Feeds:
Articles
Commentaires

South India

Écoles peuplées de singes, moments d’éternité au bord de la rivière ou en regardant le coucher de soleil, temples peints de rayures blanches et rouges, poubelles en forme de lapins ou de pingouins (mais qui a eu cette idée ???), bruit du vent dans les palmes des cocotiers et quiétude des backwaters… Du Kerala au Tamil Nadu, quelques souvenirs de l’ambiance de l’Inde du Sud.

Publicités

Compléments d’hiver

Pendant que la moitié de la France grelotte, l’autre est sous la pluie et dans le vent depuis des semaines avec des températures printanières. La grippe et les gastros sont revenues. Je me suis dit qu’un petit article sur les compléments alimentaires de l’hiver pour soutenir son immunité serait, qui sait ?, le bienvenu.

Il y a 10 ans, je vivais en Inde dans une communauté internationale. Mes deux compagnes de chambres étaient américaines et à côté du lit de l’une d’entre elles, il y avait toute une série de flacons, boites et bouteilles. Je lui ai demandé ce que c’était. Elle m’a répondu : « Bah, mes compléments alimentaires ! », comme si c’était une évidence. Je lui ai demandé pourquoi elle en prenait autant ; elle m’a répondu qu’elle avait tout fait tester par un kinésiologue et que c’était ceux qui lui correspondaient et qu’elle pensait qu’il était important qu’elle en prenne. A 60 ans passés, elle avait une mine radieuse, avait le cheveu et l’œil brillant, ne semblait pas souffrir de douleurs particulières, comme d’autres personnes de son âge.

L’année dernière, je l’ai revue lors d’un voyage et elle n’avait quasiment pas changé, alors qu’on sait que le climat tropical humide peut vraiment être difficile pour les occidentaux que nous sommes. On en sort pâli, dénutri, fatigué. Sans doute les compléments alimentaires…

Contrairement à ce que les médias conventionnels en disent en France, il me semble que nous devrions tous en prendre, surtout l’hiver, quand il n’y a pas trop de soleil, qu’on ne voit quasiment pas le jour et que la fatigue se fait sentir. De mon côté, je me « supplémente » depuis quelques années. Je n’ai eu la grippe qu’une seule fois, lors de mon premier hiver à Paris (en 2000; bonjour les miasmes du métro!) et n’ai que très rarement de rhumes. La plupart n’ont jamais le temps de s’installer car dès que je sens un gratouillis dans la gorge, je mets en place mes remèdes naturels.

Donc, pour en revenir aux compléments alimentaires. Comme j’aime ne parler qu’à partir de mon expérience personnelle, voici ce que je prends tous les jours à partir du mois d’octobre jusqu’en mars :

vitamine D naturelle : cette vitamine (qui est techniquement une pro-hormone liposoluble) est naturellement synthétisée par la peau quand celle-ci reçoit les rayons du soleil. Autant dire que sous nos latitudes (je pense principalement à ceux qui vivent au nord de la Loire en France), il est difficile de s’exposer suffisamment au soleil pour avoir des taux normaux. Du coup, il est habituellement conseillé d’en prendre 4000 UI par jour sous forme de gouttes qu’on peut mettre sur son bout de pain du matin ou dans une cuillère le soir. C’est facile et il est maintenant reconnu que la vitamine D est fondamentale pour la prévention de l’ostéoporose, des cancers, de l’inflammation, la dépression… C’est mieux d’en prendre un peu chaque jour qu’une grosse dose de charge une fois par mois comme il est parfois prescrit. Le corps peut ainsi mieux l’assimiler.

vitamine C naturelle : tout le monde connaît les vertus de la vitamine C pour soutenir l’immunité, lutter contre le stress oxydatif, nous donner plus d’énergie ;

propolis concentrée en gouttes : ce produit naturel antiseptique issu de la ruche est essentiel pour soutenir l’immunité et lutter contre les infections. Il est également reconnu que la propolis peut aussi aider contre les verrues vulgaires, différents problèmes de la cavité buccale. Pour le coup, je n’en prends pas tous les jours, mais plutôt de par séquence d’une dizaine de jours de temps en temps, surtout en début d’hiver.

mélange de plantes en ampoules (chez Superdiet pour moi mais il y a d’autres marques) pour favoriser le sommeil : je ne sais pas si c’est le manque de lumière qui perturbe mon cycle veille-sommeil, la lumière artificielle, le manque d’exercice physique à l’extérieur ou quoi, mais je dors souvent mal pendant l’hiver. Du coup, je prends ces ampoules qui aident à l’endormissement et à soutenir le système nerveux.

omégas 3 : qui n’a pas encore entendu parler des vertus des omégas 3 ? Ils sont souverains pour lutter contre l’inflammation, réguler le cholestérol et les triglycérides, favoriser l’équilibre mental (notre cerveau contient une part importante de matière grasse), contribuer à une bonne vision, à l’amélioration de la santé de la peau (je pense notamment au psoriasis)… Il y a des oméga 3 marins sous forme de gélule d’huile de poisson ou de krill et des oméga 3 végétaux (huile de colza, de lin, noix). Ce n’est pas une substance que le corps peut produire de lui-même. Il est donc à mon sens important d’en prendre régulièrement. Je me rappelle que Robert Masson, avec qui j’ai étudié la naturopathie, en recommandait très très souvent.

magnésium marin : celui-ci est beaucoup plus assimilable que le magnésium artificiel souvent vendu en pharmacie. Le magnésium est recommandé pour soutenir le système nerveux et comme on a comme moi un système nerveux qui n’est pas très bien accroché, je suis quasiment obligée d’en prendre tous les jours. Apparemment, il y a des personnes qui perdent leur magnésium très rapidement, surtout en période de stress et/ou d’insomnie, et il est clair que j’en fais partie. Le magnésium est également indiqué pour la prévention des maladies cardio-vasculaires, du diabète, l’atténuation du syndrome prémenstruel

Alors c’est sûr que c’est un budget et que ça peut sembler beaucoup à prendre, mais pour moi, c’est devenu une habitude positive qui me donne de bons résultats. Dans les pays anglo-saxons où la protection sociale en matière de santé est bien pauvre, la prévention est prise très au sérieux. C’est de plus en plus le cas chez nous également, et je trouve que c’est une bonne idée. A mon sens, mieux vaut prendre des compléments alimentaires qu’on aura choisis plutôt que de se retrouver à devoir absorber beaucoup de médicaments chimiques par la suite (même si, en matière de santé, on est d’accord que tout peut arriver et qu’il n’y a aucune garantie dans un sens comme dans l’autre!).

Passez un bel hiver!

Ce qui est bien avec les huiles essentielles, c’est que la plupart peuvent se conserver longtemps si on les garde à l’abri de la chaleur et de la lumière. Du coup, il y en a que je ne ressors qu’à l’occasion, quand le besoin se présente.

Parmi ces huiles que j’utilise plus rarement, en voici quelques une que je trouve très efficaces :

  • lavande aspic : cette huile est magique en cas de piqûre d’insecte. L’été dernier, en farfouillant dans le jardin, je me suis fait piquer par une guêpe particulièrement agressive, pour la première fois de ma vie. La douleur s’est rapidement calmée en appliquant directement une ou deux gouttes de cette huile directement sur la piqûre, en répétant toutes les 10 minutes jusqu’à ce que ça se fasse oublier ;
  • basilic exotique : cette huile est très puissante et ne doit pas être appliquée sur la peau sans dilution dans de l’huile végétale, bio si possible. Je la dilue donc (2 ou 3 gouttes dans le creux de la main avec un peu d’huile végétale) et je l’utilise en massage sur le ventre en cas de douleurs ou de spasmes. Elle est très anti-spasmodique et facilite la digestion ;
  • eucalyptus globulus : en cas de rhume ou d’état grippal qui menace : je me fais des inhalations avec cette huile qui fonctionne très bien pour la sphère ORL (à ne pas confondre avec certaines autres sortes d’eucalyptus qui ne sont pas du tout indiquées dans ces cas) ;
  • niaouli : je n’utilise cette huile qu’en association avec l’eucalyptus globulus pour les inhalations. Je dois dire que grâce aux traitements naturels que je mets en place dès que je sens arriver un rhume, ça fait des années que je n’en ai pas eu un « vrai » ;
  • géranium rosat : pour la peau en dilution dans de l’huile végétale : anti-ride. Attention, ne pas mettre d’huile essentielle dans sa crème de jour habituelle. Celle-ci entraînerait certains composés de cette crème dans le flux sanguin alors qu’ils ne sont pas censés aller plus loin que les couches supérieures de l’épiderme (c’est surtout si celle-ci n’est pas bio) ;
  • citron : pour assainir le cuir chevelu et faire briller les cheveux, j’en mets quelques gouttes dans le masque capillaire à rincer. Comme cette huile est peu chère et facile à trouver et qu’a priori, les citronniers ne sont pas encore des arbres rares, c’est presque la seule huile essentielle que j’utilise dans les produits ménagers (avec celle de lavande et d’arbre à thé, il est vrai).

Je privilégie une utilisation très simple des huiles essentielles : une ou deux gouttes sur un mouchoir en inhalation, une ou deux gouttes en massage après dilution dans de l’huile végétale, trois profondes inspirations à même le flacon, parfois dans un peu de miel en cas de problème ORL, je trouve que ça fonctionne très bien. Je fais attention à ne pas les utiliser sur la peau au quotidien ; en effet, Robert Masson nous a assez répété qu’à terme, toutes les huiles essentielles sont potentiellement toxiques pour le foie. Par inhalation, il est bon de ne pas en abuser non plus au risque de développer maux de tête ou pire en cas de diffusion prolongée par diffuseur ; c’est d’ailleurs pourquoi je n’en possède pas.

Les huiles essentielles fonctionnent à plusieurs niveaux : physique, mais également émotionnel et même spirituel pour certaines d’entre elles. Ce n’est pas un hasard si deux des rois mages ont apporté de ma myrrhe et de l’encens à Jésus, si des bâtons d’encens sont utilisés en si grande quantité dans les temps en Asie et les encensoirs balancés dans les allées des églises lors des grandes occasions. Les parfums que certains d’entre elles dégagent ont parfois quelque chose de divin qui nous fait entrer en connexion avec les sphères supérieures.

Certaines huiles essentielles sont très chères (bonjour hélichryse italienne !), mais la plupart sont quand même très abordables. Nous avons la chance de vivre dans un pays où la tradition des huiles essentielles est bien ancrée et nous avons de nombreuses marques d’huiles essentielles de bonne qualité.

Pour avoir le maximum d’efficacité, il est important de privilégier le bio, et des marques reconnues pour leur sérieux. S’il y a une démarche de développement durable derrière, c’est encore mieux car beaucoup d’huiles essentielles viennent de pays en voie de développement. Une fois encore, il me semble fondamental de se rendre compte de ce que la nature nous offre via les huiles essentielles et de les utiliser avec conscience et gratitude.

Il y a quelques années,  suite à une formation en naturopathie avec Robert Masson, j’ai décidé de vraiment m’intéresser aux huiles essentielles. Jusque-là, je n’en avais utilisé qu’une seule, celle d’arbre à thé. Pour savoir lesquelles acheter, j’ai parcouru Internet à la recherche des listes  d’« huiles essentielles indispensables » à avoir, mais c’était juste pour me donner de l’inspiration. Je n’ai jamais voulu acheter de kit tout prêt « pour débutant » ou de mélanges pré-fabriqués. C’est finalement au fil de mes besoins que je me suis constituée une petite pharmacie personnelle, qui correspond exactement aux maux que je rencontre le plus souvent à titre personnel.

Voici donc ma liste d’huiles essentielles « essentielle » et comment je les utilise :

  • arbre à thé/tea tree : la première que j’ai vraiment découverte, et une des plus polyvalentes : une goutte sur les boutons et ça les aide à sécher rapidement, ou une goutte sur la brosse à dents pour la purifier ainsi que la bouche et les gencives, ou bien encore chaque soir une goutte sur l’ongle en cas de mycose (c’est pas glam’, mais c’est souverain, et dans mon expérience, ça marche beaucoup mieux que tous les produits spécialisés achetés hyper-chers en pharmacie) ; 3 gouttes dans une cuillerée de miel en cas de mal de gorge ;
  • menthe poivrée : attention, cette huile est très concentrée et peut causer des brûlures graves en cas d’ingestion en trop grosse quantité ! c’est max. 1 goutte à la fois en interne. Je l’utilise en cas d’indigestion en interne ou alors sur les temps en cas de maux de têtes dus à la tension nerveuse ;
  • gaulthérie couchée : en cas de courbatures ou de contractures musculaires, 3 gouttes dans un peu d’huile végétale (j’aime bien le jojoba ou celle de noyau d’abricot) à faire pénétrer en massage le soir avant de placer une de ces bouillottes chauffantes remplies de graines qu’on passe 2 minutes au micro-ondes (seule utilisation que nous faisons de cet appareil à la maison) ;
  • hélichryse italienne : magnifique cicatrisante directement en application sur la peau diluée dans de l’huile végétale (huile de rose muscat est très indiquée dans ce cas, mais elle devient rance rapidement ; attention à la consommer rapidement et à la garder au réfrigérateur) ; bonne également en inhalation en cas de choc émotionnel ;
  • lavande vraie : une goutte en massage directement sur le plexus solaire le soir après la douche pour se détendre, ou mélangée à du gros sel pour le bain. Certains l’utilisent sur le visage, mais je dois dire que ça ne convient pas du tout à ma peau fine : ça me fait des plaques rouges qui démangent, donc je ne recommande pas cette utilisation ;
  • petit grain bigarade : une goutte près de l’oreiller le soir après en avoir inhalé un peu : aide à l’endormissement, anti-stress et anti-anxiété. j’ai remarqué que pour moi, ça fonctionne mieux que la lavande pourtant très réputée ;
  • camomille romaine : une goutte en message sur le ventre en cas de crampes, c’est un très bon anti-spasmodique (bien aussi pendant les règles en cas de douleurs) ; quelques gouttes dans le masque pour mes cheveux qui sont blonds ;
  • vétiver : le vétiver a une consistance visqueuse qui ne le rend pas très facile à utiliser. Je l’utilise uniquement comme un parfum, à raison d’une petite goutte sur les poignets que je frotte ensuite derrière les oreilles. Cette odeur de racine, de terre, m’apaise et me transporte vers l’Asie. J’adore absolument l’odeur du vétiver qui est par ailleurs très utilisé en parfumerie masculine.

 

Et puis aussi en voici deux que j’aime particulièrement et que l’on trouve moins souvent :

  • encens : je l’utilise pour la méditation (évidemment ! c’est l’oliban qui était brûlé dans les encensoirs dans les églises) : une goutte sur le front au niveau du 3e œil (pourquoi pas?), mais aussi, pour soutenir l’immunité (une goutte sur la langue à garder collée au palais), pour la peau (dans de l’huile végétale), pour unifier le teint. Cette huile incroyable est également anti-stress et serait anti-tumorale (si vous comprenez anglais, n’hésitez pas à aller regarder les vidéos à ce sujet sur internet) ;
  • nard de l’Himalaya/jatamamsi : elle sent très fort (certains diront sans doute qu’elle pue!) et son odeur est vraiment tenace. Cette huile provient d’un rhizome d’une plante himalayenne, elle est donc précieuse et ce, d’autant plus que cette plante est inscrite sur la liste « Cites » (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction), ce dont je me suis rendu compte une fois rentrée à la maison avec mon flacon. Cette huile, pour moi, c’est toute l’Inde. Cette odeur se retrouve dans beaucoup de parfums et d’encens utilisés là-bas. Du coup, je l’utilise avec quasi vénération, quand je sens que je suis contractée au niveau du plexus solaire et que j’ai vraiment besoin de me détendre. Une goutte en massage sur les poignets et au niveau du nombril, elle soulage mon angoisse et calme les battements de mon cœur. Encore une fois, cette plante étant rare à cause de sa surexploitation, j’essaie de l’utiliser avec gratitude.

En parcourant cette liste, il apparaît clairement que pour moi, les huiles essentielles sont d’une grande aide au niveau émotionnel : elles m’aident à limiter le stress et à traverser les moments difficiles. D’autres personnes auraient sans doute une liste différente avec un accent mis sur la sphère ORL ou bien encore digestive.

Il est très important de se former un minimum à leur utilisation avant de faire appel à elles : il y a plein de livres disponibles (j’ai personnellement celui de Danièle Festy), de vidéos en ligne, de conférences pendant les salons bio, etc., qui nous permettent d’acquérir les connaissances de base indispensables.

Quel que soit leur mode d’utilisation, nombre d’huiles essentielles présentent des contre-indications strictes (bébé, enfants, femmes enceintes, exposition au soleil, prise de médicaments pour fluidifier le sang, épilepsie, etc.) et d’autres une certaine toxicité. Il ne faut jamais ingérer d’huile essentielle pure sans s’être assuré au préalable, auprès d’un professionnel, que c’était sans risques. Par voie interne, je n’utilise que l’huile essentielle de menthe poivrée, celle d’encens et celle d’arbre à thé, dans des quantités qui paraissent très faibles en nombre de gouttes, mais il faut se rappeler que les huiles essentielles sont très très concentrées et qu’il ne faut pas les utiliser à la légère !

Les huiles essentielles sont un trésor absolu de la nature et doivent être utilisées avec conscience.

Toulonnades

Toulon début novembre. Un vent glacial descend des montagnes. Je me réfugie sur le port pour voir la méditerranée; les escaliers traditionnels me coupent le souffle.

Varsovie côté châteaux

Ce n’est que maintenant que je trouve le temps de trier quelques photos de notre voyage à Varsovie au mois de septembre, où nous étions invités à un mariage.

Ces quelques jours sur place ont été également l’occasion de faire des visites que nous n’avions pas eu la possibilité de faire lors de notre précédent voyage en 2013.

L’histoire de Varsovie est très riche et particulièrement mouvementée au XXe siècle. Nombreuses sont d’ailleurs les personnes qui viennent à Varsovie pour y visiter les monuments, musées et sites liés à la période de la seconde guerre mondiale : musée national de Varsovie, Musée de l’Insurrection de Varsovie, mémorial du Ghetto Juif, Umschlagplatz…

De notre côté, nous avons opté pour le Château Royal en plein centre, juste à côté de la vieille ville (qui en réalité date des années 50 puisque tout a été démoli pendant la guerre) et le Palais Wilanowa (tout jaune!), à 30 minutes du centre en taxi, qui lui est d’origine et où on peut passer une très agréable après-midi à flâner dans les jardins ou faire un tour en barque après en avoir visité les très nombreuses pièces.

Dans le sous-sol du Château Royal, il y a une très émouvante exposition sur la destruction de la ville pendant la guerre et la reconstruction du Château qui a rapidement été décidée à la suite de celle-ci.

Lors de notre prochain séjour, nous nous plongerons sans doute plus profondément dans l’histoire tourmentée de cette ville, mais vu que nous étions là pour un mariage, je dois avouer que nous n’avions pas trop la tête à ça pendant cette visite…

Je crois que ce que je trouve le plus difficile à supporter quand je traverse les phases de stress intense que je connais parfois, c’est vraiment le sentiment de séparation avec soi-même et les autres.

Quand je suis stressée, j’ai le cœur qui bat plus vite, je transpire plus facilement, je suis rapidement impatiente et le sommeil devient juste ridicule. Soit je m’endors facilement et après quelques minutes, je me réveille, car je suis envahie par une vague de stress. C’est comme si je sentais le cortisol et l’adrénaline que mes pauvres glandes surrénales injectent dans mon organisme, envahir mon corps. C’est très désagréable. Mon cœur se met à battre encore plus vite, cela me réveille complètement et généralement je ne peux me rendormir au mieux que des heures après, très tard dans la nuit. Ou alors c’est l’opposé, de fatigue, je m’endors et reste endormie quelques heures puis vers 3 ou 4 heures, c’est le réveil en sursaut et les idées qui tournoient dans ma tête que je sens presque prête à exploser.

Quand il faut se lever, c’est l’horreur : l’impression d’avoir passé la nuit dans un avion. Des cernes sous les yeux qui sont gonflés, le teint rougi par l’excès d’hormones de stress (qui sont des inflammatoires notoires), l’impression d’avoir une masse lourde et embrouillée à la place du cerveau. Les idées sont confuses, l’attention en berne, le désintérêt généralisé et la patience à zéro. Comme j’ai la plupart du temps retardé mon réveil, je ne peux pas faire mes pratiques spirituelles habituelles (que j’essaie de faire le soir en rentrant, pour « rattraper », mais évidemment ce n’est pas pareil, avec la fatigue de la journée, etc.) Ce n’est pas pour rien que la tradition suggère qu’elles soient faites le matin, le plus tôt possible, avant que nous ne soyons pris dans le tourbillon des activités de la journée et d’en avoir accumulé la fatigue.

Sur la voie spirituelle, la détente et la décontraction sont des éléments clés. En effet, comment parvenir à méditer (c’est-à-dire en réalité le plus souvent, juste parvenir à un minimum de concentration) quand on a les idées qui tourbillonnent à en devenir obsessionnelles, quand on pique du nez dès qu’on ferme les paupières, quand on a le corps endolori par excès de tensions et d’acides, etc. C’est la raison pour laquelle de nombreuses traditions insistent sur ce point. C’est comme un préalable. Je ne sais pas si vous avez déjà essayé de méditer quand vous êtes vraiment stressé, mais c’est pour moi complètement impossible. La tension nerveuse empêche le corps de rester immobile et l’esprit est trop embrumé pour se concentrer sur quoi que ce soit. Du coup, au stress vient s’ajouter un sentiment d’échec par rapport à la pratique, qu’il devient impossible de continuer.

En fait, quand je suis dans cet état-là, c’est comme si j’étais en mode survie. Les journées au travail (qui pourtant me plaît), me semblent interminables, je n’attends qu’une chose, c’est de pouvoir rentrer à la maison et m’allonger un peu, histoire d’essayer de passer une soirée à peu près correcte avant une autre nuit a priori difficile. La semaine se traîne en longueur et comme je ne suis pas très productive le soir après le travail, je me retrouve avec plein de corvées une fois le week-end arrivé.

Bref, lorsque je suis en période de stress intense, je perds le contact avec moi-même et en le perdant je deviens moins attentive aux autres. Je me retrouve arcboutée sur moi-même dans une attitude mentale tellement négative qu’il me devient bien impossible de manifester compassion et/ou patience envers autrui. Le pire c’est que je suis sûre que, le stress chronique atteignant partout dans le monde des proportions épidémiques, nous sommes nombreux à passer par ce genre de phases et donc à passer à côté de nous-même et des autres à cause du stress.

C’est la raison pour laquelle il paraît fondamental d’apprendre à faire le tri dans ses priorités pour limiter autant que possible ce stress qui nous rend malades au niveau individuel et au niveau global. Quand on a la sensation d’être en mode survie, il est impossible de mettre l’autre avant nous, ce qui est pourtant prôné par toutes les grandes traditions spirituelles, il devient impossible de manifester spontanément de la bienveillance, de la « loving kindness » comme disent les bouddhistes. Le lien avec soi et donc avec l’autre est perdu. On peine à puiser dans le réservoir d’amour universel qui pourtant sous-tend toute chose. À mon sens, c’est l’une des raisons de la violence croissante de nos sociétés. Comment rester en contact avec l’autre de manière positive quand nous sommes nous-mêmes pris dans la négativité et que nous sommes à bout de nerfs ?

Autour du même thème,

Crise d’angoisse (1) et (2), L’importance de la relaxation et Stress et hatha yoga

%d blogueurs aiment cette page :