Notre Dame

Comme beaucoup j’ai été scotchée par les images en direct de l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Ayant vécu plus de 10 ans à Paris intra-muros, je lui ai rendu visite plusieurs fois et pour moi la cathédrale était/est vraiment le centre de Paris, son cœur battant.

Un édifice religieux de 800 ans détruit en quelques heures (on a su après que la structure avait quand même résisté, sûrement grâce aux choix judicieux effectués par les pompiers)… Pour moi une illustration de l’impermanence. On croit que les choses vont durer, on pense que certaines choses ne changent pas, mais tout peut être réduit en poussière en quelques instants. Tout bouge constamment, tout change, même si ces changements ne sont pas perceptibles. A mon sens, c’est une donnée qu’on ne prend pas assez en considération dans le monde actuel. On s’attache à des broutilles, on se met la rate au court-bouillon pour des bêtises et on ne voit pas que nous ne sommes tous que de passage, que la vie est courte et qu’elle passe vite.

Que cet accident soit arrivé à quelques jours de Pâques m’interroge. Issue d’une famille polonaise très catholique, j’ai été élevée principalement dans cette foi : baptême, communion, confirmation, années de catéchisme, retraites… Même si je respecte le Christ qui est pour moi un avatar, au sens où on l’entend en Inde, c’est-à-dire une incarnation divine apparue pour rétablir le dharma, je ne me suis jamais sentie proche de l’institution catholique et j’ai assez rapidement pris des chemins de traverse.

A l’heure actuelle, l’église catholique en tant qu’institution est en plein tourment, avec toutes ces affaires de pédophilie qui commencent à être connues, avec les procès qui ont lieu, les révélations, les reportages et documentaires qui sortent sur tous les abus de pouvoir et autres. Il semblerait qu’une grande purification s’impose. Le message du Christ a été dévoyé. A mes yeux, l’énergie féminine de Notre-Dame, de Marie, nous dit quelque chose en ce sens : nous devons à présent nous élever au-dessus des religions organisées pour aller vers une spiritualité détachée des dogmes, qui dépasse les clivages érigés par les institutions religieuses. La hiérarchie rigide de l’église catholique telle qu’elle apparaît aujourd’hui est à mes yeux totalement dépassée.

Pour moi, nous sommes entrés dans une nouvelle ère qui nous enjoint à revenir vers l’essentiel, à nous détacher du faste, de l’apparat, des apparences, des luttes de pouvoir et de l’appât du gain, pour revenir vers le centre, vers la source. Cette image, qui tourne sur les réseaux, de la croix dorée et lumineuse qui subsiste au milieu des décombres est pour moi éminemment symbolique : c’est le message essentiel du Christ, débarrassé de toute élaboration : ne pas oublier la dimension verticale de la vie, notre dimension spirituelle qui est si souvent moquée, mise de côté par nos modes de vie modernes basés sur la technologie et la compétition.

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Se blesser en yoga?(2)

A la suite de mon premier article sur ce thème et alors que je me remets doucement d’un mal de dos contracté à la suite d’un mouvement mal exécuté (en Pilates cette fois), je voudrais livrer quelques réflexions ici sur les cours collectifs de yoga.

J’ai découvert le yoga à 20 ans lors d’un cours de yoga postural de base au Pays de Galle où je vivais alors. Il était dirigé par une femme qui me semblait bien âgée à l’époque (je dirais aujourd’hui qu’elle avait sans doute la petite soixantaine) et j’ai le souvenir d’une grande harmonie, malgré le nombre important d’élèves.

Quelque temps après je me suis installée à Paris et j’ai commencé à fréquenter le centre Sivananda. J’aimais bien l’ambiance du centre alors situé à Strasbourg-Saint-Denis, j’allais au satsang du dimanche après-midi, à des cours de cuisine végétarienne et bien sûr aux cours de yoga. Nous étions installé dans de petites pièces et je me rappelle que les tapis étaient quasiment au touche à touche. Le déroulé était toujours le même, suivant les 12 postures de base de la méthode Sivananda dont Shirsasana, la posture sur la tête. Le problème c’est que les profs changeaient tout le temps. On pouvait avoir repéré un prof dont le style nous convenait bien et ne jamais le ou la revoir ensuite. Donc nous étions en présence d’un collectif constamment mouvant d’élèves et de profs. Et a posteriori, je m’interroge : n’y a-t-il pas une forme d’inconscience à enseigner ce type de posture à des personnes qu’on ne connaît pas du tout, dont on ne sait pas si elles pratiquent depuis 2 mois ou 3 ans, si elles ont des problèmes de cervicales ou de glaucome, etc.

De mon côté je me rappelle très bien m’être relevée d’un Shirsasana avec de petits vaisseaux éclatés un peu partout sur le visage et notamment autour des yeux. Le cours suivant j’en ai parlé au prof du jour, qui m’a juste dit que j’avais dû faire quelque chose qu’il ne fallait pas et puis c’est tout. Je sais qu’aujourd’hui certains studio de yoga, notamment aux États-Unis, ont décidé de ne plus enseigner de postures telles que celle-ci dans des cours collectifs où il n’y a pas de suivi des élèves (les « drop-in classes »). C’est peut-être juste une question d’éviter les dépôts de plaintes, mais ça me semble quand même vraiment sage.

Le yoga conserve l’image d’une activité douce et sans danger, malgré tout il faut bien admettre que le yoga, comme toute pratique physique, peut entraîner des douleurs voire des blessures et même dans certains cas extrêmes des fractures. Les profs prennent-ils toujours le temps de mettre en garde les élèves, de demander s’il y a un historique de blessures ou de fractures, connaissent-ils assez bien l’anatomie ?

De mon côté j’attribue ma faiblesse aux cervicales à ces Shirsasana et autres Sarvangasana (la posture de la chandelle) peut-être mal enseignés, en tout cas mal pratiqués. Depuis quelques années, sur les conseils de mon ostéo, je ne fais plus ces postures dans ma pratique personnelle de, pourtant j’aimais beaucoup Halasana (la charrue).

L’année dernière, je me suis rendue en compagnie d’une amie à un festival de yoga dans ma ville. Nous avions décidé de participer au cours de Kundalini yoga. Résultat pour mon amie de 60 ans, 2 séances chez l’ostéo pour se remettre de ce cours, pendant lequel le prof ne doutait de rien. Il nous faisait tenir des poses pendant de longues minutes, nous faisait répéter certains mouvement des dizaines de fois, sans jamais dire qu’il fallait nous écouter et arrêter si ça devenait trop. En gros, il ne faisait cours qu’au moins de 25 ans avec 10 ans de pratique du yoga (j’exagère à peine) alors qu’il était dans le cadre d’une journée découverte. A mes yeux, il a ternit l’imagine de sa discipline.

Dans ma compréhension, le yoga ne nous invite pas à la compétition et au « toujours plus » ; il nous aide à nous connecter à notre corps et à nos sensations, à libérer progressivement les mémoires enfouies dans nos tissus (les fameux « fascias »), à rester dans le moment présent. Ce sont déjà là de belles propositions et je trouve qu’il est dommage qu’on le réduise à de la gymnastique parfois acrobatique.

Coup de mou et exigence spirituelle

Hier soir j’ai encore une fois été victime des tours de passe-passe de mon mental et j’ai replongé dans une anxiété profonde. Ça ne m’étais pas arrivé depuis des mois et je me disais innocemment depuis quelques semaines que « j’avais franchi un cap », que je m’étais « enfin libérée de certaines problématiques »… Que nenni.

Nuit d’insomnie avec réveils multiples et variés dont un vers 3h en sursaut (heure bien connue des insomniaques) et un autre en sueur. Douleur au milieu de la poitrine qui ne s’est estompée que dans la matinée, dont je sens qu’elle pourrait resurgir à tout instant. Je garde la tête lourde et l’esprit un peu brouillé.

Contrairement à ce qui s’est passé lors d’autres épisodes du même type, je suis malgré tout parvenue cette fois à ne pas m’identifier complètement avec mon mental. Je savais qu’il me jouait des tours, qu’il était parti en toupie tout seul à partir d’une courte petite phrase lue dans un message envoyé par un proche.

Ce qui se passait dans mon esprit était en contradiction totale avec ma situation réelle : en bonne santé et au chaud sous la couette à côté de mon mari, un frigo et un compte en banque garni, protégée par une maison dans un pays en paix.

C’est bien le principe de l’anxiété : c’est une déconnexion totale du réel. L’imagination n’est plus maîtrisée, on se fait des films. Je me répétais « reste dans le moment présent, reste dans le moment présent… tu es en sécurité, tout va bien, etc. » Malheureusement, ça ne m’a pas beaucoup aidée. Je n’avais aucun contrôle sur mes pensées, la douleur dans la poitrine commençait à m’angoisser elle aussi, tous les projets sympas des prochaines semaines semblaient lourds de mauvais présages et au lieu de ressentir de l’enthousiasme en y pensant, je ne pouvais m’empêcher de vouloir tout annuler.

En plus de cette situation déjà pas terrible en soi, je voyais bien qu’une partie de moi même jugeait celle qui paniquait. « Ma pauvre, comment tu peux encore en être là ? » Après toutes ces années de recherche personnelle, de méditation, de séjours en ashrams et de retraites en silence, de yoga et d’ayurveda ? C’était vraiment comme dans les petites scénettes jouées par Isabelle Padovani (allez sur sa chaîne sur YT, c’est une personne géniale !) quand elle montre comment les différentes parties de nous-mêmes peuvent parfois se juger et se taper dessus au lieu de s’écouter. Je trouve cette idée d’écouter et de respecter ces différentes parties de nous-mêmes fondamentale.

J’ai remarqué chez moi et chez d’autres personnes qui sont « sur la voie spirituelle » qu’on a tendance parfois à se juger très durement en cas de « (re)chute » supposée, de coup de mou, de moments de dépression. On est pas à la hauteur de notre idéal spirituel (et fantasmé).

Comme hier soir, il m’arrive de presque plus souffrir du fait que j’en sois « encore là » que de l’anxiété elle-même. A une situation difficile, due à des failles intérieures (comme nous en avons tou.te.s) non encore complètement guéries, je surajoute mon implacable exigence de « disciple ». Une attitude qui me semblerait plus mature et plus juste serait celle qui consisterait à vraiment accueillir et écouter cette partie de moi qui a peur, qui s’engouffre dans le tunnel de l’angoisse, et d’essayer d’entendre ce qu’elle a à me dire, ce qu’elle peut me révéler de mes fonctionnements. C’est une attitude qui à mes yeux rejoint celle de l’écoute de l’enfant intérieur telle qu’exposée par Thích Nhất Hạnh avec sa douceur habituelle. Cette attitude présuppose l’acceptation de là où en en est, présuppose la compassion envers soi-même. C’est Arnaud Desjardins qui le dit souvent dans les Chemins de la sagesse que je suis en train de relire : accepter d’être là où nous sommes et commencer par là. Ce n’est qu’à cette condition que nous pouvons aller à la racine de notre fonctionnement et le voir vraiment. En le voyant vraiment pour ce qu’il est, s’en libérer. La prochaine fois peut-être 😉 ?

Autour du même thème:
– histoires de crises d’angoisse : ici et
– des remèdes, qui fonctionnent quand ils veulent bien ici
– et le stress ??

Quels accessoires pour une pratique du yoga à la maison ?

Ceux et celles qui sont déjà passé(e)s sur ce site savent peut-être que la pratique du yoga à la maison fait partie de mes habitudes depuis de nombreuses années. A part un cours ou un stage par-ci par-là, je pratique principalement chez moi, généralement deux fois par semaine. J’ai la chance d’avoir un espace dédié à la maison et mon tapis est toujours déroulé, ce qui est une bonne idée, si vous voulez mon avis, pour débuter et continuer sa pratique personnelle, comme je l’ai déjà évoqué ici.

Alors évidemment, à la base, nous n’avons besoin de rien pour pratiquer le yoga. Un tapis épais, une belle moquette en laine, voire en extérieur sur la pelouse ou sur une terrasse en bois à la belle saison, et il est possible de faire de nombreuses postures, notamment celles debout. Dès qu’on doit se mettre sur les genoux, s’allonger sur le dos ou sur le ventre, il devient cependant nécessaire d’avoir au moins un tapis dédier. C’est le premier accessoire à avoir.

Un tapis :

Le tapis, c’est généralement la base. Depuis quelques années, le marché s’est beaucoup développé (c’est le moins qu’on puisse dire!) et il en existe de toutes les couleurs, de toutes les tailles (même des ronds !) et de toutes les matières (de la fibre végétale au plastique). Pour ma part j’ai acheté un tapis en caoutchouc naturel de chez Jade Yoga quand j’étais aux États-Unis il y a 10 ans et je n’utilise que lui. Il n’a quasiment pas bougé depuis malgré une pratique assidue. Je m’en suis fait rapporter un second il y a quelques années et je pratique avec les deux tapis empilés l’un sur l’autre. Ça me permet d’éviter d’avoir à placer des couvertures sous les genoux pour certaines postures. Le seul souci de ce tapis est qu’il est lourd, mais ça ne m’empêche pas de l’emporter avec moi quand je prends la voiture ou le train.

Celui-ci est non seulement écologique, mais il est également vraiment anti-dérapant et pour moi qui ai tendance à facilement transpirer des extrémités l’été, c’est fondamental. Dans mon cas, ceux en plastique ne font pas l’affaire.

Briques mousse ou bois :

On connaît souvent bien ces briques bleues en mousse rigide. Celles-ci peuvent servir de support dans certaines postures : dans les fentes avant (Anjaneyasana) avec mains sur les briques, dans la demi-lune (Ardha Chandrasana)… On peut également les placer entre les cuisses pour plus de stabilité dans certaines postures (celle du chameau par exemple, Ustrasana)

J’en ai également une en bois, rapportée de ma période Iyengar en Inde. Contrairement à celles en mousse, elle est vraiment stable et tout à fait indiquée pour le pont soutenu (Setu Bandha) par exemple. On peut lui faire confiance et vraiment s’installer dans la posture sans avoir peur de dégringoler et de se faire mal.

De manière générale, ces briques peuvent également servir pour certaines postures de yoga « restauratif ». On peut par exemple les placer sous les jambes en Badakonasana avec le buste allongé, les placer sous le dos entre les omoplates et la tête, sous les genoux avec une couverture dessus, etc.

Sangle de yoga :

Ces sangles qu’on trouve souvent dans les studios peuvent nous aider à faire certaines poses qui nous seraient inaccessibles sans elles : par exemple la tête de vache (Gomukhasana) si on a les épaules raides ou qu’on se remet d’un problème et qu’on ne veut pas forcer (ce qui est toujours une bonne idée d’apprendre à s’écouter), la posture de Shiva dansant (Natarajasana)…

Ces belles petites sangles peuvent également nous être utiles si on pratique le yoga Iyengar : on les met autour des poignets ou des mains pour passer les bras au-dessus de la tête en Uttanasana (pince debout), autour des cuisses dans la posture du bâton (Dandasana). C’est comme ça que j’ai appris à les utiliser initialement, mais je dois dire que je ne les utilise plus guère de cette façon aujourd’hui.

Bolster :

C’est comme un gros coussin cylindrique. Parfait pour certaines postures de récupération, pour faire des ajustements, à placer sous le buste ou sous les genoux dans la posture du cadavre (Shavasana). Rien que sa forme nous invite au lâcher-prise et à la détente profonde. Pour les jours où on est fatigué et qu’on a besoin d’un peu de réconfort !

Châle/plaid/couverture :

Évidemment, pour Shavasana ! Même si on a eu chaud pendant la séance, le corps se refroidit très vite et il est vraiment difficile de se relaxer profondément si l’on a froid. A toujours avoir à porter de main avant de s’allonger pour la relaxation finale. C’est important de bien garder le corps au chaud pendant ces quelques minutes délicieuses.

Je pense enfin à d’autres « accessoires » qui peuvent parfois être utiles, comme par exemple un masque pour les yeux à placer également pour la relaxation finale, ou une couverture « non souple» (c’est-à-dire qui ne s’affaisse pas quand on la met sous le corps, un peu comme une couverture de déménagement) pour certaines postures telles que la chandelle (Sarvangasana) ou la charrue (Halasana). Même si je ne pratique plus ces postures depuis quelques mois (je reviendrai sur la raison dans un prochain article), en yoga Iyengar, il est recommandé de placer sous le haut du dos une couverture pliée de façon à ce que les cervicales ne soient pas comprimées. Certains utilisent ces couvertures également entre deux chaises de yoga pour faire une variation de la posture sur la tête (Shirshasana) sans toucher le sol, avec l’idée une fois encore de préserver les cervicales. Je l’ai essayé plusieurs fois lors de stages, mais je ne peux pas dire que je le fais à la maison…

Voilà pour ma part ; je serais curieuse de savoir ce que vous utilisez chez vous, si vous utilisez des accessoires !