Hobbies minimalistes/slow-life

Alors que l’époque érige en sources d’inspirations des activités toujours plus chères, extravagantes, lointaines, génératrices de sensations fortes, un courant de simplicité et de sobriété émerge doucement dans le même temps. Il n’est pas trop relayé par les médias conventionnels (financés par de grandes groupes qui ont besoin de vendre leurs produits), mais la vague zéro déchet, minimalisme, yoga, végé/véganisme, etc. semble être en train de devenir de plus en plus puissante.

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Pour ma part, c’est celle-ci qui m’inspire et je me rends compte que mon mode de vie s’inscrit de plus en plus dans cette dynamique. Voici une petite liste pêle-mêle de hobbies slow-life que j’affectionne tout particulièrement :

– jardinage : dans son salon avec ses plantes vertes, sur son rebord de fenêtre ou balcon, dans son jardin ou celui d’un autre (de nombreuses communes ont mis en place des partenariat entre personnes qui ne peuvent plus s’occuper de leur jardin et jardiniers en mal de terre à gratter), sur une petite parcelle prêtée par la mairie… voire au pied des arbres dans les espaces publics. Le jardinage est une activité très peu coûteuse et qui apporte un nombre incalculable de bénéfices en termes de réduction du stress, bien-être spirituel, satisfaction personnelle, impact écologique (vive la permaculture et autres méthodes alternatives!). Jamais je n’aurais pensé que notre petit jardin de ville nous donnerait autant de joie. A voir le nombre d’abeilles qui y butinent, d’escargots qui s’y régalent et d’oiseaux qui s’y réfugient, il sert de havre de paix pour beaucoup de petites créatures…

– lecture : à mes yeux, la lecture est un luxe inouï. Elle offre découverte, dépaysement, apprentissage, sérénité, émerveillement à très peux de frais… Quand je vois la profusion offerte par nos maisons d’éditions, librairies, médiathèques et autres bibliothèques associatives, je me dis que nous avons beaucoup de chance dans notre pays. A chacun de mes déplacements, je prends presque plus de temps à choisir quels livres je vais emporter qu’à faire tout le reste de ma valise. La plupart du temps je ne les ouvrirai même pas, tellement occupée à crapahuter, mais c’est plus fort que moi. J’ai horreur de la sensation de n’avoir rien à lire sous la main.

– dessin/peinture : depuis quelques temps j’ai repris mes pinceaux délaissés depuis trop longtemps et à la faveur d’une belle boite de crayons de couleurs reçue en cadeau, la magie du mandala s’est emparée de moi. Dès que j’ai une belle plage de 2 ou 3 heures libre (surtout l’hiver), je m’y mets et le voyage coloré commence…

– marche/vélo : aujourd’hui certaines associations proposent des vélos d’occasion à très bas prix ; la marche est gratuite et on n’a pas besoin d’équipement. Depuis que j’ai vu des indiens grimper dans l’Himalaya vers la source du Gange pieds nus ou chaussés de socques en bois, je me dis que ces histoires de vêtements techniques, chaussures adaptées, tout cet appareillage dont je vois parfois les sportifs harnachés, sont plutôt l’effet d’un marketing habile que d’une véritable nécessité. A nous les randos à 15 minutes de la maison !

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– prendre des photos et s’amuser à les bidouiller avec des filtres : aujourd’hui nous sommes nombreux à avoir un smartphone. Il y a près un peu plus d’un an, j’ai récupéré un ancien téléphone de mon père qui est véritable geek à 75 ans. Auparavant, je n’avais pas pas de connexion internet sur mon portable et je dois dire que celle-ci m’a ouvert de nouvelles perspectives instagramées (même si j’aurais beaucoup à dire sur ce réseau) pour les photos que je m’amuse à prendre depuis des années. Pour les filtres j’utilise des applis gratuites comme Snapseed.

– musique/chant : je suis une mauvaise musicienne mais j’aime chanter. Après le coût initial de l’achat de l’instrument (qui peut souvent être trouvé d’occasion), la pratique vocale et/ou d’un instrument est gratuite et fait tellement de bien ! Pour ma part, je m’escrime seule plusieurs fois par semaine depuis des années sur mon harmonium. J’arrive à présent à m’accompagner au chant et j’adore chanter des chants dévotionnels indiens (et oui!). Leurs vibrations sanskrites sont vraiment bienfaisantes… C’est à chaque fois un moment tellement régénérant.

– yoga : j’ai eu la chance de pouvoir prendre des cours à droits à gauche pendant pas mal de temps, mais je ne suis plus régulièrement aucun cours depuis une dizaine d’année. Aujourd’hui, avec toutes les vidéos qui circulent sur internet, les yoga challenges en tout genre et autres comptes IG, il est facile de s’initier à cette pratique seul chez soi et gratuitement. Attention tout de même à commencer doucement et à bien écouter son corps. La posture émerge du corps, elle ne doit pas être imposée au corps par la volonté. Au fil de ma pratique, j’ai bien acquis quelques accessoires, mais on n’a vraiment besoin de rien pour en faire. A la limite le tapis du salon ou la descente de lit est suffisante ! La encore, voici une pratique bien réconfortante qui permet de se déstresser, de quitter les tourments du mental pour revenir dans son corps et de se délester au passage de nombre de scories émotionnelles.

Rien de bien extravagant en somme mais toutes ces activités quasiment gratuites et tellement nourrissantes, chacune à leur manière, sont pour moi ce qui me permet de cultiver un sentiment de gratitude pour une vie riche et pleinement vécue. Je serais heureuse que vous partagiez ici ce qui vous nourrit au quotidien à peu de frais.

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Ecoanxiété

Hier soir avant le dîner, pour me « détendre » je suis allée sur FB. Sur ce réseau, j’ai pas mal d’ami.e.s engagés dans l’écologie et la protection de l’environnement qui postent régulièrement sur cette thématique. Certains travaillent d’ailleurs à plein temps dans ce domaine. C’est louable parce qu’ils.elles cherchent à partager des informations qui nous concernent tous.

Malheureusement, comme beaucoup, je souffre d’écoanxiété (j’ai découvert ce terme sur le blog Alice et Shiva un jour où j’ai tapé « effondrement » dans la barre de recherche du lecteur WP). Depuis des années déjà, j’essaie d’améliorer mon terrain naturellement anxieux (voir Crise d’angoisse (1) et Comment je gère mes angoisses nocturnes), mais quand je lis et surtout que je vois des images sur la perte de biodiversité, les montagnes de déchets, la disparition des grands animaux sauvages, le manque d’eau, la fonte prématurée de la banquise et du permafrost, l’acidification des océans…, j’en passe, et surtout la déforestation, ça me brise le cœur et je sens l’anxiété monter (très rapidement).

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Même si je ne peux pas dire que je suis impactée directement par le changement climatique dans ma vie quotidienne, je sais pour avoir pas mal voyagé et être pas mal informée quels ravages sont en cours dans le monde. J’ai beau me dire que les gros animaux sont sans doute en train de se réincarner en êtres humains (mon idée perso sur la question), qu’une prise de conscience globale est en cours et qu’elle est assortie de nombreuses initiatives positives dans plein d’endroits dans le monde, la course à l’argent, la surpopulation, l’accroissement effréné de la consommation d’objets technologiques et autres, de viande, de produits et de bois exotiques, de voitures et de vols en avion me désespère un peu plus chaque jour.

J’ai toujours eu une sensibilité très forte aux questions écologiques. J’ai l’impression d’avoir toujours connu le tri sélectif, même petite dans les années 1980, et je me rappelle que je vivais dans l’angoisse du stress hydrique quand les étés étaient trop chauds, alors même qu’il pleut naturellement pas mal dans ma région. En attendant que l’eau chaude arrive à l’étage de la maison, je remplissais des bouteilles d’eau que je vidais ensuite dans le jardin (aujourd’hui, c’est les fonds de bouilloire que je ne jette jamais et que je conserve dans des bouteilles qui arrosent ensuite les plantes). Je collectionnais aussi avec passion les images d’animaux dans mes cahiers WWF. Plus tard, en 6e quand j’ai commencé l’allemand, je me rappelle que nous étudions pas mal de textes sur « l’umweltverschmuzung » (la pollution environnementale) qui me touchaient beaucoup. Je ne sais plus si c’était dû au fait que l’Allemagne était un pays précurseur dans ce domaine ou si c’était lié à la sensibilité de nos profs.

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Bref, l’écologie et moi, c’est une veille histoire, même si je suis très loin d’être parfaite en ce domaine et que j’admire beaucoup ceux et celles qui parviennent à se convertir au véganisme, au zéro déchet, aux toilettes sèches et au tawashi, etc. Dans mon expérience, il est souvent difficile de mettre en place des actions à la maison quand tous les membres du foyer n’ont pas le même niveau de conviction.

Autant j’ai l’impression d’avoir vraiment fait des progrès par rapport à mes histoires de stress et d’anxiété générale, autant quand il est question d’écologie, c’est épidermique. Peut-être que tout s’est reporté sur cette question ? Honnêtement je ne sais pas comment faire. Je suis constamment partagée entre mon désir d’être informée et mon anxiété à ce sujet. Rien que de voir une photo d’une parcelle d’arbres abattus (au Brésil, à Madagascar ou en France) m’attriste profondément. J’en suis au point où je me demande comment les gens font pour avoir des enfants dans le monde actuel. Ne voient-ils pas les catastrophes à venir ? J’imagine que le désir d’enfant est tellement fort que ça balaie toutes les autres considérations, mais comment vouloir des enfants dans le monde actuel ? Comment faire pour garder un peu d’équanimité face à tant de destruction ? Arrêter de s’informer ? Se détacher complètement des réseaux sociaux ? Alice et Shiva avait justement publié un billet sur Comment vaincre l’écoanxiété, mais de mon côté, ça ne marche pas vraiment. Je crois que j’ai tout simplement trop peur de la violence et de la mort. J’ai l’impression que l’être humain n’est pas encore assez évolué faire passer la solidarité et la coopération avant la compétition et l’appât du gain…

Au-delà des mots

L’autre jour j’ai été rendre visite à l’hôpital à une ancienne amie de ma grand-mère qui est décédée il y a plus de 10 ans et dont j’étais proche. Cette femme, aujourd’hui âgée de 97 ans, est à l’hôpital suite à un œdème pulmonaire et à un infarctus. Jusqu’à il y a un an, elle vivait encore seule dans son appartement. D’une grande lucidité, c’est une femme d’une grande force morale qui a dû affronter la mort de son fils unique alors qu’il était encore jeune puis de son mari. Sans famille proche, elle est très croyante et je sais que la foi est ce qui la soutient, qui la nourrit, qui lui donne une direction. C’est d’ailleurs ce qui les liait avec ma grand-mère.

Depuis plusieurs années, je m’intéresse au très grand âge et à la fin de vie et ai passé une bonne partie de l’été dernier à lire les ouvrages merveilleux de Marie de Hennezel (notamment La Mort intime qui m’a beaucoup marquée) et ceux d’Elisabeth Kübler-Ross.

Ce que j’ai retenu à la lecture de ces ouvrages, c’est qu’on étouffe souvent la parole des malades et des personnes en fin de vie à cause de notre propre peur, notre propre vécu. Lors de cette visite récente, j’étais accompagnée de ma mère. Celle-ci n’arrêtait pas de lui dire que tout irait bien (qu’en sait-elle ?), qu’elle allait rentrer à la maison de retraite bientôt, qu’elle allait se remettre rapidement, sans lui laisser même le temps de répondre. La vieille femme n’y croyait mot, et le masque à oxygène sur sa bouche lui rendait la parole difficile. De mon côté, je n’avais rien à dire ; je ne sais pas si elle survivra, si même elle a le désir de vivre encore.

Je lui ai juste pris la main. Je m’attendais à la trouver glacée, mais ce fut une petite main frêle et toute chaude qui s’est glissée pour se réfugier dans la mienne. Mon autre main a recouvert la sienne et son autre main est venue s’ajouter à notre petit paquet tout chaud.

Deux échanges énergétiques se déployaient au même moment : l’un au niveau de la parole dans un véritable dialogue de sourds, et l’autre au niveau du toucher, silencieux celui-là, mais tellement vivant.

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On a tellement peur de toucher les gens, de leur prendre la main, mais que reste-t-il quand on a atteint un si grand âge, qu’on est seul dans une chambre d’hôpital ? Il y avait tellement d’amour, de chaleur, de gratitude dans ce geste que j’en ai eu les larmes aux yeux. Un véritable moment cœur à cœur.

 

15 ans sans viande

Je me rends compte que dans quelques jours, cela fera 15 ans que je n’ai pas mangé un morceau de viande, pas un seul petit bout de lardon, pas la moindre petite cuisse de poulet ou tranchette de saucisson.

Ça s’est littéralement fait du jour au lendemain. Un matin, je me suis levée et je me suis dit, c’est fini, je ne mange plus de viande, ni de poisson (j’ai repris le poisson depuis, occasionnellement). Petite je n’ai jamais été fan de viande et je me rappelle les longues heures passées devant mon assiette de viande rouge froide que je refusais de manger. Ça mettait mon père dans tous ses états. Je pense qu’il avait peur que je sois carencée, que je ne grandisse pas correctement si je ne mangeais pas assez de viande. Paradoxalement, je me régalais des lamelles de viande séchée (le fameux biltong!) que mes grand-parents, qui avaient passé plus de 35 ans en Rhodésie (l’actuel Zimbabwe), rapportaient de leurs longs séjour là-bas. Je pense que j’étais attirée par le goût salé qui servait à conserver la viande. Ma grand-mère a bien essayé par la suite d’en confectionner elle-même, mais le climat océanique où elle vivait en France a rendu impossible cette entreprise. Du biltong, ou son équivalent himalayen, j’en ai par la suite remangé lors de mes séjours au Népal. Cette fois il était agrémenté d’épices et de piments et je pense qu’il devait bien dépanner les trekkeurs de haute montagne.

Cette décision n’a pas du tout été mentalisée. A l’époque le mauvais traitement réservé aux animaux n’était pas si médiatisé et je ne peux pas dire que j’ai arrêté de consommer de la viande pour des raisons éthiques (même si aujourd’hui, je dois bien avouer que je suis contente de ne pas y contribuer trop – je ne suis pas végane). Non, pour moi ce fut comme une évidence. Il y a sans doute eu en moi un changement vibratoire vers cette période (ça s’est également traduit dans les vêtements et les pierres qui m’ont accompagnée) : ça faisait quelques années que je faisais du yoga, j’avais déjà fait de longs séjours en Inde, je m’étais initiée à la cuisine végétarienne, notamment au centre Sivananda de Paris où je vivais alors et j’avais rencontré Amma depuis quelque temps.

En gros, j’avais entamé un chemin spirituel sans m’en rendre compte et mon corps parlait pour moi. Pourtant il m’arrivait encore de boulotter des paquets entiers de viande des grisons en souvenir du délicieux biltong de mon enfance. Tout ça s’est terminé net. Par la suite, je n’ai jamais eu envie de viande, je n’ai jamais ressenti aucun manque et je peux même dire que, phénomène étrange, depuis cette date, ça m’arrive régulièrement d’avoir des rêves dans lesquels on m’offre à manger quelque chose que je ne reconnais pas et lorsque je comprends que c’est de la viande, je vomis. Ça doit bien m’arriver une ou deux fois par an ce genre de rêve. Amis de la symbolique des rêves, qu’est-ce que cela signifie ??

Alors évidemment, le passage au végétarisme, s’il a été facile pour moi, a été assez compliqué à faire comprendre. Mon père en a quasiment fait une dépression. Il me voyait déjà dépérir en quelques mois. Le choix s’est (beaucoup !) réduit dans les restaurants, alors que je mangeais dehors quasiment tous les midis. Il a fallu subir les remarques plus ou moins sympathiques de serveurs, notamment dans certains coins de France où la viande sous toutes ses formes est très présente dans la gastronomie. C’était avant la vague végé-végane ! Mes amis se sont gentiment adaptés, et je n’ai jamais fait autant de restos indiens qu’à cette époque.

Aujourd’hui, je me reverrais pas du tout en manger. C’est comme si la viande n’existait plus. Ce n’est plus pour moi une option alimentaire et ce, même si mon mari continue à en manger gaiement (leçon de tolérance quotidienne) !