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Remèdes exotiques

Depuis quelques années, on assiste à un engouement de plus en plus prononcé pour les compléments alimentaires. Non seulement on se jette sur les gélules d’oméga 3 (à juste titre d’ailleurs, tellement les oméga 3 sont fondamentaux au bon fonctionnement de l’organisme) à base de krill, de cerveau de saumon sauvage, de foie de requin ou autre… mais on explore de plus en plus souvent les territoires jusqu’alors inconnus de la phyto exotique: poudre d’ashwaganda, baies de goji,  guggul…

Se pose-t-on assez la question de savoir comment et où ces substances ont été récoltées?

En effet, quand on avale sa gélule, qu’on mange son miel australien ou qu’on boit sa potion à bases de plantes de l’Amazonie, on ne garde souvent à l’esprit que ses propriétés, souvent présentées comme « remarquables » par le naturopathe, l’amie ou la publicité qui nous a poussé à les acheter. Nous pensons rarement aux conditions de production de ces produits (parfois en Inde les plantes sont récoltées aux abords pollués des routes..;) et surtout on se demande rarement si telle ou telle plante n’est pas surexploitée dans son pays. Je pense notamment à quelques plantes indiennes utilisées en ayurveda qui sont maintenant de plus en plus difficiles à trouver, non seulement à l’étranger mais en Inde également. Or c’est bien là le drame, ces plantes que nous « essayons » ici sont vitales pour les gens là-bas.

L’ayurveda, comme beaucoup de systèmes de médecine traditionnels est la médecine du pauvre en Inde: les consultations sont beaucoup moins chères, les examens beaucoup plus rapides et moins invasifs, les médicaments à base de plantes, souvent encore fabriqués par le médecin lui-même avec l’aide de quelques personnes de sa famille ou de son entourage qui l’aident à aller récolter les plantes, sont peu chers, voire même encore parfois échangés par le patient contre quelques denrées alimentaires.

Quelques fabricants occidentaux comme Banyan Botanicals ou Pukka Herbs ont pris conscience du problème et proposent à présent des poudres de plantes issues de leurs propres plantations biologiques développées en Inde avec les populations locales… L’Ayurvedic Institute qui vend beaucoup de plantes ayurvédiques aux États-Unis essaie également de faire prendre conscience aux acheteurs de ces problématiques qui ne seraient pas si dramatiques si la majorité de ces plantes servaient véritablement à soigner les personnes qui les achètent et non pas à garnir leur armoire à pharmacie en attendant que la date limite d’utilisation soit dépassée.

Car c’est souvent la triste réalité, les plantes et remèdes traditionnels que nous achetons sont en occident rarement pris durant toute la durée du traitement. Dans les pays dont sont issus ces systèmes, le patient repart généralement avec la dose exacte correspondante à la durée de son traitement, mais chez nous, nous achetons des boites de gélules ou de poudre de plante standardisées et il est bien rare que nous les terminions. Je connais malheureusement peu de personnes qui sont capables de maintenir leur traitement au long court et celui-ci s’arrête souvent sans qu’on s’en rende compte parce qu’on a oublié de prendre nos gélules une fois, puis deux, puis quelques jours de suite…

Ces produits fragiles souvent finissent par s’éventer et perdre leurs essences actives, les huiles finissent par rancir… et tout ça, alors que nous aurions pu trouver un traitement naturel qui vient de nos pays. Si on se base sur l’énergétique des plantes, on sait que les plantes qui nous conviennent le mieux sont celles qui poussent dans la région dans laquelle nous avons grandit. Elles auront poussé dans le même climat, auront poussé dans une nature de sol qui nous est familière. Alors avant d’aller chercher des solutions exotiques à certains de nos maux, pourquoi ne pas d’abord commencer par essayer de trouver des solutions locales?

Et puis essayons de développer de la gratitude pour cette nature si généreuse qui pourvoit à tous nos besoins et que pourtant, nous détruisons de plus en plus rapidement au fil des années.

Ouvrir le quotidien

Je suis dans le train. J’imagine la vie de ma voisine ou de mon voisin (c’est une projection totale, je ne sais rien d’eux) : elle se lève grâce à son radio-réveil branché sur France-Info, avale son café, toujours en écoutant les infos à la radio, puis saute dans le métro ou le RER pour se rendre à son travail devant ordinateur dans une tour climatisée. Pendant son trajet, si elle a eu la chance d’avoir une place assise, elle lit des romans peuplés d’histoires de sérial killer et de crimes irrésolus sur fond de misère psychologique.

Elle ne ressort de sa tour que plusieurs heures plus tard, vers 18 heures (elle n’a pas besoin de sortir pour déjeuner car la cantine se trouve au rez-de-chaussée du bâtiment), une heure plus tard, elle est de retour à la maison et doit s’occuper de ses enfants si elle en a (devoirs, bain, dîner, coucher, etc) et de la gestion du quotidien, souvent seule.

Le journal télévisé est en fond sonore, elle et son mari/ami/compagnon/ compagne ou pas échangent quelques mots sur la journée de travail et leur(s) enfant(s) avant de se mettre dans le canapé pour regarder une de ces magnifiques séries américaines qui passent maintenant en prime-time et qui sont interdites aux moins de 10 ans tellement elles sont peuplées de joliesses. Puis ce sera une courte nuit à cause des soucis divers et variés qui animent notre sort d’êtres humains évoluant dans le samsara.

Dans cette journée imaginaire qui se répète parfois pendant des années, à l’exception de la potentielle parenthèse salutaire des vacances (si tant est qu’il y en ait), où se trouve le moment où ma voisine se ressource, où elle accumule de l’énergie positive ? A quel moment autorise-t-elle son âme à se nourrir de choses positives, confinée qu’elle est dans une vie quotidienne qui ne lui laisse pas d’espace ?

Essayons d’ouvrir un peu sa journée pour que son âme puisse respirer  : elle se lève, met une musique douce ou qui la dynamise doucement, elle boit son thé/infusion en s’asseyant quelques minutes seule ou accompagnée en fonction des horaires de la maisonnée (surtout pas de radio avec les infos à cette heure matinale : on aura bien le temps de les entendre le soir, ou de les lire sur internet ou dans les journaux un peu plus tard si on en a l’envie), puis saute dans le métro ou le RER pour se rendre à son travail devant ordinateur dans une tour climatisée. Pendant son trajet, si elle a eu la chance d’avoir une place assise, elle lit de ouvrages spirituels ou de développement personnel ou sur quelque autre sujet que ce soit qui attire son intérêt ; si elle ne lit pas, elle peut continuer à écouter un peu de musique sympathique ou même, soyons fous, méditer quelques instants (et oui, c’est possible, même dans la foule !). Si elle le peut, elle décide se s’arrêter une station avant afin de pouvoir marcher quelques minutes dans l’air frais du matin avant d’attaquer la journée de travail.

A midi, après le déjeuner, elle sort un quart d’heure s’aérer (oui, même dans des quartiers d’affaires comme à la Défense c’est possible!) et ce, par tous les temps ; car le corps a besoin de s’exposer aux éléments et aux saisons qui se succèdent. Il a besoin de s’exposer à la lumière naturelle chaque jour, c’est très important pour l’équilibre hormonal. Elle aura aussi discrètement pratiqué le « palming » afin de se reposer les yeux à intervalle régulier. De retour à la maison en fin de journée, elle doit s’occuper de ses enfants si elle en a (devoirs, bain, dîner, coucher, etc).

La télé est éteinte, les nouvelles ont été entendues par d’autres canaux. Elle et son mari/ami/compagnon/ compagne ou pas échangent quelques mots sur la journée de travail et leur(s) enfant(s) avant de se mettre dans le canapé pour regarder un documentaire ou un film à énergie positive (comédie, films de « bons sentiments ») qu’ils auront choisi et enregistré au préalable parce que malheureusement, il ne passe que rarement ce genre de programme à l’heure qui les arrange. Avant le coucher, elle/ils/elles a établi un rituel, une sorte de petite routine qui lui permet de se mettre au lit sereine. Une petite goute d’huile essentielle de lavande fine près l’oreiller plus tard, c’est une bonne nuit qui l’attend, même si elle a des soucis divers et variés qui animent son sort d’être humain évoluant dans le samsara.

On ne sent pas compte à quel point les choix que nous faisons nous sont parfois défavorables. Comment espérer se sentir mieux quand tout ce à quoi nous nous exposons est négatif. Nous sommes beaucoup plus influençables que nous le pensons généralement. Aussi, efforçons-nous de modifier certaines choses dans notre vie quotidienne pour limiter notre exposition à la négativité ambiante. Choisissons à la place de nourrir notre âme et être ainsi plus détendus, pour nous-mêmes et pour autrui.

Autour du même thème: "Entrer en connexion avec les plantes et les arbres", "Quelques habitudes ayurvédiques", "Les habits noirs…", "S’entourer de la beauté", "Survivre à la vie au bureau"


									

Cosmétiques

J’ai décidé aujourd’hui de parler de certains produits que les femmes utilisent fréquemment : déodorants, parfums, vernis à ongles… On ne parle pas trop en France des dangers potentiels de certains d’entre eux, surtout parce que l’industrie des cosmétiques est dans notre pays « un poids lourds de l’économie » comme on dit, mais je me dis qu’un jour, il va bien apparaître que certaines de ces trucs ne sont pas géniaux pour notre santé, surtout si on les combine, comme beaucoup, avec tabagisme, alcool, mode de vie stressant, pollution, etc…

- Parfums : on ne sait pas ce que contiennent exactement les parfums que nous portons et les fabricants n’ont pas obligation d’indiquer les ingrédients clairement. Le mot fragrance qu’on peut lire sous les flacons peut cacher des centaines d’ingrédients différents. On a toutes le nom de quelques parfums qui nous écœurent, nous font éternuer ou qui nous donnent mal à la tête… c’est bien que ces petites fioles ne contiennent pas que de l’eau de rose. On crie au scandale en ce qui concerne les désodorisants d’intérieur artificiels qui seraient potentiellement cancérigènes par inhalation, mais on ne pense pas souvent à nos parfums cosmétiques. D’ailleurs, où les vaporise-t-on souvent ? Sur le cou et le décolleté, soit quand même un peu trop près de la poitrine à mon sens pour que ce ne soit pas anodin. Imaginez des années de vaporisation quotidienne de parfum sur une surface qui est quand même assez réduite. C’est juste une intuition et je n’ai jamais rien trouvé à ce sujet sur internet mais à mon avis, ce ne peut pas être bon à long terme.

Du coup, j’ai décidé il y a des années de ne jamais vaporiser de parfum directement sur ma peau. Non seulement c’est photosensibilisant (bonjour les taches brunes plus tard!) mais tout ce qui est mis sur la peau sera à terme absorbé par celle-ci qui est quand même notre plus grand organe, puis filtré par le foie (encore faut-il que ce dernier soit en bonne santé, plus dans un prochain post sur ce sujet). Aussi, je prends garde à ne pas le respirer à plein poumons quand je le vaporise, quand les particules sont toujours à l’état liquide. C’est en effet à ce moment là qu’elle peuvent de fixer sur les cloisons nasales et se rapprocher du cerveau.

Du coup, qui dit parfum sur les vêtements dit parfum de la lessive pas trop prononcé (les lessives bio que j’utilise ne sentent pas fort du tout) afin de ne pas mélanger les odeurs. Dommage de porter un parfum qu’on adore et d’en voir la senteur se mélanger à celle du Skip.

- Vernis à ongles : ahh, les vernis à ongles ! Depuis quelques années, c’est la folie, pas « un blog de fille » qui n’en parle pas, avec photo des doigts vernis autour du flacon pour bien montrer le rendu. De mon côté, j’ai toujours aimé porter du vernis, mais ça sent tellement fort et c’est tellement chimique qu’à part sur les orteils pendant les mois d’été, je n’en mets que très rarement sur les mains. Apparemment, il existe aujourd’hui des marques de vernis à ongle à base d’eau*; je ne sais pas s’ils sont dispos en France. Je n’ai pas testé pour le moment… En attendant, il me semble préférable d’essayer d’appliquer le vernis le matin, toutes fenêtres ouvertes, plutôt qu’en fin de journée. Pourquoi ? Et bien parce que souvent, on a les mains proches du visage quand on dort et qu’on a ainsi beaucoup plus de chances de passer la nuit à sentir les vapeurs de notre vernis chéri, ce qui, je pense, n’est pas très bon pour la santé. Aussi, essayer de choisir un dissolvant sans acétone, et le moins chimique possible, ce qui est très difficile. On sent certains dissolvants sur les doigts quasiment des heures après qu’on les a utilisés, est-ce souhaitable ? Évidemment, je ne parle pas ici des vernis à base de résine et autres coquetteries que je ne connais pas personnellement.

- Laque : je ne sais pas si beaucoup de personnes aujourd’hui utilisent encore de la laque, surtout chez les jeunes générations, mais alors là, s’il y a bien quelque chose qui est pas terrible pour nos poumons, c’est bien ce type de produit. Ne peut-on pas s’en passer, tout simplement ?

- Déodorants : les anti-transpirants (24, 48 voire 72h!!!) sont maintenant suspectés d’avoir un lien avec les cancers du sein, à cause de l’aluminium qu’ils contiennent. Voici une idée qui n’est pas évidente dans nos pays, tellement on a été conditionnés depuis l’adolescence : l’être humain n’est pas sensé sentir mauvais. Si on a une alimentation saine et une vie régulière, il n’y a pas de raison de se barbouiller de déo chaque jour. C’est un fait que j’ai tout simplement abandonné le déo il y a quelques années. Ma mère n’en a jamais porté, ma belle-mère non plus et je n’en ressens pas le besoin, si ce n’est très occasionnellement si je suis très stressée par un rendez-vous ou un oral à passer.

Si on a la sensation de sentir fort tous les jours, même par temps normal, il faut se pencher sur un possible déséquilibre hormonal, le stress, les vêtements trop serrés et composés de matières synthétiques qui ne laissent pas assez passer l’air, voire examiner son alimentation pour voir si on ne gagnerait pas à faire une petite diète d’une journée tous les 7 à 15 jours, histoire de s’alléger un peu le foie.

- Colorations pour les cheveux… et oui, je sais, quand on a les cheveux foncés et qu’on a des cheveux blancs qui apparaissent, c’est quasiment impossible à contourner, mais de grâce, essayer de choisir des colorations plus naturelles en magasin bio et à défaut, celles à base d’huile sans ammoniaque de la grande distribution. Quand on pense qu’on se fait finalement un cataplasme chimique une fois par mois pour éviter les racines sur le crâne, tout près de notre cerveau, on peut se demander si c’est bien raisonnable… Pour celles qui ont les cheveux plus clairs, résistez aux tentations de méchage et autres balayages chez le coiffeur pour essayer le jus de citron et la camomille au soleil.

Le corps humain est très sensible. On ne peut pas l’exposer pendant des décennies à des produits chimiques chaque jour sans penser qu’il y aura peut-être des conséquences, surtout qu’on a pas souvent le loisir aujourd’hui, dans nos sociétés, d’avoir le mode de vie qui pourrait contrebalancer toutes ces attaques. Qui a la possibilité de faire du sport dans la nature chaque jour, de manger bio, de s’installer au grand air, de se détendre en faisant sa petite séance de yoga quotidienne pour se ressourcer, etc… et puis il y a des paramètres sur lesquels il est difficile d’agir : le stress des transports, la pollution… alors autant agir sur ce que l’on peut modifier et limiter notre exposition aux produits chimiques qui nous entourent, en faisant peut-être le choix d’en abandonner certains qui ne sont pas indispensables ou de choisir des alternatives plus naturelles.

* http://suncoatproducts.com/

http://www.honeybeegardens.com/natural-cosmetics/products/npwcne.html

http://scotchnaturals.com/

Autour du même thème: "Agression chimique"

Crise d’angoisse (2)

Si vous hésitez sur le fait d’aller voir un acupuncteur parce que vous avez peur des aiguilles (comme c’était mon cas, évidemment!), sachez que la mise en place des aiguilles ne fait absolument pas mal dans la très grande majorité des cas et que vous n’avez pas besoin de le/la regarder faire.

 Bon, dans certains cas rares, il arrive de ressentir une douleur très vive lors de la mise en place d’une aiguille, je ne sais pas vraiment à quoi c’est dû, mais ceci cesse dès qu’elle est retirée et le praticien s’en rend compte immédiatement. Les aiguilles sont à usage unique.

 Ce qui est bien quand on va voir un acupuncteur, c’est qu’on a vraiment l’impression d’être entendu(e). La médecine traditionnelle chinoise comme l’ayurveda et tous les systèmes de médecine traditionnels considèrent l’individu dans sa globalité et son unicité. Alors il est certain que vous aurez peut-être des questions farfelues de la part de votre praticien auxquelles il vous faudra répondre : hier j’ai dû dire quelle était ma saison et ma couleur préférée, quel était mon goût préféré, si j’avais tendance à me tordre les chevilles en marchant, si j’avais parfois froid aux genoux, etc… Toutes les réponses que nous donnons lui fournissent des indications précieuses sur notre nature profonde. Il faut compter 1h à 1h30 pour une première consultation.

 Quand on se balade sur les sites qui traitent des crises d’angoisse, on se rend bien compte du gouffre qui sépare la médecine conventionnelle des pratiques alternatives traditionnelles. Je suis sûre que si j’étais allée voir un médecin classique, il/elle m’aurait dit « C’est l’angoisse/c’est l’anxiété » et prescrit des anxiolytiques, lesquels, on le sait bien, créent une dépendance assez rapidement et ont une influence sur le cerveau qu’il est assez difficile de maîtriser (de plus en plus d’articles sur le net font part d’une corrélation entre prise d’anxiolytiques et d’antidépresseurs avec l’apparition de troubles bipolaires)…

 Le mécanisme à l’origine des symptômes qui surviennent lors d’une crise d’angoisse sont assez bien décrits ici et ce site m’a pas mal aidée :

 http://guerir-l-angoisse-et-la-depression.fr/ce-n-est-que-de-l-anxiete/

http://guerir-l-angoisse-et-la-depression.fr/explication-des-symptomes-de-la-crise-de-panique/

 Évidemment si vous tapez « crise d’angoisse » dans votre moteur de recherche, vous vous rendrez compte qu’elles touchent un nombre incalculable de personnes…. malheureusement.

Crise d’angoisse (1)

Lundi dernier suite à un deuil dans la famille et à un gros choc émotionnel, j’ai senti mon corps entier entrer en surrégime : cœur qui bat trop vite et trop fort, suées, douleurs irradiantes dans la poitrine, sensation d’oppression au niveau du plexus solaire, tête cotonneuse avec impossibilité de se concentrer, sommeil interrompu, sensation de mort imminente, surtout en pleine nuit entre 3 et 5 heures du matin, et ce, pendant plusieurs jours.

 J’ai connu bien des moments de stress au cours des deux dernières décennies mais je dois dire que là, je me suis affolée, l’inquiétude était si forte que le lendemain je suis allée dans une pharmacie-herboristerie afin de leur demander conseil. Après récitation des symptômes, elle m’a dit « mais vous êtes en train de faire une crise d’angoisse !! ».

 Aussi fou que cela puisse paraître, je n’y avait même pas pensé. J’ai toujours su que j’avais un niveau de tolérance au stress bien inférieur à la plupart de mon entourage et mes connaissances : un oral m’empêche de dormir pendant des semaines avant, un vol en avion me met dans tous mes états et pourtant j’adore voyager, passer un coup de fil ou même en recevoir fait s’accélérer mon rythme cardiaque… pour ne citer que quelques exemples, mais je n’avais jamais pensé que j’étais en réalité sujette aux crises d’angoisse.

 Quand je repense à certains épisodes du passé, c’est pourtant bien de cela qu’il s’agissait. Je suis ressortie de la pharmacie avec des compléments alimentaires censer protéger le corps des attaques de l’adrénaline pompée en excès dans ses organes, mais ceux-ci ne m’ont pas aidée à maîtriser l’angoisse.

 Au cours de cette semaine, j’ai pourtant essayé toutes les méthodes qui généralement parviennent à me calmer en quelques heures : bains chauds avec bicarbonate et huile de lavande, yoga, marches dans la nature, vélo élyptique, bonne séance de lecture, abrutissage télévisuel devant un énième épisode de Maison à vendre ou Recherche maison ou appartement (je ne sais pas pourquoi, je ne m’en lasse jamais), massages, EFT (« Emotional freedom technique » qui est très très efficace pour peu qu’on sache bien s’y prendre*), longues conversations visant à déconstruire les émotions, chants dévotionels, méditation… Rien à faire.

 Cette fois, j’avais dépassé une limite et mon corps en surchauffe ne pouvait plus rien supporter. L’impression d’oppression dans la poitrine et les douleurs associées (qui donnent l’impression qu’on est en train d’avoir une attaque cardiaque doublée d’un début de cancer du sein) ont été présentes à divers degrés toute la semaine et mon esprit en alerte constante m’a rendu insupportable la moindre contrainte ou le moindre projet. Le corps entraînant le mental et le mental entraînant le corps dans une ronde infernale, j’ai été incapable de gérer la situation moi-même.

 Heureusement que dès la semaine dernière j’avais pris rendez-vous avec un acupuncteur que j’ai donc vu hier matin. Je ne sais pas si vous êtes déjà allés en voir un, mais c’est pour moi une des solutions naturelles les plus radicales pour stopper une crise d’angoisse. Je suis arrivée à pied, essoufflée après 10 minutes de marche comme si je venais de gravir une montagne, la poitrine dans un étau, de beaux cernes violets sous les yeux, la tête prête à exploser ; je suis sortie de la séance le pas léger, la poitrine presque totalement libérée, capable même de courir après le bus qui menaçait de me passer sous le nez. Le sommeil est revenu, la clarté mentale également, la crise est passée.

 Plus d’infos sur l’EFT, cette technique gratuite et facile à apprendre qui fonctionne très bien en cas d’émotions intenses, de stress post-traumatique, etc :

http://www.eftuniverse.com/ (site de base avec plein de langues disponibles)

http://www.technique-eft.com/

http://www.guerir-eft.com/

http://www.eftunivers.com/

Voyager seule en Inde

Il y a quelques mois j’ai eu l’occasion d’animer un atelier autour du thème « voyager seule en Inde ». C’était à l’occasion d’un forum d’échanges sur le voyage en Inde à destination de ceux qui partaient et de ceux qui revenaient. Vu que c’est la bonne saison pour partir, je me suis dit que j’allais proposer ici quelques conseils à celles qui souhaitent partir dans ce pays fascinant mais épuisant.

Quand on décide de partir seule, je trouve qu’il a quand même quelques trucs à savoir (enfin, que j’aurais bien aimé savoir avant de partir pour 6 mois quand j’avais 25 ans) :

Habillement :

  • Première chose : habillez-vous à l’indienne avec un punjabi/shalwar kameez, c’est-à-dire un ensemble pantalon bouffant, tunique et châle (dupatta). Le châle est très important : il sert à se couvrir la poitrine, mais il peut également servir à se couvrir les cheveux, se protéger du soleil, de la poussière, du froid, de la pluie, etc… En Inde, on n’est correctement habillée que si l’on porte les trois pièces. Ne surtout pas se promener avec un bas de salwar kameez et T-shirt ou jupon de sari et T-shirt : c’est quasiment comme si on se baladait en sous-vêtements chez nous !
  • Il est préférable de les choisir en coton. Dans les villes, on trouve facilement des ensembles de tissus coordonnés à faire couper à sa taille chez le tailleur du coin. Quand on s’habille comme ça, les gens pensent souvent qu’on vit en Inde ou tout au moins qu’on y réside pendant quelque temps, pour des études par exemple. Le fait de porter ces vêtements montre qu’on respecte le pays et ses traditions : les gens seront en général plus respectueux de nous en retour. À part dans les endroits très touristiques type Goa ou à Mumbai, il est très mal vu de se promener avec les épaules nues et les jambes nues. Quand vous choisirez la coupe de votre punjabi, ne pas hésiter à le demander long : les chevilles ne doivent pas être montrées.
  • Si malgré les vêtements indiens, vous continuez à attirer trop d’attention à votre goût (exemple : si vous êtes comme moi blonde aux yeux bleus), n’hésitez pas à vous parer des marques de la femme mariée : bracelets aux deux poignets dans le Nord, collier noir et or dans le Sud, voire marque de kumkum rouge au niveau de la raie des cheveux. Essayer également de s’attacher les cheveux « assez bas » (style queue de cheval basse ou natte pour celles qui ont les cheveux longs). J’ai aussi connu certaines occidentales qui n’ont pas hésité à se teindre les cheveux en noir : je n’ai pas essayé, mais il paraît que ça ne fonctionne pas trop mal.

Logement :

  • Choisir un endroit pour dormir qui est assez sécurisé (porte et fenêtres qui ferment correctement s’il n’y a pas de barreaux) et qui est proche d’un endroit où manger le soir. L’Inde est l’un de ces pays où il est mal vu pour une femme seule de se promener après la tombée de la nuit, c’est-à-dire assez tôt, vers 19 heures. C’est pourquoi il vaut mieux, si l’on n’est pas accompagnée, aller dîner tôt et rentrer tôt (prévoir quelques livres dans son sac). Par ailleurs, il y a souvent des coupures de courant dans certaines villes, qui rendent les rues encore moins sûres la nuit.
  • Ne pas monter dans un taxi ou un rickshaw où se trouvent deux hommes. De même, si le conducteur de taxi ou de rickshaw décide de s’arrêter pour prendre un cousin/ami/frère, demander à descendre.

Dans la rue :

  • Dans la rue, ne pas regarder les hommes dans les yeux. Cela peut être perçu comme une invitation. Ne pas croiser les jambes quand on est assise : seules les femmes de « petite vertu » font cela en Inde. En somme, il convient de faire comme les femmes indiennes qui en général ignorent les hommes. Le truc c’est que lorsque l’on voyage seule, on est beaucoup plus souvent confrontée à des hommes qu’aux femmes qui, dans les villes, travaillent rarement en dehors de la maison. Seule solution : se fier à son instinct et à son intuition. Au moindre malaise, partir. Il y a bien sûr des situations qui donnent l’occasion de belles rencontres et il est très intéressant de voir à quel point on peut devenir le réceptacle de nombreuses confidences quand on reste quelque temps en un seul lieu. La pression sociale est telle dans beaucoup d’endroits que les gens n’ont pas l’occasion de se confier, de peur que leurs dires soient rapidement répétés.
  • Il arrivera sans doute que des hommes (surtout jeunes) vous tendent la main à l’occidentale. À vous de voir si vous y répondez mais il faut savoir que ce n’est pas une marque de respect, au contraire : mieux vaut juste les ignorer ou saluer avec les deux mains jointes, sans contact physique. Les hommes et les femmes, même en couple, ne se touchent pas et ne manifestent pas leur affection en public. Certains demanderont à vous prendre en photo, voire mettrons leur bras autour de vos épaules sans rien vous demander : généralement, je refuse fermement sauf si c’est une famille et que c’est bon enfant (cela arrive souvent sur les sites touristiques ; il n’y aura pas de bras autour de l’épaule dans ce cas-là).
  • Pour les fumeuses, essayer de ne pas fumer dans la rue : c’est très très mal perçu ; les femmes indiennes ne fument pas dans leur très grande majorité.
  • Évitez les grands rassemblements : j’ai eu mes pires expériences pendant la fête de Holi : tout le monde était soul et sous l’emprise de la drogue… du coup, maintenant si je me trouve en Inde à cette période, je ne sors pas.

Dans les trains :

  • Acheter une chaîne pour les longs voyages  : j’avais bien vu que les Indiens attachaient leurs bagages sous les banquettes pendant les longs trajets en train mais au début, j’étais un peu récalcitrante, jusqu’à ce que quelqu’un me dise que c’était préférable. On peut trouver des chaînes dans les gares : pratique quand on a besoin d’aller aux toilettes.
  • Si on décide de faire Delhi-Trivendrum en train (comme je l’ai fait plusieurs fois ; il me semble que ça dure trois jours) ou tout autre très long voyage du Nord au Sud ou dans l’autre sens, c’est pas mal d’avoir un récipient en plastique type bouteille d’eau coupée en deux ou petit broc de plastique, pour pouvoir se laver dans les toilettes. Si on a des tongs en plastique, ce n’est pas difficile de se laver en se versant l’eau sur la tête et ça rend le voyage plus agréable. C’est un des secrets de Indiens qui sortent toujours pimpants de leurs longs trajets.
  • Essayer de se procurer une couchette en haut, une de celles qui ne se replient pas : du coup on peut en profiter pendant toute la durée du voyage pour se reposer ou lire, mais la nuit, c’est aussi plus sûr : j’ai entendu toutes sortes d’histoires de femmes qu’on est venu importuner en pleine nuit.
  • En général dans les trains, j’ai toujours trouvé que le plus simple était au départ de garder une attitude un peu réservée. Souvent vos co-voyageurs seront très intrigués par votre présence et c’est toujours mieux de les laisser s’habituer avant d’entamer la conversation et pourquoi pas, de partager un repas. Notez qu’il est préférable de n’accepter de la nourriture que s’il s’agit d’une famille qui l’a préparée pour elle-même.
  • Dans les trains de banlieue (j’ai testé à Mumbai), ne pas hésiter à prendre le compartiment des femmes. Ils sont bondés mais au moins il n’y aura pas de problème de mains baladeuses et ces compartiments pour femmes sont assez sympathiques. De même, dans beaucoup de gares, il existe une salle d’attente réservée aux femmes, ce qui est plus sûr si on a envie de s’assoupir un peu en attendant le train ou si c’est la nuit. Certaines de ces salles d’attente disposent également de douches et de toilettes.

Tout ceci peut paraître un peu lourd au premier abord mais c’est quand même bien de savoir quelques trucs en dehors des habituels conseils aux voyageurs sur le fait de ne pas de servir de sa main gauche ou de ne pas pointer ses pieds vers autrui ou vers un symbole religieux. Ça dépend des personnes, mais le voyage en Inde peut être très éprouvant quand on est jeune et seule : fiez-vous à votre instinct et n’hésitez pas à faire un bout de voyage avec une autre personne si vous rencontrez quelqu’un de sympa. Sachez pour finir que si vous êtes épuisée et que vous ne savez plus où aller, vous pouvez toujours vous réfugier dans un ashram. Vous y retrouverez des forces et y découvrirez les vrais trésors que l’Inde a à nous offrir, qui proviennent de sa tradition spirituelle. Si vous avez d’autres pistes qui peuvent aider nos voyageuses, n’hésitez pas !

Comme ça fait maintenant plus de 10 ans que j’y vais, je me croyais vaccinée contre le « difficile retour d’Inde » et pourtant, cette fois-ci, j’ai été frappée plus durement que les dernières fois alors que je n’y suis restée que 3 semaines.

L’Inde est un pays à nul autre pareil. Tout y est différent de chez nous : les langues, les coutumes sociales, l’habillement, le climat, la nourriture, les bruits, la religion, la couleur du ciel, la poussière, le sens de la circulation, la foule, le non que l’on prend pour un oui et le silence que l’on prend pour un oui alors qu’il signifie souvent un non… Tout ça contribue à nous faire perdre tous nos repères habituels ; on passe d’un extrême à l’autre, de l’extrême laideur à l’extrême beauté, de l’extrême pauvreté à l’extrême richesse, de l’extrême sécheresse à l’extrême humidité,… C’est comme si on ne savait plus rien du tout, qu’on se retrouvait dans la posture d’un petit enfant, alors qu’on a atteint l’âge adulte. Il faut tout réapprendre si l’on souhaite commencer à comprendre cet immense et complexe pays et ce, d’autant plus s’il on souhaite faire « bon voyage » et ne pas trop rester à la surface des choses.

Au retour d’un voyage en Inde, et a fortiori si c’est un voyage à but spirituel, mais j’ai l’impression que tous les voyages en Inde le sont d’une manière ou d’une autre (je reste persuadé que même le jeune étudiant en sciences ou en commerce qui décide de faire son stage là-bas ne choisit pas ce pays « par hasard »), il semble important de pouvoir se ménager un sas de décompression au retour. Quelques jours de repos dans un endroit calme sont souhaitables, histoire déjà de se reposer le corps qui a souvent été soumis à rude épreuve : on a souvent sué tant et plus surtout dans le Sud et on s’est déminéralisé, on a souvent perdu des kilos, on a parfois quelques restes de problèmes digestifs à soigner…

Mais il faut aussi penser à son esprit, cet esprit qui aura à intégrer tout ce que les sens ont perçu, qui aura souvent été chamboulé dans ses profondeurs tant ses certitudes auront été secouées par l’expérience indienne. Parfois on aura l’impression qu’on est devenu insensible à tout, c’est en réalité comme une protection qu’on aura érigée inconsciemment pour essayer de conserver ses repères. Parfois on aura l’impression d’un « sentiment océanique », une sorte de sentiment d’union avec le « grand Tout », qui nous fera passer pour de doux rêveurs auprès de ceux qui sont restés.

De retour en France (ou dans tout autre pays occidental) il faudra réapprendre à enfiler pull, manteau et écharpe si c’est l’hiver, si c’est l’été, on aura l’impression que tout le monde se promène à moitié nu et que beaucoup ont oublié « le bas » tant les vêtements indiens sont plus couvrants malgré le climat chaud ; il faudra se réhabituer au silence, à la grisaille, à la futilité, aux rues qui semblent désertes, même en plein Paris, à la surabondance commerciale, aux valeurs matérialistes, aux odeurs différentes (terminé les effluves d’encens, les bouses de vaches, les épices, les eaux stagnantes qui donnent à l’Inde cette odeur indéfinissable que je n’ai jamais retrouvée nulle part ailleurs), il faudra à nouveau beaucoup parler pour se faire comprendre, retrouver ses collègues de bureau si on en a (qui auront vaguement l’impression de retrouver un extra-terrestre pendant quelque temps)… il faudra se réinsérer et souvent faire comme si rien n’avait changé pour nous pour rassurer les proches et les amis alors que tout est irrémédiablement différent.

Suite à mon premier long séjour en Inde, je me rappelle m’être quelque temps habillée en kurta à Paris, je portais des sandales en cuir de buffle à ponpon, des bracelets à chaque bras et des chaines de chevilles qui sonnaient à chaque mouvement. Tout cela me semblait tout à fait normal. J’étais exaltée, je bassinais tout le monde avec mes histoires de « quand j’étais en Inde », alors que finalement, personne ne peut comprendre ce que nous avons vécu là-bas, à part ceux qui y sont allé également, et encore, tout le monde a une expérience différente de l’Inde et tout le monde finit par la garder comme un secret en son cœur, qui va faire qu’on aura à tout jamais un regard un tant soit peu décalé sur ce qui nous entoure.

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