords des puits, artificialisation des sols, etc.
Ce qui me fait froid dans le dos quand on parle de fracture hydraulique, c’est que j’ai l’impression que c’est un viol de la Terre. On fracture ce qui n’avait jamais été destiné à l’être de façon ultra-agressive à mes yeux. Tout ça va se retourner contre-nous. Nous sommes un écosystème global très fragile que nous soumettons et exploitons sans retenue.
Alors évidemment, on me dira que c’est une alternative aux usines à charbon qui ont repris de plus belle en Allemagne suite à leur décision de sortir du nucléaire. Soit, mais ce n’est pas une alternative heureuse. 26 ans de consommation énergétique couvertes selon les estimations. Et après ? Quand l’eau et les sols auront été pollués, la Terre meurtrie, que ferons-nous ? C’est un débat très difficile et les solutions proposées par nos gouvernements sont toutes insatisfaisantes. On parle de réduction de la consommation énergétique depuis 1975. Où en-est-on vraiment ? Avec la population qui augmente en France comme au niveau mondial, l’exploitation toujours plus profonde des ressources de la Terre ne peut que continuer, sauf si le monde décide de prendre l’autre chemin de la décroissance, mais qui en a vraiment envie ? Qui comprend vraiment à quel point nous vivons au-dessus de nos moyens ? A quoi sert-il d’essayer de vivre sobrement quand nos sociétés sont mues par la quête du profit ? En même temps, tout notre modèle sociétal est basé sur la nécessité de la croissance économique, alors comment faire ???
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